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MANIFESTE DE LK SECTION NAPOLITAINE

A nos frères.

4< Nous nous sommes réunis au nombre de 1.200 ouvriers napou litains pour former la section napolitaine de l'Association internaa tion;ile des Tra\ailleur3.

« Frères des autres provinces d'Italie, venez grossir nos rangs. « Unissons-nous à nos frères du monde entier par le pacte de l'in- « lernaiionale.

« -Tous ceux qui rivent de leur travail productif sont des ouvriers. « Us ont la même histoire et une commune destinée, ils ont éprouvé « les mêmes souffrances séculaires depuis l'antique esclavage jus- « qu'au proléîariat de nos jours, et surtout aujourd'hui ils éproua vent le même besoin de réclamer pour eux cette j«s<ict' qui ne leur a a jamais été accordée jusqu'ici par l'humaine société. Mais tînt « qu'ils resteront divisés ou mal associés, ils ne pourront pas vaincre, 'c L'.\ssociatii>n internationale nous rend forts et nous assure la \ic- « loire en nous unissant réellement tous. Elle seule est capable d'a- « méliorer les conditions é'onomiques et morales de l'uiivrier par ;c tous les moyens possibles; elle seule pourra nous émanciper « définitivement de la prépolence des classes privilégiées, en faisant « aujourd'hui disparaître l'inégalité qui divise les hommes en oisifs <« et en travailleurs, en priviléj;iés et en prolétaire», en heureux " en misérables, en bourreaux et en victimes: de même que 1 « rôNoIutions précédentes ont fait disparaître les distinctions >' - « libres et des esclaves, des maîtres et des sujets.

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a Conformément à son but, l'Association internationale est fondée « sur le principe de la fédération libre. Elle se compose de toutes a les associations ouvrières, sans excepter même celles qui ont fxisté u avant elle sous des formes particulières, pour peu quVlles adhèrent « à son programme et consentent à coopérer à s^on développement, «c Ces différentes associations ou group^'S d'une même nation forment a ensemble la section nationale. Chaque section nationale peut et «• doit se faire représenter par un délégué dans le Conseil général, « qui communique, ni;iis n'impose pas ses délibérations aux sections. a Et pourtant, l'idenlilé des intérêts des travailleurs de tous les pays « produit l'action simultanée et harmonisée de toute la famille de o: l'Internationale, qutdque étendue ei large qu'elle soit. — Ouvriers « italiens, nos frères, ne tardez donc pas, nous attendons avec une a brûlante impatience votre adhésion, qui, nous en sommes certains, « ne pourra pas nous faire défaut, «

Au nom de l'Internationale de Naples :

Le président, Stefano Caporisso, tailleur.

Le vice-président, Cristiano Fucci, menuisier.

Le trésorier, Antonio Giistini.vxi, sculpteur.

Le secrétaire, Francesco Cirma, menuisier.

{Internationale, 30 mai 1869. — Egalité, 22 mai 1869.)

2° Adresse de V Association Internationale des Travailleurs, section de Madrid,

A l'Association internationale de (ienève.

a Frères,.

« En recevant votre adresse du 21 octobre 1868, notre cœur a pal- « pité d'allégresse et notre pensée s'est élevée bien iiaut lorsque des « idées que nous acceptons complètement sont venues frapper notre « esprit.

a Nous recevons avec toute l'effusion de notre âme votre embras- « sèment fraternel qui a développé en nous la plus grande chose qui « puisse être pour les travailleurs : l'amour et la fraternité de tous « nus frères sans ces distinctions qui entre nous ne sauraient « exister.

«.' Dès ce moment nous voulons, par une constante correspondance

a avec vous, fortifier el agrandir le travail solidaire de notre affran • a chissemenl.

« Si nous n'avions écouté que le désir de notre cœnr, mus par « l'expansion de notre joie, nous vous aurions répondu immédiate- « ment. Mais un ppu de calme réllexion nous a fait compreniire que « pour que notre réponse fût vraiment digne, il fallait qu'elle fut « basée sur des actes.

« Maintenant nous pouvons le faire, et, avec notre embrassement a fraterni'l, nous vous envoyons l'acte de fondation de noire Section a de Madrid.

« Nous vous demandons, chers frères, de nous faire parvenir tous « les renseiirnemi'nts, détails, notices sur l'Association internationale <c des Travailleurs, ainsi que les résolutions prises par les Congrès « geiiéiMuv, cl riiisloire du développement de l'Association dans les « différentes br.inclies de cliaque pays.

« AvJC ces renseignemenis, nous pourrons implanter avec solidité « notre Association, notre journal et établir des relations afin que « nous marchions unis et d'accord d.m? la grandie œuvre que vous « accomplissez et que nous voulons accomplir avec vous. Par l'union « et la fraternité nous obtiendrons le Irioniphe de la justice et l'abo- « lition des privilèges.

« Nous désirons également nous mettre en relation avec le centre ce de Londres; enfin nous comptons sur votre amitié pour nous mettre « au courant des devoirs généraux des membres de l'Association, « et nous vous prions, si vous le jugez utile, d'envoyer à Londres « la présente lettre.

« Au nom de nos frères,

a Le président, <c Angel Cenagorta Mazo>'.

« Le secrétaire, « Enrique Borel. »

{Egalité, numéro du 20 mars 1869.)

30 MANIFESTE ADRESSÉ PAU LA SECTION BE BARCELONE AUX SECTIONS DES AUTKES PAYS.

L'Association internationale des Travailleurs, Section de Barcelone, aux sections d'Europe cl 'd'Amérique.

« Frères,

« Avec la révolution de septembre qui chassa de notre pays cette Œ impure et funeste dynastie des Bourbons, nous avons acquis nos K droiis législatifs, que jusqu'ici la force brutale du despotisme « nous refusait.

«I Avec la révolution, nous avons acquis des droiis politiques; M nous sommes délivrés d'une tyrannie. Mais pjur nous -délivrer

« d'une antre, de Ja vraie tyrannie à laquelle nous sommes soumis ce 1 lau que nous nous préparions à conquérir ces droits qui cS^s: « lilu.nt le h.\ >,leal du doctrinarisme moderne. AssooionsTous .En respirant de toule la force de nos poumons l'air pur dé la

« ar^^Wen aurml;'f'""'"fr'"^ '^ rédem'ption de noui-mêmes; « car, Jjien que nous soyons libres, politiquement parlant nous ne «sommes que de pauvres et miséi^les 'esclaves ^ousiê ra^or!

• Quarid l'ivresse de l'aurore d'une régénération si fortement an- « pelée par nos vœux fut passée, la froide raison niuVluSjSe « l'oùvfier ""'''' ''' <=«'""=en^«'-: l'émancipation de Von^Z- Jar

« Démocrates socialistes par conviction, travailleurs dans ce au'on « a SI mal appelé l'ordre social, toute la chaleur et la passi3n 5e

- la lutte poht.que que nous sommes obligés de soutenir contre les « nt na' ini'i'nrn ""'^''^ ^? '''''^'''' fractions politiques n Sou « l?ur^ïe ;. 1 i ?j'n."",''"' ""'"^'"^ 3»e la délivrance du iravail- « parfait ^ ' "" organisme poUlique plus ou moins

« min,'"t!' "°"^ n'avons oublié que le capital monopolise indinne-

- Sé.é crure'"; ^T ri^^r^T'f' l'ignorance de ce: le classe de la ■« reuse. ^ ^ ^'^"' nombreuse et la plus mallieu-

« Pour la délivrer, nous ne pouvons et nous ne devons comnter « avec d'autres forces que les nôtres; et de môme que le ca,S n'I « pas de patrie, ses victimes n'en doivent pas avoir- nous 'es ou « vners, nous ne devons pas en avoir. Notre eau è n" sï pas ceUe « dune classe, c'est la cause de l'humanité, parce nue nous ne de-

« Z\\ZCr f/"'" T.'''''''^''^'' P«"'- e^pSrfe" autr nous voulons le règne de la venté et de la justice oui (lp>n nm

: rr c"rir^;^v"S"." "t'^ r ^^^^^^^^Ssets^x

a ires, ou 11 n y ait que des frères. Et ainsi nous est annarpp

« soH3a!S1ïï;î;!:n^4,^t^S.îi;cî"'"^^^ nécessairement la

. ra^muTti"n'iHÎl.''''î "^'T' '''''°" ^ Barcelone a été contrariée par l cham In^ll '[^''f"^ 'I"^ "°^'' ^^'^^^s à accomplir, mar-

! Hnn ' ""^ "°"' ^^ ^^''°"^' à 'ravers une période fébrile et «dangereuse où notre iwii a dû s'agiter beaucoup L se ifm « nou^ avons la satisfaction de vous annoncer que^si de 'miliî?s « d ouvriers barcelonais souflraient et souffrent comme vous du

r m,' "%■'"' ,^T"'"'^^"'* ^•^''"' >^ ^0"'='^ consolation de savoir « quun lien de fraternUé et de solidarité les unit à vous aux ral « railleurs de toute l'Europe, du monde entier. '

« hShk'Z^ÎT',' '""' ^'' î"'™'' 1^' '"'^^'^ ^^s malheureui dés- « heuies de tous les pays ; donc nos aspirations aussi doivent être « les mêmes iNous n'attachons aucune valeur à de va nés d Ssions « de territoire, ni à de prétendues croyances ivli'ieusë o.e ^^^ « igK.n, cest l'humanité; notre plus' ardent dé1ir%otVe premier « besoin, cest l'émancipation du Iravailleur de l'oppies on iu S

« Pour y arriver, il suffit que notre conduite soit soumise à la « vérité, à la justice et à la morale ; nous n'avons pas bc'^oin, nous « ne demandons ya-; d'autres armas, et nous défions les chsses pa- « rasites d'aujourd'hui de défendre leurs droits titrés en se servant a des mêmes armes. •

« Le monde appartient à l'Iiumanité, qui y vit en produisant par a le travail. Le travail est une loi humaine. Personne n'en doit « être exempté. Personne n'a le droit d'exploiter le tra\ail. — Qui a ne produit pas. qu'il soil pauvre ou riche, ^it aux dépens du tra- « vailleur. — Par conséquent, le'travailleur peut et doit aspirer à a la pleine jouissance de ses droits d'homme.

« La section de liarcelone. constituée le 2 mai, accepte, par con- « séqueiit, les bases du règlement provisoire de Londres, et vons « envoie un chaleuieux et fraternel salut comme gage de la parfaite « uniié qui, dès aujourd'hui, doit régner parmi nous.

« Plus de devoirs sans droits, plus de droits sans devoirs.

« Barcelone, 2 mai 1869.

« Le président, a JosE Luis Pellicer.

« Le secrétaire, « Rafaël Farga Pellicer. »

[Égalité, 22 mai 1869. Ce manifeste a été reproduit dans VlTiternatioyiale, numéro du 30 mai 1869.)

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