‹ L'Internationale et le PangermanismeChapitre 84 sur 208 · I. Chambre des députés. Débats ■parlementaires , p · texte numérisé non relu

I. Chambre des députés. Débats ■parlementaires , p

Congrès national de Paris et en 1S78 les membres du Congrès national de Lyon. Le Moniteur des syndicats ouvriers de. Veyssier, et, en général, les mutuellistes et les coopérateurs répudient expressément l'emploi de la violence. « Nous ne sommes pas les révolutionnaires, disait le citoyen Bonne, nous sommes \ts pacificateurs. » Les onze premières corporations qui s'étaient organisées et avaient fondé le 28 mai 1872 le Cercle de Vunion syndicale ouvrière déclaraient chercher c( une entente commune réglant les intérêts divers », des employeurs et des employés; dans leur manifeste les vingt-huit délégations de groupes ouvriers qui formaient le Cercle, sans '< chercher à constituer les travailleurs en classe voulant s'approprier une direction exclusive », proclamaient que le but poursuivi par elles était « la fin de l'antagonisme existant entre le patronat et le salariat par la formation de commissions mi-partie ouvrières et mi-partie patronales chargées d'arranger à l'amiable tous les différends ». Ainsi se définissait la pensée prolétarienne française lorsque fut introduit dans ce pays le socialisme allemand^.

Les débuts de la propagande marxiste en France paraissent remonter à l'année 1877^ et à l'activité de cet émissaire de Marx nommé Dentraygues que Jules Guesde a flétri dans une lettre citée par nous dans notre précédent chapitre. Dentraygues fonda en 1877 à Toulouse une section de l'Internationale à laquelle s'affilièrent quelques jeunes étudiants groupés autour de M. Duportal, directeur du journal /'£;««««-

1. Cf. Jaeckh (marxiste), Die Internationale, p. iSg et 214; — Zévaès, le Socialisme en France depuis 1871, Paris, Fasquelle, 1908, p. 9-12 ;L. de Seilhac, ^^ Monde socialiste, Paris, Lecoffre, 1904, p. 52; — L, de Seilhac, les Congrès ouvriers en France de 1876a 1897, Paris, Colin 1899, p. 78.

2. Cf. Charles Mauger, les Débuts du socialisme marxiste en France, Paris, 1908 (à consulter avec précautions).

pation : parmi ces jeunes gens étaient Gabriel Deville et Darrieuxqui commencèrent la tâche de répandre les idées marxistes.

Jules Guesde allait bientôt se joindre à eux. Il s'était réfugié en 1871 en Suisse afin d'échapper à une condamnation à cinq ans de prison pour apologie de faits qualifiés crimes, et nous l'avons vu au -premier rang de ceux qui luttaient contre le Conseil général marxiste; il combattait à ce moment avec véhémence et condamnait en bloc toute la tactique de la Sozialdemokratie allemande, allant même, comme le rappelait le Bulletin Jurassien du 18 novembre 1876, jusqu'à railler âprement, dans V Ahnanach du Peuple de 1873, ceux qui considèrent le bulletin de vote comme un moyen d'émancipation pour le prolétariat.

Lorsqu'en 1876 Jules Guesde rentre en France, nous le retrouvons ardent partisan et propagateur du marxisme. On ignore les motifs de cette conversion, sur lesquels Guesde ne s'est point expliqué. Quant à Marx, il y a fait allusion dans une fort intéressante lettre adressée à Sorge en 1880* : « Je n'ai pas besoin, écrit Marx, de te dire — car tu connais le chauvinisme français — que les -ficelles secrètes au moyen desquelles les leaders, de Guesde et Malon jusqu'à Clemenceau 2, ont été mis en mouvement, doivent rester entre nous. Il n'en faut pas parler. »

Jules Guesdeest, à partir de 1876, un fervent marxiste et s'attache à propager la doctrine du (( maître » par la parole et par la plume. Comment la connut-il et par quelle influence fut-il amené à l'adopter ? Il est très probable que c est V Allemand Hirsch qui exerça à cet égard V action décisive : Hirsch est cet (( émissaire des

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