Ibid., 17 février, 6 mars
nèlle à un raisonnement digne de M. de la Palisse. Jaurès tonnait contre « l'abominable campagne d'affolement de la réaction nationaliste », contre 1' (( horrible boulangisme de provocation et d'impudence », •contre « les patriotes de tumulte et d'affaires* » qui ne voyaient pas dans la douteuse attitude de la Sozialdemokratie une raison de mépriser la menace allemande chaque jour précisée.
A la Chambre des députés, la même politique était celle du groupe socialiste unifié, et il faut y insister d'autant plus que, comme le disait le rapporteur du budget de la guerre", « le parti socialiste exerçait sur la Chambre une influence considérable, non seulelement par le talent de ses membres, mais par le rayonnement de ses idées ».
Le 7 février 191 3, comme le rapporteur général du budget montrait la nécessité, en présence du péril allemand et des accroissements d'armements dont l'Empire voisin avait pris l'initiative, de porter au maximum la puissance militaire de la France, M. Betoulle l'interrompait par ces mots : <( Ne dramatisez pas », et M. Dejeante par la remarque qu' « il ne fallait pas r exagérer » [la puissance militaire de la France] ! ! Et l'un des membres du même parti déclarait : (( Quant à nous, nous voulons continuer le sérieux effort que nous avons fait dans cette assemblée contre les dépenses militaires et maritimes )> '^.
Le 12 mars 1914, comme M. André Lefèvre décrivait l'énorme effort accompli par l'Allemagne pour créer des chemins de fer stratégiques, et montrait comment elle avait tracé à travers la région nue et déserte de l'Eifel des voies ferrées sans intérêt commercial, de véritables routes d'invasion, M. Colly,