Mouvement socialiste, mars-avril 1913, p. 229 sqq
le plus grand succès, ce n'est pas seulement par politesse, c'est par intérêt y far intérêt même... Nous ne croyons pas qu'il y ait un peuple au monde qui ait vraiment l'intention, comme on le dit souvent pour nous en Allemagne, de tenter l'invasion de votre pays... Nous, socialistes allemands, nous voterons toujours contre tous les projets d'armement : les affirmations contraires sont des mensonges formidables, d
Ces impudentes affirmations étaient aussitôt reproduites et commentées par les chefs socialistesfrançais. L'un d'eux, M. Cachin, disait le 7 mars 191 3 à la tribune du Conseil municipal de Paris*: (( Les socialistes allemands ont clamé au gouvernement impérial : « Si (( vous déclarez la guerre à la France, si vous vous jetez « dans cette aventure, c'est le trône même que vous « jouerez. » Cest cette menace de la classe ouvrière allemande tendant à la France une main fraternelle qui seule a empêché les agressions du césarisme allemand contre la démocratie de France. L'Internationale est à nos yeux le grand fait historique des temps modernes : c'est elle qui assure la paix. »
VHumanité montrait ^ les troupiers français trinquant avec des soldats allemands coiffés du casque à pointe. Pressensé et Jaurès excusaient l'augmentation des armements allemands 3; en revanche ils ridiculisaient et condamnaient l'appréhension et la nervosité provoquées en France par ces mêmes armements. Pressensé déclarait au Congrès de Brest : u L'Allemagne, née de Sadowa et de Sedan, est le seul grand empire militaire qui soit resté quarante-deux ans sans tirer l'épée du fourreau : cela montre historiquement ce qu'il y a de factice dans les inquiétudes manifestées actuellement , » ce qui était donner une forme solen-