Ibid., p
mettait point alors de conversation, d'entente, de rapprochement avec l'Allemagne tant qu'il n'aurait pas été fait droit à la revendication irrédentiste : « Nous n'avons pas, disz.it-\\ fermement, à accepter des pourparlers avec les spoliateurs de la patrie. Le dialogue 7ie pourra recommencer que... quand les deux nations ne seront plus séparées que par le pont de Kehl^. »
Est-il besoin de faire remarquer que cette noble formule de Jean Jaurès est la condamnation la plus décisive de la politique que certains proposaient et prétendaient imposer à la France à la veille même de la guerre? <( L'entente franco-allemande », le (( rapprochement franco-allemand » que le Parti socialiste uni&é avait inscrit sur ses programmes, était à coup sûr une formidable chimère, car ce que l'Allemagne désirait, personne ne le conteste plus aujourd'hui, c'était l'hégémonie mondiale et l'asservissement de l'Europe; et l'exemple de l'Autriche comme de la Turquie prouve que <( l'entente avec l'Allemagne » consiste d'abord à être absorbés par elle, puis à aller pour son compte faire la guerre aux autres pays. Mais, déplus, le <( rapprochement franco-allemand », c'était, |(
pour reprendre les termes mêmes de Jaurès, l'aban- ^
don de la cause du droit universel, et c'était la con- ;:
versation, jadis maudite par lui, avec « les spoliateurs de la patrie ». Jaurès n'admettait point, en 1887, de \
dialogue entre la France et l'Allemagne tant que les \
deux nations seraient séparées par autre chose que ^
par le pont de Kehl, c'est-à-dire tant que Strasbourg ^
serait allemand et tant que la France n'aurait pas ^
retrouvé sa frontière du Rhin. Comment dès lors a-t-on pu stigmatiser comme un (( bas chauvinisme », comme un « horrible boulangisme de provocation et d'impudence » l'attitude de ceux jqui, comme le Jau-