‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 9 sur 208 · Of. cit., p · texte numérisé non relu

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français. Mais les hostilités avaient commencé dès 1846, quand Karl Marx avait écrit contre Proudhon son pamphlet Misère de la philosophie; et il avait manifesté toute sa haine pour le grand révolutionnaire français dans une lettre violente qu'il avait adressée au Sozialde- 7nokrat de Berlin le 24 janvier i865, cinq jours après la mort de Proudhon •. Conscients du conflit inévitable entre le mutuellisme français et le communisme prussien, les délégués français, une fois rentrés à Paris, préparèrent pour le Congrès de Genève un mémoire franchement inspiré des doctrines proudhoniennes.

Non seulement celles-ci furent prépondérantes à Genève, mais on peut dire qu'il ne leur fut opposé à ce premier Congrès aucune autre doctrine-. Les délégués français à Genève exposèrent un programme social très vaste et cohérent où l'influence de Proudhon était évidente et qui prévalut sans difficulté surpresque tous les points ; un professeur d'économie politique de Genève, Dameth, crut même pouvoir définir le Congrès « la queue de Proudhon^ ». Pourtant les ouvriers français n'étaient point à ce moment servilement proudhoniens comme on fut depuis servilement marxiste; ils tenaient àconserver à leur mouvement cette « parfaite spontanéité » que Proudhon s'était plu à constater dans son livre sur la Capacité politique'^; ils avaient appris de Proudhon lui-même, qui ne voulait point avoir de disciples, que les classes ouvrières (( ne doivent se donner à aucun maître », qu'elles doivent (( suivre

1. Cf. Puech, o-p. cit., p. io5 ; Proudhon était mort le 19 janvier ; la lettre de Marx (24 janvier), parue dans les numéros 16- 18 du Sozialiemokrat a été traduite dans la Revue socialiste, janvier 1887, et par Engels en appendice à la réédition de Misère de la Philosofhie, Paris, 1896.

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