La Guerre sociale, 20-26 mars 191a
2. Jaurès, dans la Petite Ré-publique, 7 février iSgS, reproduit dans V Action socialiste, p. 393.
intégrale ' », que l'on annonçait (( cette grande chose : l'intégrité de la patrie française dans la démocratie européenne* » et que l'on donnait sérieusement de la question alsacienne cette formule étrange : « Avonsnous foi dans l'avenir de la démocratie allemande 3? » Cette foi n'était guère justifiée, l'événement l'a démontré. Et, en tout cas, pour abandonner la revendication de l'Alsace-Lorraine, il eût fallu du moins être sûr des sentiments de la Sozialdemokratie ; il eût fallu être certain qu'elle avait la volonté d'affranchir l'Alsace-Lorraine. Cette certitude, le Parti socialiste français ne l'avait pas, et le Congrès de Brest, en igiS, montra que le Parti abandonnait sans condz/ions préalables le vieux programme irrédentiste des Malon et des Tridon. M. Gustave Hervé avait posé, au Congrès de Brest, la question d'une manière qui sans doute n'était point satisfaisante pleinement pour la France et pour l'Alsace-Lorraine, puisque la France ne pouvait avoir aucune raison de droit de renoncer aux provinces qu'on lui avait prises par la force, et puisque les Alsaciens-Lorrains aspiraient, non point à former un «( Etat-tampon » entre la France et l'Allemagne, mais à rentrer dans le sein de la mère-patrie. Mais, discutable en elle-même, la manière dont M. Hervé posait la question était néanmoins utile pour éprouver les sentiments des Allemands en général et des Socialdémocrates en particulier : il demandait aux députés socialistes français de déposer une proposition de rapprochement franco-allemand sur les bases suivantes : la France renonce à la revanche, et l'Allemagne donne à l'Alsace-Lorraine l'autonomie républicaine. Si, disait M. Hervé, l'Allemagne refuse un tel arran-