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Cicero, De fato, chap. I

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est dérivé de Sitte ou usage social. C’est la société qui a mis l’empreinte originale sur la concepoion même de moralité.

Non seulement l’idée de moralité est un produit historique, mais le contenu de la moralité change avec l’état de la civilisation ou avec la classe sociale. L’homicide était, à une certaine époque, aussi peu immoral que le meurtre d’un animal par un autre ; il était simplement amoral. Même aujourd’hui, il n’est pas immoral s’il est commis par un soldat en temps de guerre; il ne devient un meurtre, que s’il est commis lorsque le même individu agit à quelque autre titre que celui de membre de l’armée. De même, relativement à quelques autres actes, il n’est pas tout à fait certain qu’ils soient bons ou mauvais. Par exemple, la ruse {déception) pratiquée par le général Funston, pour prendre au piège Aguinaldo, est considérée par quelques-uns comme, n’étant pas tout à fait fautive (wrong), parce qu’elle a à peine violé, si tant est même quelle ait violé du tout, les usages sociaux des conventions civilisées dans la guerre, à supposer qu’on veuille reconnaître qu’il y a une différence entre la guerre civilisée et la guerre non civilisée. D’autre part, le pillage par quelques-uns des alliés des trésors de Pékin et de Tien-Tsin, est considéré par presque tout le monde comme immoral, parce que c’était devenu depuis quelque temps une coutume réprouvée par la conscience sociale des peuples les plus civilisés.

LES FACTEURS SPIRITUELS EN HISTOIRE

La concurrence est toujours la règle dans la vie des affaires, les économistes ne l’appellent ni morale ni immorale. Mais la concurrence entre les membres du plus petit groupe social qu’est la famille, n’est plus désormais regardée comme défendable, parce qu’il a été reconnu depuis longtemps par la majorité de la société, dans son ensemble que le bien-être social devait être au total poussé plus loin par la pratique de la coopération familiale. S’emparer de la propriété privée sans compensation est ordinairement considéré comme immoral, mais lorsque la maison d’un homme est détruite pour empêcher un incendie, l’acte n’est condamnable ni moralement ni légalement à raison de la prédominance des considérations sociales.

Ainsi, la conception du bien et du mal ne s ’attache à aucune action particulière, parce que la même action peut, sous des circonstances différentes et suivant qu’elle est appliquée à des stades sociaux différents, être tour à tour bonne et mauvaise. De ce ique les considérations sociales font que les actions sociales de l’individu sont bonnes ou mauvaises; l’idée du bien ou du mal lui-même est un produit social.

Ce que nous avons dit ainsi jusqu’ici, est vrai tout d’abord des actions sociales des individus ou des actions entre les hommes. Toutefois, le principe est également applicable a la seconde classe d’actions morales 'indiquée ci-dessus, à savoir celle qui semble au premier abord affecter

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seulement rindividu. Un individu peut être coupable, par exemple, de quelque pratique particulière sur lui-même que Ton considère couramment comme n’étant pas bonne pour lui ou comme étant un vice. A proprement parler, cependant tout ce qu’on l’on entendait originairement était que cela ne convenait pas à son bienêtre physique ou matériel. Le whisky n’est pas bon pour un enfant ordinaire ; le whisky est bon pour un malade. Dans la conception originale du bien {good), il n’y a pas d’idée de moralité de bien ou de mal (riglit or ivrong). Si un animal se gorge jusqu’à l’indigestion, nous n’attribuons pas un caractère moral à cette action. Lorsque le sauvage isolé se mutile pour la première fois lui-même, il n’y est aucune pensée de droit ou de faute, mais seulement de ce que pouvaient être les conséquences physiques ou matérielles, abstraction faite de ce que ces circonstances résultait des forces naturelles ou de l’interposition de quelque esprit surnaturel ou démon.

De même, qu’un individu appelle bonnes ces choses qui assurent son bien-être matériel, de même, la société appelait bonne les choses qui contribuèrent à continuer son existence. Toutefois, aussitôt que l’idée de l’avantage social se fait jour, nous atteignons la conception de moralité. Une action est maintenant blâmée ou admirée, suivant qu’elle conduit ou non au bienêtre social, et une coutume datant de longtemps fait que l’individu conforme ses actions et ses

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