Ibid., p. 3ii
3. Cf. Marx à Sorge^ Londres, 5 novembre 1880, Briefe an Sorge , p. 169.
4. Marx à F. Boite, Londres, 23 novembre 187 1 ; ibid., p. 40.
5. Becker à Jung, Genève, i" décembre 1871, cit. Jœckh, Die Internationale, p. 233.
et 1914 offre à cet égard le même spectacle que 1871. Il faut dire seulement qu'en 1871 la voix de révolutionnaires des pays neutres s'était fait entendre en faveur de la France avec une hardiesse dont I9i4est malheureusement loin de nous avoir donné l'exemple. Bakounine et ses amis avaient pris le parti de la France avec toute la généreuse ardeur dont ils avaient déjà donné tant de preuves : et ce devait être d'ailleurs une nouvelle et décisive raison d'antagonisme avec le Prussien Karl Marx.
Dès le 4 septembre 1870, sous l'inspiration de Bakounine, les socialistes du Jura bernois publiaient en supplément dans leur journal, /(2 Solidarité, nn éloquent appel à tous les membres de l'Internationale, particulièrement aux Suisses : ils les adjuraient de préparer une intervention armée collective en faveur de la République française a qui représentait la liberté en Europe » et dont la cause était celle de tous les peuples libres « contre l'ennemi commun de tous les socialistes européens, l'Allemagne », personnification du « despotisme et de la réaction » : cette manifestation francophile amena la suspension de la Solidarité par le Conseil d'État.
Pour Bakounine, la cause de la liberté et de l'humanité était inséparable de celle de la France. Comme l'a écrit un des membres de la première Internationale, Albert Richard^ « ce Russe, cet anarchiste, connaissait bien l'histoire de l'esprit français, le génie de la Révolution française. Il aimait la France, et, bien plus, il épousait les haines de la France et souffrait de son abaissement ». Tandis que Marx détournait les ouvriers français de se lever contre les Prussiens, Bakounine écrivait à ses amis socialistes de Lyon^ : « Le mouve-
1. A.Richa.vd, Bakounine et l'Internationale à Lyon, in J^evue de Paris, septembre 1896, p. 148.