‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 140 sur 208 · LAlleynagne en 1848, trad. Rémy, p. iSS-ijg · texte numérisé non relu

LAlleynagne en 1848, trad. Rémy, p. iSS-ijg

2. Lettre au Réveil de Paris, Œuvres publiées par J. Guillaume, t. V, p. 247.

3. Bakounine, Lettres à un Français sur la crise actuelle, 7 sept. 1870, Œuvres, t. II, p. 109.

On a rarement porté sur la psychologie des Allemands un diagnostic plus lumineux que le grand révolutionnaire russe ne l'a fait dans VEmpire Knoutogernianique oii il écrit i : « Les Allemands ont tant et si bien rêvé au milieu de leur historique esclavage, qu'ils ont fini par identifier très naïvement leur nationalité avec l'humanité, de sorte que, dans leur opinion, détester la domination allemande, mépriser leur civilisation d'esclaves volontaires, signifie être l'ennemi du progrès humain. Panslavistes sont à leurs yeux tous les Slaves qui repoussent avec colère et dégoût cette civilisation qu'ils leur veulent imposer. Si tel est le sens qu'ils donnent à ce mot « panslavisme », oh alors ! je suis panslaviste, et du plein de mon cœur. Car vraiment, il est fort peu de choses que je déteste €t que je méprise aussi profondément que cette domination infâme et que cette civilisation... des Allemands. »

Les combats qui se livrent depuis de longs mois sur le front oriental prolongent tragiquement le duel entre Bakounine et Marx dans l'Internationale : (c Je voulais, dit le premier, l'émancipation de la race slave du joug des Allemands ; comme Allemand, Marx n'admet pas le droit des Slaves à s'émanciper du joug des Allemands, pensant... que les Allemands sont appelés à les civiliser, c'est-à-dire à les germaniser de gré ou de force. » Mais V Internationale était une duperie, qui assemblait en une unité mensongère les apôtres delà libération des peuples opprimés avec les avocats et les profiteurs de l'esclavage de ces peuples. Ainsi que le disait, en 1862, le grand écrivain nihiliste russe Herzen^ : (( Bakounine a dû payer horriblement cher sa noble

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