‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 170 sur 208 · I. Voir surtout la Guerre sociale du i6 février igiS · texte numérisé non relu

I. Voir surtout la Guerre sociale du i6 février igiS

laume assisteraient. Il y a heureusement en France assez de socialistes pours'opposer à un tel spectacle. » Il n'est pas inutile de rappeler que J. Allemane fut après la Commune condamné à mort, puis envoyé au bagne à Toulon où il porta les fers pendant cinq mois, puis transféré à l'île Nou en Océanie, et là condamné pour une tentative d'évasion à cinq ans de double-chaîne, supplice qu'il subit pendant trois ans et demi : il a combattu pour le socialisme à une époque où celui-ci n'était pas encore devenu pour certains une fructueuse carrière. La condamnation formelle par lui prononcée contre la Conférence de Londres n'en a que plus de poids.

Le !*'■ mai 191 5 fut en France l'occasion de diverses manifestations prolétariennes. L'une d'elles fut particulièrement noble et émouvante. Le syndicat des mineurs de Carmaux lançait l'appel suivant : <( Nous avons décidé de ne pas fêter cette année le i""" mai et de ne pas chômer à cette occasion. En prenant cette décision le syndicat des mineurs à voulu prouver qu'à l'heure actuelle, dans la grande crise que traverse la France, les ouvriers du sous-sol, unis dans un même sentiment de patriotisme, ne voulaient pas suspendre, même pour un jour, l'extraction du charbon si nécessaire à la défense nationale. Aussi fait-il un appel pressant à tous les camarades du bassin houiller de Carmaux pour que par un ne manque sur les chantiers. En faisant le sacri&ce de notre fête du travail, nous faisons en cela comme nos frères du front qui, eux aussi, ne' chômeront pas et luttent sans relâche, jour et nuit, pour la défense de la patrie et la libération du territoire. » En revanche, la Commission administrative permanente du Parti socialiste invitait les adhérents du Parti à manifester le i" mai ; elle évoquait nettement la lutte des classes, <( l'accord avec les proléta-

riats de l'extérieur » et la perspective de la reconstitution de l'Internationale ouvrière. L'Union des Syndicats de la Seine tint une réunion où le tradeunioniste anglais Ben Tillett vint proclamer la nécessité, pour les travailleurs des pays démocratiques, de vaincre les auteurs de la guerre. Jouhaux reprit une fois de plus la théorie d'après laquelle la guerre aurait été imposée au monde (( par une caste de conquérants et de hobereaux » ; il af ûrma « ne nourrir aucun sentiment de haine contre les travailleurs allemands et autrichiens », réclama (( l'institution de l'arbitrage obligatoire et la fin de tous les militarismes », ainsi que (( la reprise de l'action internationale des travailleurs », conçue par lui comme u la meilleure garantie de paix^ ».

Des conceptions analogues se retrouvent dans les motions adoptées par le Conseil national du Parti socialiste unifié le i5 juillet et par la Confédération générale du travail le i5 août 191 5.

Le premier semble avoir été rendu nécessaire par l'attitude de certaines fédérations de province restées attachées à l'internationalisme antimilitariste qui était la doctrine du Parti avant la guerre. En mai 191 5, la puissante Fédération socialiste de la Haute-Vienne adoptait un projet de résolution auquel les journaux de la Sozialdemokratie allemande et suisse, notamment la Berner Tagwacht, donnèrent aussitôt la plus grande publicité. La Commission administrative de cette Fédération envoya directement à toutes les fédérations françaises un rapport où elle blâmait certains leaders socialistes français d'écrire des articles (( chauvins » et proposait au Parti de <( tendre une oreille attentive à toute proposition de paix d'où qu'elle vienne,

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