Ibid., 28 août igiS
la Turquie ». Comme ces deux Etats maintiennent sous leur joug beaucoup de peuples opprimés, la Sozialderaokratie repousse donc en pratique ce « droit des peuples » qu'elle afârme du bout des lèvres. Et, en déclarant intangible le traité de Francfort, elle indique nettement que la condamnation générale qu'elle porte contre les annexions ne s'applique pas aux annexions faites par V Allemagne , mais seulement à celles qui seraient faites à ses dépens.
Il ne faut, d'ailleurs, point chercher dans ces résolutions diverses de principes nouveaux : elles se bornent à développer et mettre au jour les principes et les tendances pangermanistes qui inspirèrent à la Sozialdemokratie le vote du 4 août 1914. Il faut donner raison au journal socialdémocrate Chemnitzer Volksstimme\ lorsqu'il s'écrie : «Z^ vote du 4 aoïit appartient à V Histoire... Nous avons osé, sous la poussée des événements, paraître ce que nous sommes et ce que, à vrai dire, nous étions depuis longtemps; la Sozialdemokratie ne saurait se débarrasser après coup de sa responsabilité quant aux événements de l'Histoire pour lesquels les socialdémocrates sont responsables par leur attitude depuis le commencement de la guerre... Une session plénière du parti ne peut plus décider un retour en arrière. Il ne le fera pas ; il ne peut pas le faire. » En une minute historique, la Sozialdemokratie allemande a montré au monde ce qu'elle était en réalité : le monde n'oubliera pas.
Nous avons laissé les socialistes des pays alliés et des pays neutres au moment oii trois membres du Parti socialiste unifié entrèrent dans le ministère français. Il nous faut rapidement résumer les principaux événements de la vie socialiste à partir du mois de septembre 1914 jusqu'au mois de janvier 1916.