I. Ernest Denis, la Fondation de l'Etnpire allemand, p. Il
monde contemporain. Cette substitution de maîtres 0i-elle profité à la civilisation générale ? Il est permis d'en doutera »
Un socialiste qui encore aujourd'hui ne cache point son admiration pour la science et la philosophie germaniques, M. Victor Basch, résume pourtant en ces termes éloquents les prétentions de la science allemande : (( Des savants ont fini par dire : Acceptes mes doctrines, parce que nous sommes les plus forts''' »
Un autre socialiste français, également indemne de toute passion nationaliste, écrivait avant la guerre' : <( L' hégémonie intellectuelle du socialisme allemand devait être plus profonde encore que ne le prévoyait Bakounine. C est le prestige des vainqueurs d'imposer moralement par la conquête leurs méthodes et leurs procédés. Le triomphe de l'Allemagne sur la France a saisi de crainte admirative l'Europe qui, pour un temps, s'est faite allemande. Le socialisme n'a pas échappé à la suggestion. Il est resté subjugué par la Sozialdemokratie... Les adversaires du socialisme allemand y ont vu ce qu'avait prédit Bakounine : un socialisme à casque à pointe, dogmatique, doctrinaire et pédant... Quelle qu'ait été la valeur de ses théoriciens, quels que soient les services qu'il ait rendus, il faut reconnaître que la rigidité du marxisme allemand l'a fait souvent accuser d'avoir enchaîné la pensée socialiste dans des formules étroites et arrêté son élan pour de longues années. »
Enfin un habitué des Congrès socialistes internationaux, M. Gustave Hervé, a décrit la situation subalterne, honteuse, faite dans la seconde Internationale