Cf. Daudé-Bancel. op. cit., p. li
le Bureau » : toutefois certaines fédérations françaises étaient déjà à ce moment favorables à ce projet.
Devant le refus de la C. A. P., le Comité exécutif du Bureau socialiste international abandonna l'idée de réunir à La Haye les délégués des sections belligérantes et neutres et se borna à leur demander des rapports sur les opinions et tendances des sections.
La proposition du Bureau socialiste provoqua d'intéressantes polémiques chez les socialistes anglais et belges ^ Hyndman montra que de semblables réunions ne pouvaient aboutir, la défection de la Sozialdemokratie allemande ayant brisé l'union internationale : il est puéril de vouloir rejeter sur le capitalisme et la société bourgeoise le crime d'un peuple; les Conférences de Copenhague et de Londres n'ont servi qu'à accroître la désunion; il sera déjà très malaisé, une fois la paix conclue, d'organiser des assemblées internationales qui ne finissent pas en rupture bruyante; quant à l'idée d'un Congrès à la veille de la paix, idée à laquelle la C. G. T. française a donné son adhésion, l'opposition inévitable entre les socialistes alliés et les Allemands sur la question des conditions de la paix la frappe d'avance d'impossibilité.
A la même occasion, un député socialiste belge, Royer, expliquait dans le Clarion ^ que Vandervelde n'était pour rien dans les divers projets de conciliabules internationaux; qu'il s'agissait évidemment là de manœuvres de a progermains » destinées à diviser les peuples alliés, à ralentir la production des armes et des munitions. Royer s'étonnait que le Labour Party anglais eût pu tomber dans le piège et désigner un délégué (Henderson) pour le conciliabule mort-né de
1. Cf. J. Bourdeau, Revue du Mouvement socialiste du 28 avril au 28 août 191 5, iti Revue -politique et -parlementaire, 10 septembre igiS, p. 436 sqq.