Deuxième livraison, Œuvres, t. III, p. 17-18, note
2. Dans le journal russe Kolokol, n°^ iig-120, i5 janvier 1862. Cf. Dragomanoff, Âî. Bakottnine et son action politique en Europe, Revue socialiste, 1895, p. 678.
erreur, son rêve irréalisable de marcher en avant avec les démocrates allemands. Chez la plupart des Allemands, la haine de race... n'est que trop développée... L'Allemand veut que le Russe et le Slave méprisent leurs frères et opposent à la (( sauvagerie de leur race la civilisation allemande ».
On ne s'étonnera point maintenant de l'attitude constamment hostile de la Sozialdemokratie envers les revendications les plus légitimes des nations slaves. En 1848, Marx disait qu'il fallait attacher indissolublement les Polonais à l'Allemagne, afin de résoudre définitivement la question polonaise par la germanisation de ce peuple arriéré. L'avortement du mouvement tchèque et du Congrès slave de Prague le remplit de joie et il félicite de tout cœur les uhlans, les grenadiers, les canonniers et les cuirassiers de Windischgraetz d'avoir dispersé à tous les vents les espérances slaves 1. En i852, Marx réclame contre toute future révolte slave une répression impitoyable : « S'ils essaient encore une fois... le devoir de l'Allemagne est clair. Aucun pays... ne peut tolérer une Vendée dans son sein -. »
En 1877, pendant la guerre d'Orient, Marx, Engels et toute la Sozialdemokratie déployèrent l'activité la plus fiévreuse en faveur de la Turquie contre la libération des Slaves. Par son <( factotum )> Barry, Marx parvint, dans le plus grand secret, à mobiliser une partie de la presse anglaise, écossaise et irlandaise au profit du Sultan et de « ses braves Turcs^ )>. Mme Marx
1. Cf. Lagardelle, les 0-ppositions nationales de Marx et de B akounine , Mouvement socialiste, 1913, p. 289.