Cf. Puech, p. II I sqq\ Guillaume, op. cit., p. 20 sqq
3. Reproduit presque /m extenso f^-àxYr'\\iO\ixg,op. cit., p. 51-S7.
fameuses réunions de la rue des Gravilliers en pleine capitale parisienne ; les délégués de Lyon et de Rouen, retrouvant leurs propres vues magistralement exprimées dans le Mémoire parisien, s'y rallièrent entièrement, de sorte que les délégués français à Genève représentèrent un corps d'opinions unique et bien déterminé, qui rallia d'ailleurs le Congres.
On a beaucoup dit que la prédominance du socialisme français au Congrès de Genève était due à la supériorité numérique des délégués français, alors qu'elle fut simplement le résultat de leur incontestable supériorité intellectuelle. Marx s'est plaint, dans une lettre à son ami Kugelmann* que nous citerons tout à l'heure que les délégués parisiens fussent « accourus au Congrès en un nombre nullement proportionné » à l'importance réelle de leurs groupements. Mais, comme le remarque justement James Guillaume-, « Marx semble trouver que, pour représenter le prolétariat parisien, c'était trop de onze délégués; mais il ne se plaint pas que quinze petites sections et dix sociétés <{ adhérentes », en Suisse, aient envoyé trente-trois délégués (qui votèrent pour la plupart dans le sens du Conseil général ». D'ailleurs il suffit d'un pointage très simple pour s'assurer que les délégués français n'étaient même pas en majorité à Genève : car, même si l'on compte parmi eux Dupont, membre du Conseil général de Londres, entièrement dominé par Marx, et Dupleix qui représentait une section suisse, ils n'étaient encore que dix-neuf, contre quarante et un étrangers Anglais, Allemands et Suisses.
Parmi les questions agitées au Congrès de Genève, il en est une oii les ouvriers français ne purent faire
1. Marx à Kugelmann, 9 octobre 1S66, cité par James Guillaume, V Internationale. Documents et souvenirs, Paris, Stock, t. \", p. 26;trad. Uoiiv. Soc, octobre 1902, p. 1746.