‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 126 sur 208 · I. Chefnnitser Volksstimme, 3 juillet içiî · texte numérisé non relu

I. Chefnnitser Volksstimme, 3 juillet içiî

de V Alsace-Lorraine^ un grand obstacle à l'entente des partis socialistes de France et d'Allemagne disparaîtrait, car le Parti allemand, on le sait, a fait de V exclusion de toute cession de territoire à la France la condition sine qua non de son adhésion à la paix. »

Le docteur David écrit dans V Internationale Korres- ■pondenz : « Aussi longtemps que les Français persisteront à demander le retour de l'Alsace-Lorraine à la France comme condition de paix, ils devront renoncer à notre bienveillance » {sic^. Le Yonvàrts du 26 novembre 191 5 veut bien dire qu'il « comprend la situation particulière des socialistes français en face de l'Alsace- Lorraine », mais il n'en est pas moins catégorique : « 'Nous déplorons et condamnons , dit-il, le fait que les socialistes français font de la réacquisition (Riickerwerb) de l'Alsace-Lorraine, l'une des conditions de paix. » Le 3o novembre 191 5, la Chemnitzer Volksstimme, dans un article dont l'auteur paraît être le député Noske, fait appel à une défection des socialistes français : <(Le jour oii le Parti socialiste français déclarerait renoncer effectivement aux annexions et abandonner aussi l'idée de vouloir reconquérir l'Alsace- Lorraine par les armes, ce jour-là la paix serait proche. » Ala Chambrebavaroise,dèslapremièreséance tenue par cette assemblée depuis la guerre, le député socialdémocrate Millier s'écrie : « Nous devons nous opposer à toute annexion de l'ennemi et ceci concerne aussi ses plans de reprise de V Alsace-Lorraine, sous quelque forme que ce soit. » Au Reichstag, le jeudi 9 décembre 191 5, les deux orateurs qui, au nom du parti socialdémocrate, prennent la parole sur la question des conditions de la paix, se prononcent dans le même sens, aux applaudissements frénétiques de l'assistance : « Nous ne voulons naturellement rien savoir de la cession de l'Alsace-Lorraine », dit Philippe Scheidemann; et le docteur Landsberg déclare

que « la politique allemande doit veiller à la destruction de certaines espérances relatives à la possibilité de reconquérir l'Alsace-Lorraine ^. »

Commentant cette séance, le Yorwàrts se pose cette question : « Les socialistes français veulent-ils continuer la guerre jusqu'à ce que non seulement l'Allemagne ait rendu l'Alsace-Lorraine sans consultation de sa population, mais ait encore réuni au royaume de Pologne reconstitué les parties de l'Empire oii l'on parle polonais et que l'on ait pu assurer le droit des Tchèques, Serbo-Croates, Slovènes, Roumains, à disposer d'eux-mêmes? » Le Yonvàrts préconise une solution bien plus élégante : « Kamarades français, renoncez à r Alsace-Lorraine . Kamarades français, renouons V Internationale ».

Le socialisme français est ainsi mis nettement en demeure d'opter entre l'amitié du parti de Sùdekum et l'Alsace-Lorraine !

Cette attitude de la Sozialdemokratie est d'autant plus importante à noter qu'elle inflige le plus cruel démenti aux espérances de ceux des socialistes français qui avaient la naïveté d'attendre des socialistes pangermanistes allemands la libération de l'Alsace- Lorraine et à qui ces espérances étaient arrivées à faire abandonner la politique traditionnelle du socialisme français. Ceux qui, dans les dernières années qui ont précédé la guerre, ont connu la position prise par le Parti socialiste unifié, lorsque celui-ci condamnait comme une (( folie chauvine » toute revendication des provinces perdues et se refusait à considérer l'Alsace-Lorraine autrement que comme une partie de l'Allemagne, ceux-làseront peut-être étonnés d'appren-

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