‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 115 sur 208 · Cf. Rappoport, Jean Jaurès, p · texte numérisé non relu

Cf. Rappoport, Jean Jaurès, p

(( On n'ose plus nous dire, à nous socialistes français, qwe nous sommes ou les complices de l'étranger, ou au moins les dupes lamentables de ces socialistes du dehors qui, dissimulant sous de faux semblants internationalistes leur dessein de -primauté nationale et leur orgueil chauvin, sauront bien exploiter au profit de leur patrie casquée l'anarchie révolutionnaire de France. Non, on n'ose plus reproduire ces inepties calomnieuses. » C'était pourtant là, quoi qu'en dît Jaurès, la pure et simple vérité : l'événement ne l'a que trop montré.

En I9i3,la menace allemande se précise : <( Ce fut, dit M. Andler dans sa belle étude sur le Pangermanisme^, l'année des formidables armements. Le programme de surenchère militaire proposé par le général pangermaniste von Bernhardi fut adopté à la lettre. Un milliard et demi d'impôts de guerre furent votés par le Reichstag à la presque unanimité, et les socialistes eux-mêmes ,^di.xnnQ des pires aberrations dont un grand parti historique se soit jamais rendu coupable, ont voté ces impôts'^. L'atmosphère allemande se saturait d'une tension belliqueuse. »

Mais, s'il est vrai, comme le disait jadis Donoso Cortes, que la société soit c( divisée en deux armées, celle des endormis et celle des endormeurs », jamais le sommeil des premiers ne fut plus profond, jamais l'art subtil des seconds ne fut plus complètement mis en œuvre qu'à la veille de la guerre qui devait ensanglanter l'Europe.

Sur l'initiative de l'un de plus fervents nationalistes parmi les socialdémocrates allemands, Frank, député de Mannheim*, une conférence de ce rapprochement franco-allemand » se tint à Berne; et les vaines dé-

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