Revue socialiste^ i5 décembre 1912, p. 5io
-proqiie et simultané y nous préviendrons jusqu'aux risques de guerre et assurerons la paix. »
A la Chambre des députés, M. Brizon, député socialiste uniûé, déclarait « impossible une guerre avec l'Allemagne * », et le groupe dont il faisait partie opposait, à toutes les inquiétudes causées par les armements allemands, les assurances pacifistes de la Sozialdemokratie; à la séance du 18 juin 191 2, le dialogue suivant , bien caractéristique , s'engageait entre M. Driantet plusieurs députés socialistes unifiés^ :
« M. Driant. — Devant le geste significatif de la loi allemande, le recours aux rêveries du pacifisme et de l'humanitarisme devient puéril. Ce sont des chansons de torpeur, des berceuses qui ne sont plus de saison. (Interruptions à l'extrême gauche.)
(( M. Raffin-Dugens. — Allons donc!
« M. Paul Aubriot. — Nous n'y renonçons pas.
« M. Raffin-Dugens. — Nous n'y renonçons pas, et nos frères, les socialistes alletnands non plus. (Rires ironiques au centre et à droite.)
« M. Driant. — Ils marcheraient tout de même contre vous.
« M. COMPÈRE-MOREL. — Ils ne 7nar cher aient pas.
(( M. DucAROUGE. — Yous savez bien qu'ils ne marcheraient pas. Vous avez lu dans les journaux leurs déclarations. ))
Comment les dirigeants socialistes français, après avoir publiquement prononcé de telles paroles, peuvent ils nier aujourd'hui qu'ils aient été trompés cruellement parla Sozialdemokratie?
De même la grande voix de Jaurès s'élevait pour affirmer l'internationalisme profond de la Sozialdemokratie allemande. Il écrivait ô^-àxi^V Armée nouvelle"^:
1. Séance du i3 février 1912, Débats -parlementaires, p. 335.