Andler, préface au livre de Puech, p. xvi-xvill
pensée juridique et politique de Proudhon avait quelquefois pu se substituer, dans les discussions doctrinales des vingt dernières années, à de fumeuses spéculations de sociologie, et si sa pensée économique capitale, l'importance prépondérante du phénomène de la circulation des marchandises, avait pu être moins oubliée... : une idée spécifiquement française, l'idée du mutuellisme économique et politique, a sombré dans un naufrage injuste... C'est cette défaite théorique qui est cause de V effacement où est resté vingt ans le socialisme français. »
Il nous faut maintenant reprendre,, au point où nous l'avons laissé, le récit des destins de l'Internationale. Les statuts prévoyaientla réunion d'un Congrèsen i865, mais il fut bientôt reconnu d'un commun accord que le temps manquait pour le préparer, et il se tint simplement à Londres, du 25 au 29 septembre, une sorte de Conférence qui fut en même temps comme une fête commémorative de la fondation de l'Internationale et oii la réunion du premier Congrès fut fixée au printemps de 1866 à Genève*. A cette conférence assistaient quatre Français, Tolain, Fribourg, Limousin et Varlin, tous quatre proudhoniens. <( Le soir du dernier jour, raconte Fribourg -, un thé, suivi de discours, de chants républicains, et terminé par un bal, fournit aux Parisiens une occasion de connaître de plus près les membres du Conseil central. Pendant que Varîin et Limousin faisaient danser les jeunes filles de Karl Marx, celui-ci racontait à Tolain et à Fribourg comment il avait voué une haine profonde à P. J. Proudhon, » C'était là, en quelque manière, la déclaration de guerre officielle du socialiste prussien au socialisme
1. Cf. Fribourg, o-p. cit., p. 46; Puech, op. cit., p. 97; Guillaume, of. cit., p. 14, qui donne la liste des membres de la conférence.