‹ L'interprétation économique de l'histoireChapitre 29 sur 44 · Francotte, L^Indmtrie dans la Grèce Ancienne · texte numérisé non relu

Francotte, L^Indmtrie dans la Grèce Ancienne

3. — Pohlmann, Geseliichte des Antiken Somalismus und Communismus (1901).

4. — Voir la série de Paul Ernst sur a Die Socialen Zustande im romischen Eeiche vor dem Einfall der Barbaren » dans Die N eue Zeit, ZI (1893), p. 2, et le livre suggestif de Deloume, Les Manieurs d’argent à Morne (1892).

quelques points négligés de Thistoire de Tantiquité hébraïque ont été exposés par des écrivains tels que Beer et Mehring (1).

Lorsque nous en venons à des périodes plus récentes de Tliistoire, nous sommes devant une profusion de richesses. Les forces économiques qui furent agissantes en déterminant le passage de la société féodale à la société moderne sont si évidentes, que les historiens se sont pendant un certain temps appuyés sur l'interprétation économique de Thistoire presque sans le savoir. Cela est vrai, par exemple, de l'étude du système militaire, qui a été clairement décrit par Bürkli dans son exposé de la transition en Suisse (2). L'un des historiens belges les plus accomplis. Des Marez a récemment exprimé sa conviction ciue : « personne ne peut chercher les I causes les plus profondes qui ont influencé les [ peuples entre le Ehin et la Mer du Nord sans

— M. Beer. « Ein Beitrag ziir GescMclite des Klassenkampfes im hebrâischen Altertliiim », Bie N eue Zeit, XI (1893), i, p. 444. Pour les études analogues de Kautsky et Lafargue, voir Mehring, Die Lessing-Legende,

^*2. Karl Bürkli, Der Wàhre WinTcelried; die Tdktik

der Alten Urschweizer, 1886. Voir spécialement p. 183-

Cfr. également du même auteur, Der Ursprung der Eidgenossenscliaft aus der Marlcgenossenschaft und die Schlaclit am Morgarten, 1891; dans cette monographie des développements sur 1 ^origine économique de la démocratie Suisse en général sont donnés.

s'apercevoir que c'est par dessus tout les conditions économiques et non les facteurs de races, de langues ou tous autres qui ont déterminé le progrès national » (1).

Le point de vue le plus récent a conduit les chercheurs à accentuer la portée du facteur économique, non seulement dans les Croisades (2), mais aussi dans la Eéforme avec la victoire du Calvinisme et du Puritanisme (3). Les historiens de profession eux-mêmes ont été tellement influencés par le mouvement que Lamprecht, l'un des plus distingués des savants allemands, a récemment fait du facteur économique le fondement

1. — G. des Marez, Les Luttes Sociales en Flandre au Moyen-Age, 1900, p. 7.

2. — Cfr. Particle de Prutz « The Economie Development of Western Europe under tlie influences of the Crusades ». The International Monthly, IV (août 1901), 2, p. 251.

3. — Voir spécialement Engels, Der Deutsche Bauern- Tcrieg ; Pessai de Bernstein sur « les courants socialistes pendant la Eévolution anglaise » dans Die Geschichte des Sozialismus in Einzeldarstellungen, I, 2, et publiée comme volume séparé sous le titre Communistische und Demo- Icratisch-socialistiche Strômungen aus der Englischen Dévolution des XVII Jahrhunderts, 1895; Kautsky, Le Communisme dans l^Europe Centrale au, temps de la Eéforme, 1897, et Pétude de Belfort Bax sur The Social side of the German Eeformation, dont deux volumes ont paru sous les titres : German Society at the close of the Middle Ages, 1894, et The Feasants, War.

90 l’interprétation économique de l’histoire

véritable de tout le développement social et politique de l’Allemagne du Moyen Age (1).

Dans la discussion acrimonieuse que cette audacieuse proposition a engendrée, et qui n’est pas encore terminée, le triomphe graduel de la tendance la plus récente ne semble nullement improbable (2).

Lorsque nous approchons des siècles plus près de notre temps, cela devient presque un lieu commun d’expliquer en termes économiques le changement politique de l’Angleterre au xviii® siècle, de même que les révolutions françaises et améri-

1. — Lamprecht, Deutsche Geschichte. Peu d ^économistes cependant ou d ^historiens économistes contesteront que le professeur Lamprecht a été malheureux en choisissant comme le facteur important ce qui est généralement regardé comme un phénomène secondaire plutôt que comme un phénomène principal: Le passage de 1 ^économie naturelle à 1 ^économie monétaire sur lequel Lamprecht insiste, est lui-même le résultat de forces économiques autécédentes.

2. — On peut trouver les vues générales de Lamprecht dans son Alte und N eue Richtung in der Geschichtswissenschaft et Was ist Kulturgeschichte ? 1896. On peut trouver une liste de quelque articles récents sur la controverse dans Ashley, Surveys Historié and Economie, p. 29. A ces articles, on peut ajouter celui de Below, dans son Historische Zeitschrift, LXXXVI (1900), i, et les livres français de Lacombe, De l’Histoire considérée comme science, 1894, et Seignobos, La Méthode historique appliquée aux Sciences Sociales (1901). Peut être Pouvrage le plus frappant sur cette question, qui a été écrit par un savant américain est-il Particle de E. V. D. Eobinson « War and Economies in History and Theory », Politicol Science Quarterly, XY, 1900i, pp. 581-586.

caines. Pour ne prendre que peu d'exemples, d'évènements plus récents, il n’est plus désormais douteux que la démocratie du xix® siècle est en grande partie le résultat de la révolution industrielle; que toute l'histoire des Etats-Unis jusqu’à la Guerre civile fut au fond une lutte entre deux principes économiques; que l’insurrection Cubaine contre l’Espagne, et ainsi indirectement la guerre hispano-américaine fut la conséquence de la situation sucrière, ou enfin que les conditions de la politique internationale actuelle sont dominées par des considérations économiques. De quelque côté que nous nous tournions dans le labyrinthe de la recherche historique récente, nous sommes mis en face de l’importance grandissante attribuée par les savants les plus jeunes et les plus remarquables au facteur économique dans le progrès économique et social.

Page 1