I. L'Humanité, 2 mai igiS
étant entendu que l'intégrité territoriale de la Belgique et de la France ne saurait être contestée dans les bases de discussions » : il n'était plus question, ni de la « réparation du droit pour l'Alsace-Lorraine », ni même de la c( destruction du militarisme allemand ». Les séances du Conseil national furent rigoureusement secrètes : l'accès de la salle du Conseil fut interdit même à ceux des membres du Parti qui n'avaient point demandât régulier : des discussions passionnées s'élevèrent entre les représentants des fédérations. De nombreuses motions furent présentées, défendues ou critiquées par vingt-sept orateurs .Le sentiment général était pourtant que le devoir contre l'impérialisme s'identifiait avec le devoir socialiste. Et la résolution votée le fut à l'unanimité ^ Le Conseil national affirmait « sa confiance inébranlable dans la cause des Alliés et de la France républicaine » ; il rappelait, en termes très nets, que le gouvernement français avait tout fait pour empêcher la guerre; que les Socialdémocrates d'Allemagne et d'Autriche eux-mêmes avaient dû reconnaître la responsabilité des gouvernements allemand et autrichien, que les Alliés ne faisaient que se défendre contre une agression préméditée de l'impéralisme allemand qui, pour atteindre son but, n'a pas reculé devant la violation delà neutralité de la Belgique garantie par les traités. Le parti socialiste se déclarait en conséquence (( prêt à continuer son concours sans réserve, sans défaillance ni lassitude à l'œuvre de défense nationale. » (Malheureusement on devait s'apercevoir peu après que l'unanimité obtenue le i5 juillet était toute apparente ; caries menées pour la paix immédiate continuèrent dans certaines fédérations et l'on put s'apercevoir, au Congrès national, en décembre 191 5, de l'importance de ce mouvement.)