‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 183 sur 208 · Internatio7tal Socialist Review, octobre 1914, p · texte numérisé non relu

Internatio7tal Socialist Review, octobre 1914, p

radoxal que V Humanité et le parti socialiste unifié de France soutiennent Vlnde-pendent Labour Par ty germanophile,« c'est-à-dire leurs ennemis contre leurs amis»; il (( n'arrive pas à comprendre cette politique de niaiserie, qui cause beaucoup de mal ».

Au Congrès de Norwich, au mois d'avril i9i5,Keir- Hardie a proclamé son amour pour les <( camarades allemands »; Jowett a tonné contre l'impérialisme et le militarisme... anglais; Bruce Glasier préconisé une action socialiste internationale en faveur de la paix imniédiatey Clifford Allen sommé le gouvernement de s'orienter dès maintenant vers la paix, et Macdonald déclaré que les socialistes anglais pouvaient envisager les choses avec calme et de loin, étant « à l'écart du conflit » : le comte Zeppelin s'est chargé de répondre au citoyen Macdonald. Le Congrès décida que les socialistes devaient se refuser à une guerre déclarée 7néme en vue de repousser une invasion du territoire par V ennemi; et, par 243 voix contre 9, il blâma (( la part prise par le Labour Party dans la campagne en faveur du recrutement. » Et on se sépara au chant de V Internationale .

Il est d'ailleurs juste de dire que l'I. L. P. n'est ni le seul ni le plus important des groupements socialistes anglais. La Fédération des « trade-unions », le Labour party y le Parti socialiste britannique encouragent au contraire de toutes leurs forces les engagements volontaires, et adjurent la classe ouvrière de lutter jusqu'au bout contre l'Allemagne criminelle, pour la Belgique et pour le droit.

En Angleterre comme ailleurs, la séparation se fait toujours plus nette entre les socialistes qui mettent l'Allemagne au-dessus de tout, et les socialistes qui mettent le droit, la foi due aux traités, l'équilibre de l'Europe et les intérêts de la civilisation au-dessus de l'Allemagne.

Sous couleur de paci&sme intransigeant, les premiers font tous leurs efforts pour servir le pangermanisme. Leur organe, le Labour Leader, leur chef, Ramsay Macdonald, font ouvertement campagne pour la (( paix raisonnable » qui laissera à l'Allemagne toute sa puissance néfaste. Ils sont en étroits rapports avec cette Union of démocratie Control fondée en Grande-Bretagne depuis la guerre, et dont l'un des chefs, le théoricien pacifiste Norman Angell, a soutenu la nécessité de neutraliser les mers au moment même oij l'ambassadeur d'Allemagne à Washington, le comte Bernstorff agissait dans le même sens auprès du président Wilson, et, dans une brochure abondamment répandue dans les milieux politiques français, fait delà propagande pour une paix <( blanche ». Ce sont ces socialistes germanophiles qui ont a plusieurs reprises tenté de porter leur campagne sur le continent en organisant, comme l'annonçait l'un d'eux, Bruce Glasier, au Congrès de Norwich, une <( conférence de délégués socialistes des pays neutres et des autres pays ». La Conférence de Zimmerwald, dont nous avons parlé plus haut ^ a été la réalisation partielle de ce projet.

Mais les socialistes germanophiles ne constituent malgré tout — en Angleterre et dans les colonies anglaises* — qu'une minorité. Si l'on range parmi les

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