Ibid., p
nouveau un socialisme en Angleterre ! ... « Le parti socialdémocrate allemand a conquis une position qui n'est égalée par aucun autre parti socialiste du monde. V Allemagne socialiste tient dans le mouvement ouvrier international la première place ^ la place d'honneur'^. »
Sans doute ce sont là paroles de mégalomane ; mais, si le ton se ressent de cette folie des grandeurs qui est l'un des traits caractéristiques de la psychologie germanique, le fait que Lensch affirme à la un n'est pourtant que trop certain. Les socialistes français notamment ne savaient point avant la guerre trouver d'expressions d'admiration assez humbles pour en faire hommage à la Sozialdemokratie allemande. (( Nos amis allemands, disait M. Sembat au meeting francoallemand du manège Saint-Paul en juillet 191 1, sont plus forts que nous. Nous avons raillé leur hantise d'organisation; mais aujourd'hui nous devons reconnaître que nous sommes surtout des révolutionnaires verbaux. Eux sont des révolutionnaires d'organisation'. » L'événement a montré ce qu'il en était.
Après les élections au Reichstag,en 1912, le principal organe du socialisme français saluait « l'Allemagne avant-garde du socialisme international'^ ». Les socialistes français devaient prendre <( modèle » sur la Sozialdemokratie^. M. Gustave Hervé, qui signait alors « Un sans-patrie » ses articles de la Guerre sociale^ disait gravement, avec une nuance de contrition : <( Je commence à me demander si nous ne sommes pas au point de vue révolutionnaire des petits garçons à côté des « votards » socialistes d'Allemagne^. » L'enthousiasme de M. Gustave Hervé qui lui faisait crier dans la salle