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Millier', affirme avec un incomparable éclat notre internationalisme. Ainsi nous affirmons que le prolétariat saura, envers et contre tous, empêcher un effroyable égorgement entre les prolétaires de France et d'Allemagne. »
Pour fêter le succès aux élections de cent dix socialistes du Kaiser, la Commission administrative permanente du Parti Socialiste et le Club de lecture socialiste allemand de Pans organisèrent le 3o mars 1912 une grande u conférence-concert » à la salle Wagram (( avec le concours assuré de Mlle Kolber, émmente cantatrice allemande ». M. Dubreuilh déclara, au milieu de l'enthousiasme indescriptible des ouvriers français dupés, que » la victoire de la Sozialdemokratie signifiait la volonté universelle de paix, la certitude de là maintenir ti ! Le plus pangermaniste des socialistes allemands, l'ancien vice-président du Reischstag, Scheidemann vint tout exprès de Berlin débiter aux socialistes français une série de mensonges et de promesses hypocrites : « Nous avons 2 5ooooo syndiqués, iio députés, 9000 conseillers municipaux. // n'est pas possible à un gouvernement qui sent derrière lui de semblables forces de se lancer dans une aventure guerrière. Lorsqu'on est forcé détenir compte de plusieurs millions de socialdémocrates, il n est plus possible de tenter une aventure guerrière. Il s'agit de fortifier dans les deux pays la conviction la plus profonde qu'entre eux une guerre ne pourra jamais plus éclater et n éclatera jamais. » Ceux qui croyaient c une guerre possible entre l'Allemagne et la France » devaient (( mourir dans un asile d^ aliénés {sic). » Onfutsi ravi de cesbelles paroles du <( vaillant ouvrier typographe » qu'on lui fit visiter le musée du Louvre « en l'attrayante compagnie de Jaurès », et il voulut bien, en partant, assurer
I. Délégué de la Sozialdemokratie que l'on revit à Paris dans des circonstances tragiques le i" août 1914.
les camarades français qu'il était touché de leur accueil (( et qu'il remporteraitde Paris, qu'il visitait pour la première fois, le souvenir le plus agréable • ». Et l'on imagine qu'il devait rire, dans le rapide qui le ramenait à Berlin, du rire inextinguible des dieux d'Homère !
Certains restaient malgré tout sceptiques sur la sincérité de l'internationalisme allemand. Mais M. Jean Longuet ne voulait voir dans ces doutes attentatoires à l'honneur socialdémocrate que des « calembredaines des domestiques de plume de la bourgeoisie'^ ». M. Sembat conseillait, pour détromper les pauvres esprits qui prenaient les socialistes allemands pour des pangermanistes, de « recommencer souvent des manifestations internationales » comme celle de la salle Wagram^. Et M. Bracke affirmait que les électeurs qui avaient porté leurs suffrages aux candidats de la démocratie socialiste savaient qu'ils votaient « pour les ennemis de V Empire, pour ceux qui représenteraient l'opposition à toutes menées belliqueuses^. » La France pouvait dormir tranquille : Scheidemann et Siidekum veillaient sur elle !
<( La victoire des socialistes allemands, disait en même temps M. Gustave Hervé 5, vient consolider la paix de l'Europe et autoriser les plus magnifiques espoirs des pacifistes et des internationaux du monde entier. » Un grand dessin allégorique de là Guerre sociale ^ représentait les socialdémocrates d'Autriche et d'Allemagne avec les autres partis socialistes arrêtant « la Mort et la Guerre » . Les sympathies allemandes de M. Hervé étaient, sans doute en considération de
I. L H umanité ,1 •a.vxW I9i2;cf. i8, 29, 3 1 mars, 2, 3, avril 1912. ■z.Ibid., 17 février 1912.