INTRODUCTION
Exposition de la thèse.
Il est intéressant pour celui qui étudie les sciences sociales, d’observer le processus par lequel, à un point de vue au moins, nous revenons à occuper les positions des âges passés. Quoique Aristote ait fait ressortir « Vinterrelation » essentielle existant entre la politique, l’éthique et l’économique, la pensée moderne a revendiqué avec succès le droit de ces -diverses disciplines aussi bien ique des autres, telles que la jurisprudence et les diverses branches du droit public, d’être considérées comme des sciences séparées. Pendant longtemps, cependant, au détriment commun de toutes, l’indépendance de chacune fut assez accrue et exagérée pour créer le sérieux danger d’oublier qu’elles sont seulement les parties constituantes d’un tout plus large. La ten-
H l’inteupriîtation économique de l’histoire
dance de la pensée récente a été de mettre en relief les rapports plutôt que les différences et> d'expliquer les institutions sociales qui forment les bases des sciences séparées plutôt à la lumière d'une s^mthèse que d'une analyse. Cette méthode a été appliquée à l'histoire du passé aussi bien qu'aux faits du présent ; la conception de l'histoire a été élargie de telle sorte qu'il est maintenant bien reconnu que l'histoire politique est seulement une phase de l'activité plus vaste qui comprend tous les phénomènes de la vie sociale. Si le terme « politique » est employé dans le sens habituel mais étroit, de rapports constitutionnels et diplomatiques, alors, quand on a répété le dicton familier « l'Histoire est la politique du passé », on énonce une demi-vérité en contradiction lamentable avec ces idées plus nouvelles.
Tandis que cependant il est maintenant admis que l'histoire de l'humanité est l'histoire de l'homme dans la société, et par suite l'histoire sociale dans son sens le plus large, on s'est posé le problème de la détermination des questions, de savoir quelles sont les causes fondamentales de ce développement social, de la raison de ces grands changements dans la pensée et la vie humaine, qui forment les conditions du progrès. Aucune question plus profonde et de plus de portée ne peut occuper notre attention, car d'une réponse satisfaisante dépend toute notre attitude envers la vie elle-même. Là réside le problème suprême non seulement pour le savant mais aussi