‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 188 sur 208 · I. Cf. E. Laskine, les Socialistes du Kaiser, p · texte numérisé non relu

I. Cf. E. Laskine, les Socialistes du Kaiser, p

politiciens de s'aliéner un grand nombre d'électeurs est la meilleure alliée de l'Allemagne. Cela vaut mieux que des arguments. Il serait plus noble de recourir à d'autres moyens, mais nous nous servons, nous, des moyens appropriés à la mentalité américaine que nous trouvons sous notre main {sic) ! »

En Hollande l'opinion socialiste est divisée. Troelstra, leader du parti ouvrier, qui dans tous les congrès internationaux s'était montré l'auxiliaire zélé des marxistes et qui, en menaçant périodiquement ses troupes de donner sa démission de chef du parti*, est arrivé à exercer sur elles une autorité autocratique, a reçu les instructions du socialdéraocrate allemand Molkenbuhr et pieusement recueilli les confidences du Wirklicher Geheimrat Zimmermann. Van Kol, au contraire, n'a pas caché ses sympathies pour les alliés et Vliegen, président du Comité directeur du Parti socialiste néerlandais, a, dansunémouvant billet, souhaité à Georges WeiU de siéger bientôt à Paris comme député de Metz redevenu français. Le journal socialiste Het VoLk a protesté contre les violations du droit des gens par l'Allemagne, du moins contre celles qui ont nui le plus directement à la Hollande, comme la destruction du Katwijk par un sous-marin allemand. Il semble que le grave péril dont l'empire germanique menace l'indépendance des Pays-Bas ait enfin ouvert les yeux à beaucoup de socialistes néerlandais. C'est là chez eux une attitude nouvelle, car ils avaient ces derniers mois créé de graves difficultés au ministère Cort van der Linden : celui-ci demandait des crédits ou ordonnait des rappels de classes dont le but apparaît clairement si l'on songe qu'aujourd'hui les frontières du royaume sont, au sud comme à l'est, pressées

I. Troelstra, Insaken Partijleiding. Rotterdam, Wakker, [906, p. 103-104.

par les armées allemandes. Le groupe socialiste aux États généraux feignait de ne point comprendre la raison de ces mesures et.les ministres refusant de l'indiquer, car l'Allemagne aurait pris prétexte de leurs déclarations pour de nouvelles menaces ou une agression, les socialistes criaient que les droits de la représentation nationale étaient violés ! Pourtant le devoir d'un gouvernement est souvent de ne pas tout dire, et le devoir des bons citoyens de comprendre à demi-mot.

Au Danemark, les attaches du journal du Parti socialiste Socialdemokraten avec la légation allemande à Copenhague sont de notoriété publique. Une conférence de Bjoern Bjoernson, journaliste norvégien qui, dès le début de la guerre, s'est mis au service de l'Allemagne, ayant été sifflée par un auditoire danois, le Socialdemokraten s'écriait avec indignation : <( Il est tout à fait regrettable de prendre une attitude aussi impardonnable vis-à-vis de l'Allemagne. . . Tous les honnêtes gens doivent blâmer avec indignation des manifestations qui tendent à conduire notre pays à la ruine » : ce témoignage de la germanophilie des socialistes danois est enregistré avec satisfaction par la Sozialdemokratie allemande^.

En Suède, les Allemands ont fait un gros effort de propagande : von Vollmar, Fischer, Sùdekum se sont adressés à la presse et au public socialistes. Non sans succès, puisqu'un certain nombre de socialdémocrates suédois se sont enrôlés dans le parti germanophile des (( activistes » qui essaient de lancer la Suède dans une guerre contre la Russie. Un politicien socialiste qui jouit d'une grande autorité, Steffen, professeur à l'Université de Gothembourg et sénateur, marié à une Allemande, poussé aussi par un autre socialiste suédois naturalisé Allemand et rédacteur au YorwàrtSy

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