L'emprise germanique sur les socialdémocrates russes a
L'hostilité contre les Slaves devait se traduire au sein de V Internationale ouvrière, souverainement manœuvrée par la Sozialdemokratie, en vexations et en injustices envers les socialistes slaves. De même que l'Internationale avait reçu pour tâche dans la Westmark de germaniser les Alsaciens-Lorrains, de même elle avait pour mission dans l Ostmàrk de germaniser les Polonais et les Tchèques. Dans l'un et l'autre cas, elle devait s'efforcer d'empêcher les socialistes, dans les pays conquis par les Germains, de se constituer en partis autonomes. La question se posa à la fois pour la Sozialdemokratie allemande et autrichienne.
En 1901, au Congrès de Lùbeck, l'action fut engagée par le Parti ouvrier allemand contre les socialistes polonais. Ceux-ci prétendirent très justement, en 1902, que c'était à eux seuls qu'il appartenait de désigner les candidats socialistes aux élections législatives dans les circonscriptions de la Posnanie et de la Silésie. Le problème fut posé, en 1902, au Congrès de Munich et naturellement résolu contre eux. Ils furent traités avec la dernière violence dans un discours de la citoyenne Rosa Luxemburg : celle-ci déposa une résolution (ordre du jour 91) aux termes de laquelle (( le Congrès, considérant que les intérêts économiques et politiques du prolétariat polonais et allemand dans l'Empire sont identiques » (!), déclarait que <( la séparation d'un groupement polonais, le Parti socialiste polonais, du parti total, est une attitude absolument injustifiée et provoquée par des tendances séparatistes qui n'ont
été telle qu'en 1877 ils blâmèrent les Serbes et les Bulgares de s'être révoltés contre la Turquie et leur conseillèrent d'attendre plutôt leur libération de la révolution sociale en Allemagne et en Autriche ! {Sic.) (Voir le Vpered de Lavroff.) De même, en iSgS, ils réimprimèrent dausle Socialdémocrate un article pangermaniste d'Engels contre la politique russe.
ancun rapport avec les devoirs de la Sozialdemokratie. Le Congrès condamne énergiquement les candidatures provoquées par le Parti socialiste polonais, &\. exige des camarades polonais qui se placent sur le terrain de la Sozialdemokratie qu'ils mettent &n aussitôt que possible à cette scission démoralisatrice. Les candidats du Parti socialiste polonais ne comptent pas coiume candidats du Parti. » Cette résolution fut adoptée par le Congrès de ]\Iunich avec quelques modifications de f orme i. Dans un article où Karl Kautsky commentait et interprétait les résultats de ce Congrès, le pontife de la Sozialdemokratie lançait à son tour l'anathème contre les socialistes polonais et exigeait qu'ils restassent dans les cadres des partis allemand et autrichien-.
La même question devait se poser avec une acuité particulière dans un empire aussi divisé que l'Autriche- Hongrie en populations de races et de langues diverses . La solution rationnelle à la fois et équitable eût consisté à laisser aux ouvriers toute latitude de former des organisations politiques et syndicales autonomes pour mener parmi leurs frères de race la lutte pour l'émancipation sociale. Mais aux yeux des socialdémocrates le socialisme avait surtout pour but de détacher les ouvriers de leurs partis nationaux et de les enrégimenter dans des organisations allemandes . Le socialisme autrichien s'est développé sous l'influence et pour ainsi dire comme une section du socialisme allemand^.
Au Congrès de Hainfeld, le 3o décembre 1889, il reçut des mains du docteur Adler son programme inspiré des idées marxistes, c'est-à-dire d'une doctrine spécifiquement allemande : et Viktor Adler devint à partir de ce jour le véritable dictateur du socialisme autri-