Op. cit., p. II
2. Kritische Geschichte ier N ationalokonomie , ^^ éd., p. 498- 499 et 595.
3. Marx à Schweitzer, Londres, i3 octobre 1868, lettre publiée par E. Bernstein, Neiie Zeit, i5* année, 1897, p. 9.
4. Gewerkschaftsdemokratie, dans les Sosialistische Monaishefte, 1909, p. 83.
diagnostic. Robert Michels*, après avoir montré les analogies frappantes qui existent entre l'autoritarisme d'un Bebel ou d'un Liebknecht et celui d'un Guillaume II ou d'un Bismarck, fait cet aveu dépouillé d'artifice : (( Les Allemands, sans en excepter nullement le prolétariat allemand, ont un besoin particulièrement puissant de direction », et il montre en eux « la prédisposition psychologique à la subordination, de grandes aptitudes à la discipline, une croyance aveugle à l'autorité, en un mot tout l'héritage du caporalisme prussien». Un autre historien du socialisme, Gustave Mayer, écrit de même^ que c( si l'on a reproché au peuple allemand, en général, une croyance exagérée à l'autorité, celle-ci se retrouve à un fort degré dans le mouvement ouvrier, même après que celui-ci eut revêtu V habit international ».
Le socialiste portugais Magalhaes Lima décrivait jadis cette discipline toute militaire qui, dans les Congrès socialdémocrates, faisait tous les délégués approuver ou désapprouver sur un simple signe de main du député Singer, et il concluait qu'en Allemagne V esprit militariste n'était pas moins représenté dans le prétendu parti révolutionnaire que dans les hautes sphères de la société^.
Et c'est précisément par là que s'expliquent ces grands succès de la Sozialdemokratie qui lui ont permis d'asservir à leur tour les socialistes étrangers. C'est ce dont, un Allemand encore, Karl Diehl, a convenu en ces termes lumineux *. « Si c'est précisé-
1. Michels, Zur Sosiologie des Parteiwesens, p. 54-55 et 214, et les textes cités par lui.
2. Mayer, Die Losung der deutschen Frage 1866 unà die Arbeiterbewegiing, in Festgabeti fur Wilhelm Lexis, lena, Fischer, p. 227.