Ibid., p
La Haye. La seconde Internationale est morte, ajoutait Royer, et la troisième ne pourra prendre son essor qu'affranchie de ces gueux d'Allemands (german rags).
Vers la même époque se produisirent certaines tentatives syndicalistes de rapprochement international. Appleton, secrétaire général de la Centrale syndicale anglaise, et Jouhaux, secrétaire de la C. G. T. française, écrivirent à Gompers, président de la Fédération américaine du travail, pour qu'il obtînt le transfert de l'Internationale syndicale de Berlin en Suisse * ; ils exposaient que les dirigeants du syndicalisme anglais s'étaient récemment rencontrés à Londres avec les délégués de la C. G. T. (Jouhaux, Luquet, Moulinier, Guinchard, Merrheim et Bourderon) : « Une discussion approfondie et sérieuse se produisit. Aucune animosité personnelle ne s'y manifesta contre le peuple allemand, mais tous les camarades présents furent d'accord pour penser que des animosités de race se sont produites et pourraient influer sur l'attitude et l'action du mouvement syndical international. Il apparut à tous que des années s'écouleraient sans doute avant que des Anglais, des Belges et des Français pussent se rendre à Berlin avec la liberté d'allure et la confiance qui existaient avant que la guerre éclatât. » Aussi proposait-on, pour « éviter au mouvement international la désunion et les désastres », de transporter (( tout au moins temporairemettt » le secrétariat international dans un pays neutre, en Suisse. On était d'ailleurs pour les Allemands plein d'attentions délicates : (( Quoique les Français eussent préféré Genève, ils abandonnèrent cette cité, quand on leur fit observer les objections que l'Allemagne pourrait opposer au choix d'un centre purement latin et on se mit d'accord