MANIFESTE DU CONSEIL GÉN1ÊRAL DE LONDRES
A tous les membres de l'Association Internationale des Travailleurs.
3> Il ne se passe pas de semaine en Angleterre sans grèves, et grè a Tes sur une grande échelle. Si à ces occasions le gouvernement
c< lançait sos Iroujiieis sur le prolétaire, ce pays des grèves se transformerait en pays (les massacre? ; mais après quelques expériences de celle sdrie. les pouvoirs établis anrnicnt disparu. « IJans les Elats-Unis aussi, les frrèves cnt continué à s'ajrrandir .1 pendaui ces derniers ans, et ont même souvent digéiiéré eu X di'uionslralions turbulentes. Mais pas une goutte de san({ n'a été u répandue.
« Dans quelques-uns des grands Etats militaires de l'Europe conu tineatale, l'ère des grèves date à peu près de la fin de la guerre ^ civile en Amérique. Ici encore elles se passent sans effusion do « sanj];.
« 11 n'y a qu'un seul pays dans le monde civilisé où l'on saisit « avidement et joyeusenielft le prétexte des grèves pour assassiner « les ouvriers. Ce' pays unique est la Belçiiqne, le pays modrle du « conslitntionalisme conlii. entai, le paradis au petit pied du seiu; gneur de la terre, du capitaliste et du prêtre La terre ne fait '• pas plus sûrement sa révolution annuelle que le gouvernement « belge son massacre annuel. Le massacre de celte année ne difu fère du massacre de l'an passé que par le nombre plus grand des .( victimes, la licence plus hideuse de la soldatesque, la jubilation « plus bruyante de la presse cléricale et capitaliste, et la frivolité « i)lus effrontée des prétextes mis en avant par les bouchers ofli- M ciels.
« Il est maintenant constaté, et cela par les indiscrétions mêmes « de la presse bourgeoise , que la grève parfaitement légitime des « ouvriers puddleurs et chauffeurs de la fabrique de fer de la Soa ciété Cockerill , à Seraing'fut convertie en émeute par la cavale- '< rie, l'infanterie et la gendarmerie, perfidement jetées sur ce point «. pour provoquer le peuple. Du 9 jus ju'au 1^ avril, ces guerriers « Vaillants, armés de pied en cap, assa-sinaient des ouvriers sans a armes, tuaient et blessaient les passants, envahissaient des maire sons privées, et se divertissaient même à faire des charges force- « nées sur les ^ oyageurs claquemurés dans la gare "tlu chemin de « fer.
« Ces jours de carnage passés, on s'est souvenu que des person- « nag.is haut placés en Belgique étaient actionnaires de la société « Cockerill, et que certaines autorités communales étaient en même i( temps agents de la même société. De ces faits, d'aucuns ont voulu « tirer la conclusion vVaiment étrange que le massacre de Seraing c aurait été une sorte de coup d"Et;;l {i..ancier, sagement concerté dans le simple but de porter la terreur au milieu des esclaves mécon- .( lente. Celte calomnie a été cependani victorieusement réfutée par « les évéuemenls ultérieurs survenus dans le district du Dorinage, « où ces personnages, à ce qu'il "parait, n'ont pas daigné placer leur > argent. Uiie grève presque géiiérale ayant éclaté dans ce district, . le gouvernement y concentra ses troupes fidèles. Elles ouvrirent . la campagne à.Frameries par une fusillade, luant sept ouvriers . mineurs et en blessant grièvement vingt autres, lequel petit exploit •x préliminaire fut suivi par ks sommalions préalables, et, après les .< sommalions, la boucherie allait de nouveau sou train,
«'Il y u aussi des gi'us politiques qui s'obstinent à trouver des i motifs de haut patriotisme pour ces actes incroyables. Comme on
« était en délicatesse avec le Gaulois, le devoir dU gouvernement belge, « disent-ils, était tout tracé. A tout prix il devait donner des prou- « vos incontestables de l'héroïsme de son armée à lui. A cet effet, « cette division savante des étalait était l'impétuosité irrésistible de « la cavalerie belge à Seraing et la vigueur tenace de l'infanterie « belge à Frameries. Pour faire peur à l'étranger, quel moyen plus « infaillible que ces gran"des batailles... qu'on ne saurait pas perdre; « et ces champs de combats où les centaines d'ouvriers mutilés, tués « ou faits prisonniers jettent un lustre singulier sur ces guerriers incc vulnérables, dont aucun ne fut tué, ni même sérieusement incom- « mode. Ah! nous oublions qu'un garde champêtre, représentant lui « aussi la force publique, succomba ou faillit succomber à la suite « d'une balle reçue non d'un gréviste, mais d'un troupier.
a II y a d'autres gens, non moins politiques, mais d'une opinion « contraire, qui nous donnent à entendre qu'il pourrait bien se faire « que des hommes d'Etal belges fussent de connivence avec les Tui- « leries et ne fisS'ent jouer périodiquement ces horribles scènes de « guerre civile qu'afin de donner à Louis-Bonaparte le prétexte de « sauver la société en Belgique, comme il l'a sauvée en France. Mais « a-t-on jamais soupçonné î'ex gouverneur Eyre d'avoir organisé le « massacre des nègres de la.Tamaïque pour faire tomber cette île dans « les mains du Yankee? Pas de doute! Les hommes d'Etat belges sont « aussi excellents patriotes que l'ex-gouverneur Eyre. Comme Eyre « était l'instrument impitojablc des planteurs, ils sont l'instrument a impitoyable du capitaliste.
« Le cajiitaliste belge s'est fait une grande renomméo par son « amour exagéré de la liberté du travaiP. Il est si jaloux de la liberté « de ses ouvriers de travailler pour lui pendant toutes les heures de ce leur vie, sans exception d'âge ou de sexe, qu'il a toujours repoussé a avec emportement les lois de fabrique limitant la journée de Ira- « vail, introduites dans les pays les plus arriérés. Il frémit à la seule « idée qu'un ouvrier vulgaire soit assez pervers pour aspirer à une « destinée plus élevée que celle d'enrichir son maître, son supérieur « naturel. D'après ses vues , l'ouvrier doit non-sruloment toujours « rester un souffre-douleur, excédé de travail et réduit au minimum « de salaire; mais il le veut encore servile, abattu, humble de cœur, « à plat ventre devant le maître et le contre-maître. De là sa haine « féroce contre les grèves. Pour lui une grève est un blasphème, la a révolte de l'esclave, le signal du cataclysme social. Placez maince tenant dans les mains de ce capitaliste trembleur, cruel par lâcheté, ce le maniement indivis, sans contrôle, absolu, des pouvoirs publics, ce ce qui est le cas en Belgique, et vous cesserez d vous étonner que, ce dans ce pays, le sabre, la baïonnette et le fusil fonctionnent légicc timcment et régulièrement comme des machines pour baisser les ce salaires et élever les prolits. Et, après tout, à quel autre but terresce tre pourrait servir une armée belge! Quand l'Europe officielle conec stituait la Belgique en pays neutre, il aurait été du simple sens ce commun de lui interdire le luxe dispendieux d'une armée, à l'exce ception près d'une poignée de soldats de parade indispensables ce comme joujou royal. Mais dans les 2,000 lieues carrées de son <e territoire, la Belgique héberge actuellement une armée plus grande et que celle de l'Angleterre ou celle des Etats-Unis. Les services de
« campagne de celte armée neutralisée se comptent fatalement par le « nombre de ses expéditions à rintcricur.
a On comprend de primo abord que l'Association internationale X des Tracailleurs ne soit pus la bien-veuve en Belgique. Excommu- « niée par les prêtres, dénigrée par la presse bourgeoise, elle vint a bientôt aux prises avec le gouvernement qui chi-rcliait à la rendra « responsable pour les grèves des mineurs en 1868-69, grèves aboua tissant, selon la règle inv^ariablo dans ce pays, à des massacres a suivis de poursuites judiciaires. L'Association déjoua non-seulement a la cabale gouvernementale, mais son intervention active se montra" « dans l'acquittement des mineurs inculpés, et, par conséquent, dans « la condamnation du gouvernement belge par un jury belge. Puis « les ministres d'invectiver l'Association dans la chambre basse et a de déclarer pompeusement qu'ils ne permettraient jamais la réu- « nion de son Congrès général à. Bruxelles. En dépit de ces menaces, a le Congrès général s'est tenu à Bruxelles.
« Mais, après tout, l'Internationale doit enfin succomber devant a l'omnipotence aux 2,500 lieues carrées. Sa coupable complicité dans « les événements récents est mise hors de doute. Les émissaires du « comité central de Bruxelles et d'autres comités locaux ont été suret pris en flagrant délit : En premier lieu, ils ont fait de leur mieux a pour calmer l'excitation des ouvriers en grève et les avertir sur « les pièges qui leur étaient tendus. En quelques localités ils ont ac- « tuellement prévenu l'elTusion du sang. Entîn ces émissaires de mau- « vais augure ont observé sur-le-champ, vérifié par des témoins, « transcrit dans les protocoles et publiquement dénoncé les énormilés « fantaisistes des défenseurs de l'ordre. Parle simple procédé de leur « arrestation, le gouvernement les a transformés d'accusateurs en « accusés. Puis, les domiciles des membres du comité central de « Bruxelles ayant été brutalement envahis et toutes leurs con-espon- « dances saisies, on a arrête quelques a meneurs », sous la charge « d'association dans le but d'attenter aux pemoanes et aux proprié- « tés\ » En un mot, on les accuse d'appartenir à une association de « T'/uiy s, c'est-à-dire à l'Association internationale des Travailleurs! « Aiguillonné par les capucinades de la presse cléricale et les hur- « lements de la presse capitaliste, ce gouvernement pygmée va déci- « dément se noyer dans le ridicule, après avoir nagé dans le sang.
« Déjà le comité central de Bruxelles a annoncé sa résolution d'ins- « tituer et de publier une enquête sur les massacres de Seraing et « du . Borinage. ISons. de notre part, nous ferons circuler ses réa. vélations dans tous les pays et dans toutes les langues, aOn d'ou- « -iTir les yeuv de tout le monde sur cette fanfaronade belge : « Pour a faire le tour du monde, la liberté n'a pas besoin de passer par « chez nous, c'est-à-dire par la Belgique.»
« Le gouvernement belge se flatte peut-être que, puisqu'il obtint, ■< après les ré\olutions de 1848-49, un sursis de vie comme l'agent « de police de tous les gouvernements réactionnaires, il pourra en- « coro échapper à des dangers imminents en se posant comme le « gendarme du capital contre le Iravad. Qu'il se détrompe. Il va acte célérer sa chute au lieu de la retarder. En faisant maudire le nom <t de la Belgique par les masses populaires de tous les pays, il invite
« les despotes de l'Europe à effacer ce nom maudil de la carie de « l'Europe.
« Le Conseil général de l'Association internationale ilcs Travaila leurs prie lous les membres de l'Association, en Europe cl dans « les Etats-Unis, de faire i\cs collecles pour soulager les souffrances « des \euves, femmes, enfants do leurs frères massacrés, ainsi que a pour contribuer aux frais soit de la défense des frères arrêtés, a soit de l'enç[uôte proposée par le Comité central de Bruxelles.
« Au nom du Conseil (fénéral de l'Association internalionale des Travailleurs :
« R. Applegakth, président de la séance. — R. Siuw, sea crétaire pour rAmérit]ue. — Karl JIaiix, sccrélaire « pour l'Allemagne. — Deunard, secrétaire pour la « Belgique. — Eug.,Dupu>iT, secrétaire pour la Fiance. « -5- Jules JoHANXARD , Secrétaire pour l'ilalic. — « A. Zauicki, secrétaire pour la Pologne.— II.Ju.ng, « secrétaire pour la Suisse. — Gowell Stepney, Iré- « sorier.— J.-G. Eccarius, secrétaire du Conseil gé- « néral. »
Londres, 4 mai 1869.
Bureau du Conseil général : !256, Iligh Holborn. W. L, Londres.
A^. H. — Ce manifeste a été tiré en anglais à plusieurs milliers d'exemplaires pour l'Angleterre et les Etats-Unis, li a été traduit dénies différentes langues de l'Europe.
{Internationale, 13 mai 18G9. )
Pièce N.
Copie d'une letlre écrUe par Pa'.i.v à L. Mxrlin, ù Ccuc . I
Lyon, le l-l janvier ùi~ô.
« J'ai oublié de vous dire de vous informer, à Genève, s'il n'y '' aurait pas moyen de se procurer qucli|ues caries par l'ialermc- « diaire de nos amis genevois?
(i) Louis -Murlin, ouvrier passeiiieutioi', lI l'ali.-;, tailltur, iuient lous les deu.'i iiieinbies do la counuission d'iniliativo de la socliuu lyonnaise. -,
« Veuillez donc prioi- lo citoyen Perron île vous rensuigia-r sur ce « poinl. Car je vois le rnomeul où nous serions pris au ilépourvu, « et ce serait Lien malheureux., vu le moiivcmeixt qui se produit « dans ce movient.
« Vous comprendrez sans doute que le moment n'est pas loin où a nous devrons faire noire possible pour nous affirmer; le crime de « Pierre Bumiiiarle pourrait bleu amener un dénouement d'un « ))iovient (I l'autre.
« En altendanl, recevez mes saluts fraternels, et donnez-les de la « itart des frères de Lyon à nos" braves frères compagnons de Ge- < iiève.
« Signé: L. P.vux.»
Atlresso. — M. Charles Perron, rue du Cendrier, 8, à Genève, pour remettre à M. Martin.
Pièce 0.
Marseille, ce 1er octobre 1869.
<■(■ Mon cher Ilichard,
Votre silence m'inquiète : seriez-vous indisposé ?
.\ubry m'a envoyé une charmante lettre dans laquelle il m'ébau- I lie qw.lques projets dont il rue charg'; de vous etUreleiur. Dans ma dernière lettre, je vous annonçais d'une manière pres- « que certaine mon prochain voyage à Lyon; si Aubry pouvait aussi '< s'y pendre en même temps que moi et u:i Parisien, nous éludierions K ensemble bien des projets cl poiit-êlre aussi bien des dquiioques se purgeraient. ■ •
c Avouez-moi qu'à la veille d'une 1 i ociale autant et même
< plus que politique, il est nécessaire qu une entente loyale {surtout « su»' les moyens pratiques) ^'éVdlAhse cnire les socialistes de Lyon, « Paris, ilûuen et Marseille, alin de ne pas livrer les é\énements au a ha.-ard : il nous faut donc au plus vite étudier et établir un plan « de Hévolution française.
' Répondez-moi au plus tôt,
« Signé : Bastelica.»
Pièce P.
« Extrait d'une lettre écrite de Marseille, le !«■■ mars 1870, par a Baslelica à Palix.
« Ne précipitez rien ! Le mouvement socialiste en France peut se « décider a Lyon. Le moment est propice, si vous voulez, étant don- « née la conduite équivoque de nos néo-Jacobins; pour cela, ne risa quons rien de hasardeux : que l'Assemblée lyonnaise en un mot ne « soit pas un four. Si nous remportons un succès — qui est sûr, ce s'il est bien préparé, — nous jetons davantage le désarroi dansjle 'X camp des politiciens et nous hàlons l'heure de la Révolution.
K Salut et égalité.
« André Bastelica, employé, boulevard des Dames, 22.»
Pièce Q.
Copie d'une Icllre adressée par Baslelica à Richard.
Marseille, ce 10 octobre 18G9.
« Mon ciier Richard,
« La présente vous sera remise par le citoyen Carrière, un de mes « bons amis. — J'ai reçu hier soir le journal la fédéracion de nos « Espagnols.
« J'attends avec la plus vive impatience votre appréciation sur le « 26 octobre. Le citoyen Carrière vous dira quelles sont nos inten- « tions. .
« Salut amical.
M Bastelica.»
Pièce R.
Appréciation da journal le Peuple de Marseille sur le Congrès de Bâte.
« Il s'y est dit des choses énormes qui ne peuvent que réjouir les « ennemis du socialisme! Que signifie ce Congrès? De quels pouce voirs les membres sont-ils revêtus? S'agit-il de quelque solution K pratique, de quelque plan de guerre» industrielle, de chômage, de « travail ou de salaire? Non ! On cherche les moyens de refondre la « société sur des hases entièrement nouvelles, sans- consulter ni les « intérêts, ni les mœurs, ni les goûts, ni les préjugés même de chaque « nation. C'est tout simplement absurde. Personne ne s'inquiète de « ce que font et de ce que décident ces gens réunis à Bàle en Con- « grès. Les ouvriers ne s'en soucient aucunement; ils comprennent K que ces rêves sortis de cerveaux malades ne peuvent aboutir à « rien de pratique ni de sérieux. Ils n'en sont plus au temps où on « pouvait les prendre à l'aide de grands mots et de grandes phrases; « ils veulent des actes, des faits et pas de vaines déclamations. Us « savent d^ailleurs que leurs plus granit ennemis sont certains faux a ouvriers qui Iroiment le moyen de vivre sans travailler, tout en « prêchant les doctrines les plus étranges et les plus absurdes. «
Pièce S.
On écrit de Lyon à l'Egalité :
a L'an 1869 sera bientôt écoulé et la fameuse révolution politique « qui le devait terminer, selon les propiiélies des Ezéchiels de la « démocratie bourgeoise, ne s'accomplira pas.
« Le grand Victor Hugo, fidèle à son serment, continuera de gémir « dans l'evil, au milieu des insulaires de Guernesey et de quelques « sacs de millions.
a L'cx-reino Isabelle, la sacrée fille du non moins sacré l'ie iX, « continuera à travailler dans la Daiiylone moderne les boi* céli-bres « dont elle orne depuis longtenipi la léle de son lojal époux. Iles- « perlons ses nobles inforlimes.
« Le peuple français paraissait ccpeiidaut bien irsolu à arraciier y leurs peaux de lions aux ânes qui le ijuucer)ienl. D'où vient ijuil « ne l'a pas fait? Hélas [c'est qu'il a regardé autour de lui pourvoir « où étaient les Marat et les SaiJil-Juil, itulispensables en ces cas, et a qu'il n'a trouvé que des moines, — Cbi bons et de braves moines, « grands poseurs et grands prédicateurs, ayant tous la même lior- « reur de la démagogie cl qui répètent toujours avec une égale com- « ponction l'eflicace prière de leurs devanciers du moyen âge; » Mou « Dieu, faites que rien ne manque au ventre. »•
« Drel : le désarroi le plus complet est dans le camp de la vieille « démocratie. Les ouvriers qui croyaient encore à une révolution po- « litique se regardent ébaliis. Les libéraux cèdent la place aux éi-'a- << litaires. — À partir de l'année 1870, on ne comptera plus en Lu- « rope qu'une sorte de révolutionnaires ; les socialislei.
(Extrait de Yluternalionale. — Numéro du 2 janvier 1870).
Pièce T.
Jugement dans l'affaire Albert Ricliard, rendu par le Conseil i;tnéral de Londres.
Londres, séance du Conseil général du 8 mars 1870.
Aux membres de la commission d'initiative de la section lyonnai.-e de l'Association internationale des Travailleurs.
La section lyonnaise de l'Association inlernalionale des Travailleurs, se fondant sur le vote- émis au Congres de IJàlo 18G0, concernant le Conseil général par rapport aux différtnd.s qui peuven' s'élever entre les sections ou les m-mbres de i'As.soeiation, rcqncrt le Conseil général de se prononcer sur l'affaire Albert Ilicliard d"n:i. part et Schettel, Cormier A. blanc, Clianoz et Vindry, de l'auti' . ces derniers membres de l'ancienne section do Lyon.
Le Conseil général ayant pris connaissance des pièces accusatrices envoyées par cette section, les déelaro dénuiks de fondiMiicni, conlirme les verdicts rendus par les deux Commissions spéciales
— 2ol —
nomméps à ce sujet, la promiôrc an Congrrs do Lausanne tlo ISfi", ot l;i tlciixii'nie à Genève, 18G9, cl on con^oquenco maintienl lo citoyen Albert Ricliard ilan> ses fonctions de scorétairo-correspondant de l'Association inlornalionale des Travailleurs, conformément aux statuts et rèv'lements.
Considérant en outre que l'appel que les anciens membres de cette section ont fait anx radicaux bourifcois pour prononcer sur une affaire ne devant être connue que des membres de l'Association interternalionale dos Travailleurs, est contraire à l'esprit et anx intérêts de notre Association et de nature à profiter à nos ennemis, le Conseil général lilàme éiier,i;iquoment la conduite en celte circonstance des anciens rrcmbres de celte section.
Le Conseil général profite de la position où le place ce différend ppur rappeler à tous les membres de l'Associalion, que préalablement à toute publication ou à tout acte public dans ce sens, ins- Iruclion doit lui en être donnée, attendu que cotte manière de procéder envenimant les personnalités, qui toujours dui\ent être écartées, jette la division dans nos ranjrs et ne peut servir qu'aux menées des adversaires de notre société, au moment où toule l'aclivilé, toute la force et toule l'énergie de ses membres devraient être employées pour servir au triomplie procbain des principes de l'Association internationale des Travailleurs.
Salut ot fraternité.
Ati nom et par ordre du Conseil (jénéral, le secrétaire correspondant poip- la France,
Eugène Dcpoxt.
(Extrait de V Internationale, numéro du 27 mars 1870).
Ce jneement a été publié dans VÉclaireiir de Saint-Etienne, du 27 mars 1870, avec cette mention :
Pour copie conforme :
Les secrétaires de la Commission fédérale ouvrière,
DuMViîTiiF.RAv, Dupont, Blakc Busqué, Ginet, Chol, I'l.vcet, Régiras.
Pièce'iU.
Règlement fédératif des caisses de résistance de la Fédération romande adopté par le deuxième Congrès romand tenu le 4 avril 1870 à la Chaux-de- Fonds.
Article le"". — Les caisses de résistance créées dans des Sections appartenant à la fédération romande de l'Internationale constituent entre elles un lien fédératif.
Art. 2. — Le Comité fédéral romand forme le centre qui a pour mission de relier entre elles ces cai.sses, et de faire exécuter le présent règlement.
Art. 3. — Chaque Section conserve la libre gestion de sa caisse de résistance.
Art. 4. — Lorsqu'une Section ayant adhéré au lien fédératif des caisses de résistance veut faire grève, elle doit soumettre ses motifs, soit au Comité local (s'il y en a un dans la localité), qui les transmettra immédiatement au Comité fédéral, soit directement au Comté fédéral romand.
Art. 5. — Si la grève est approuvée par le Comité fédéra/ , les grévistes acquièrent le droit aux subsides de la fédération des caisses de résistance.
Art. 6. — Si le Comité fédéral refuse son approbation à la grève, la Section qui veut faire grève a le droit d'en appeler directement aux Sections formant la fédération des caisses de résistance. Si à la suite des votes réguliers émis dans les assemblées générales de chacune de ces Sections, la majorité des Sections se prononce en faveur de la grève, le Comité fédéral est obligé d'approuver la grève et les grévistes acquièrent le droit aux subsides.
Art. "t. — Ces subsides sont réglés comme suit:
a. Sur un premier appel du Comité fédéral, chaque caisse de résistance ayant adhéré au lien fédératif doit mettre à la disposiiiun du Comité fédéral une somme équivalant à un franc par membre versant ses cotisations à -la caisse.
b. Sur un second appel, chaque caisse de •résistance doit mettre de nouveau à la disposition du Comité fédéral une somme de un franc par membre.
c. Après ces deux appels, si le Comité fédéral, pour soutenir la même grève, juge nécessaire de faire de nouveaux appels, chaque caisse de résistance fixe elle-môme le chiffre des nouveaux subsides.
Art. 8. — Les subsiiles alloiu-s pour la grève seront répartis entre les grévistes par le Comité de la Section qui est en grève, en ayant égard à la position particulière de chaque gréviste.
Art. 9. — Si une corporation adliérenie au lien fèdératif se met en grève sans avoir demandé et obtenu l'approbation du Comité fédéral, elle perd ses droits aux subsides.
Art. 10. — Si une corfioration non encore adhérente à l'Internationale et au lien fèdératif se met en grève et qu'elle demande des secours aux caisses de résistance fédérées, le Comité fédéral, après avoir pris connaissance des motifs de la grève, pourra engager les caisses de résistance à la soutenir. Dans ce cas, cliaque caisse de résistance décide elle-même si elle accordera ou refusera un subside et en fixe le chiffre.
Art. 11. — Les subsides votés de la sorte en faveur de corporations non adhérentes ne sont accordés qu'à titre do prêt. Ces corporations s'entendront pour le remboursement avec les Sections qui auront accordé les subsides.
Art. 12. — Si les corporations non adhérentes qui ont reru des subsides à litre de prêt entrent ensuite dans l'Internationale et adhèrent au lien fèdératif des caisses de résistance, elles seront dispensées du remboursement des sommes qu'elles ont reçues, ce remboursement étant remplacé par la réciprocité des subsides.
Art, 13. — Toute section appartenant à la fédération des caisses de résistance doit, après une grève faite par elle, envoyer au Comité fédéral un compte rendu de ses dépen-es.
Art. 14. — Les corporations qui voudront adhérer au pacte fèdératif devront communiquer leur demande au Comité fédéral, qui décidera.
(Extrait de la Solilari'é du 16 avril 1870.)
Pièce V
a 0 Judaïstes, partisans et grands admirateurs du traître Judas Iscariote, le videur de bours.% qui vendit même' son maitre pour s'enrichir plus vite et arrondir un tantinet son petit magot, si vous voulez s luver des âmes, commencez par sauver les vôtres, en marchant droit dans les se tiers de la vie, moyea infaillible et sans rnoucharderie, sans calomnie atroce et surtout sans arsenic, d'arriver à la porte du céleste séjbur des Saintes oies et des Saints dindons, car bienheureux, dit Jésus, les pauvres d'esprit li^ez les imbéciles;, car le royaume Mes cieux sera à eux. Merci, o mon Dieu, merci; mais ji- n'en veux pas à cette condition. »
[Mirabeau, 17 avril 1870.)
« L'honnête journal tles boiirgei is de Genève s'est dans ces dera ni'TS temps beaucoup occupé de l'As^ocialion interriatinnale et de « luii de ses oriL'aiies, Ylujahté; ce qui lui a prociué l'occasion de .. découvrir ce que tout le monde sait depuis loii^'iemps: que l'In- « lernationale travaille clans toute l'Europe à l'avénemenl de la a. république démocratique et sociale. H faut n'avoir jamais lu lea Œ journaux que notre association publie en divers pays, il faut « n'avoir jamais consulté les comptes rendus de nos congrès pour « jijiiôrer que i'élahlissement de la république démocratique et soit ciale est le but poursuivi par l'Inter nationale tout entière, at- « tendu que ce n'est qu'après l'avoir atteint qu« le H^avail sera coma plétenient émancipé. »
{Ecjalité, 20 novembre 1869.)
Pièce X.