Paris, Rivière, 191 1, p
adoptée par las socialistes allemands à leur Congrès de Dresde et reprise par le Congres international d' Ajuster dam )) et il montrait à ses électeurs que ^ le projet d^ unité sacrifiait aux formules purement marxistes et révolutionnaires toute la tradition... du socialisme français y tout son programme réformiste de l'heure présente ». Enfin, dans une lettre au secrétaire du groupe socialiste parlementaire, Clovis Hugues, effrayé de la propagande antipatriotique de certains agitateurs, disait toute son horreur pour (( la thèse antirévolutionnaire de la grève des réservistes devant un assaut de l'étranger contre la France de 1789 et de 1870 ».
Mais, par suite de la désertion de Jaurès, ces protestations devaient rester impuissantes à empêcher l'unité de se faire sur les bases imposées par la Sozialdemokratie allemande. Le Congrès de Rouen ratifia la la déclaration de la commission d'unification, déclaration dont le Congrès d'unification qui se tint à Paris à la salle du Globe (23-25 avril) tira le règlement qui est encore aujourd'hui la charte du Parti socialiste unifié. Celui-ci adoptait pour principe essentiel la doctrine de la lutte des classes, doctrine importée d' Allemagne , doctrine profondément étrangère à l'esprit, non seulement des grands socialistes français de la première moitié du dix-neuvième siècle, mais aussi des révolutionnaires blanquistes'. De cette doctrine de guerre civile on tirait comme conséquence l'obligation du refus systématique des crédits nécessaires pour la Défense nationale et de l'ensemble du budget, emblème et instrument de la solidarité nationale.
Enfin par une innovation significative « soulignant
I. Les blanquistes, notamment Eudes et Chauvière, contestaient l'existence de la lutte de classes. « Nous n'avons pu nous résoudre à admettre la lutte de classes », écrivait Emmanuel Chauvière {le Comité révolutionnaire central, dans la Revue socialiste, iéyii^x 1887).
sa volonté de se mettre, d'une façon vraiment trop absolue sous la dépendance du socialisme international ^ », le Parti socialiste ajoutait à son titre ce sous-titre : section française de l' Internationale ouvrière (P. S.-S.F.I.O.) : par là il se définissait, non point comme un tout qui se suf ât et qui a sa loi en lui-même, mais comme une simple partie ou « section » d'un tout plus vaste et plus élevé en dignité.
A partir du Congrès d'Amsterdam, et jusqu'à la guerre, le socialisme français n'est plus qu'un appendice de la Sozialdemokratie, une barque naviguant dans le sillage du dreadnought allemand. La Sozialdemokratie exerce sur le parti socialiste uniûé un véritable protectorat, elle fait prévaloir ses doctrines, détermine en France une propagande intense pour l'idée chimérique d'une « entente loyale et durable avec l'Allemagne )>, la a populeuse et savante Allemagne » que chanie Jaurès; elle encourage de toutes ses forces la diffusion en France des illusions pacifistes qui endorment les vigilances nécessaires. Dans le Vorwàrts du 2 août 1914, alors que les armées allemandes avaient violé déjà la neutralité du Luxembourg, <( un article nécrologique encadrant un portrait de Jaurès le considère avant tout comme le grand propagandiste du rapprochement franco-allemand- ».
Et, suivant la formule de M. Bourdeau ^, en même temps que les idées V Allemagne distribue des subsides. Dans un numéro de la Neue Zeit paru pendant la guerre, le i*"" octobre 191 5^, un des chefs de la Sozialdemokratie insiste sur ce fait que dans l'Internationale la Sozialdemokratie a été très souvent et pour
i.J.-L. Breton, l'Unité socialiste, p. 66.
2. La Chesnais, le Groupe socialiste du Rcichstag et la Déclaration de guerre, p. 3i.