‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 67 sur 208 · Ibid., p. IV · texte numérisé non relu

Ibid., p. IV

Le socialdémocrate allemand Michels a, dans VArchiv fur Socialwissenschaft de 1907, longuement insisté sur cette suprématie itationale de la sozialdemokratie dans V Internationale *.

L'historien allemand du socialisme Georg Adler-, après avoir rappelé que le premier mouvement socialiste moderne était sorti de la « boîte de Pandore de la Révolution française », marque en ces termes la conquête du socialisme far le germanisme : « Si, dans la première moitié du dix-neuvième siècle, c'est la France qui donnait l'impulsion au mouvement socialiste du monde entier, elle a dil dans la seconde moitié de ce siècle abandonner le rôle dirigeant à V Allemagne. Le programme de la sozialdemokratie allemande servit de modèle pour tous les autres pays. » Le même historien explique que si, décrivant le mouvement socialiste international dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle et les premières années du vingtième, il commeace par Y Allemagne, c'est que ce pays a été « le centre déterminant {bestimmendesZentrum)pour le mouvement socialiste du monde entier ».

Le député socialdémocrate au Reichstag Lensch insiste d'abord sur le caractère -profondément et essentiellement germanique de la sozialdemokratie pour faire de son hégémonie dans l'Internationale la preuve irréfutable de la supériorité de l'esprit allemand et il n'hésite pas en conséquence à affirmer que les ouvriers de tous les pays doivent souhaiter l'écrasement de leurs patries respectives et le triomphe de l'Allemagne impériale dans la guerre actuelle ! Il ne paraît ni se rendre compte du farouche orgueil ethnique qui inspire ses propres paroles, ni se souvenir de la double trahison

1, Cf. R. Michels, Ziir Soziologie des Parteiwesens i» ier modernen Dernokratie, p. 167.

2, Art. Sozialdemokratie du H andwôrterbuch der Staatsvis- .senschaften, lena, 1911, vol. VII, p. S/i, 58o, 588.

perpétrée en 1870 et en 1914 par Marx et par la sozial,demokratie marxiste contre les principes du socialisme et la solidarité si souvent affirmée des prolétaires de tous les pays. « Reconnaître les mérites de l'étranger, affirme cet écrivain, c'est une des qualités les plus allemandes , et en rien peut-être la sozialdemokratie allemande ne se montre aussi nationale qu'en cela. C'est là une des forces du caractère national allemand y auquel la science allemande^ l'industrie allemande et l'éducation allemande doivent en grande partie leurs succès. Ainsi l'idée internationale a, dans la théorie comme dans la pratique, poussé ses racines les plus profondes dans le prolétariat allemand'^. » Et il continue en ces termes ' : « L'Allemagne est la patrie et la capitale du socialisme i'aV;?//^^^^^ : c'est ici qu'il a la presse la plus répandue, les organisations les plus fortes; il règne ici sur un prolétariat qui n'est dépassé au point de vue des connaissances théoriques, de la formation pratique, de l'éducation et de l'intelligence, par aucune classe ouvrière du monde... La littérature socialiste de tous les pays porte ineffaçablement la marque allemande de la théorie marxiste. Une défaite de ce pays, avec ses conséquences inévitables (le démembrement et l'étranglement économique), serait la plus terrible catastrophe qui pût atteindre le socialisme international tout entier {sic). Le grand mouvement du prolétariat pour la liberté perdrait sa troupe d'élite et la lutte des ouvriers de tous les pays pour l'émancipation serait par là même paralysée. V intérêt du prolétariat international est du côté allemand. . . La victoire de V Allemagne dans cette guerre 7nondiale signifierait la victoire du 7narxisme dans V Internationale tout entière. Alors seulement le cœur et l'esprit du prolétariat anglais subiraient la formation spirituelle de la pensée socialiste... et il y aurait de

1. Die deutsche Sozialdemokratie und der Weltkrieg^ p. 8, 16.

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