‹ L'interprétation économique de l'histoireChapitre 6 sur 44 · Lessing : Die Erzieliung des Menschengesclileclits · texte numérisé non relu

Lessing : Die Erzieliung des Menschengesclileclits

2. — Herder : Ideen zur Pliüoso'pliie der Geschichte der Menschheit.

3. — Ferguson : Essay on the History of Civil Society (1767).

4. — Woltmann : Der Historische Materialismus, 1900, pp. 17-21.

5. — Kant : Idee zn einer allgemeinen Geschichte in Weltbürgerlicher Absicht (1784).

DÉBUTS DE LA PHILOSOPHIE DE l’hISTOIRE

Un second mais moins compréhensif essai pour interpréter le développement historique d’après une pensée et un sentiment, fut fait par ceux qui maintenaient que c ’est à la religion que se mesure ■ le progrès. Que chacune des cinq grandes religions ait exercé une influence profonde sur le développement de l’humanité est chose indubitable, le Judaïsme incarnant l’idée de devoir, le Boudhisme d’ordre, l’Islamisme de justice et le Christianisme d’amour. Mais si l’on fait entièrement abstraction de ce fait que cette explication méconnaît la possibilité de regarder la religion comme un produit plutôt que comme une cause, aucune lumière n’est jetée sur la question de savoir comment la conservation de la même religion est souvent compatible avec les changements les plus radicaux dans le caractère et la condition de ses fidèles.

L’interprétation religieuse de l’histoire, même 1 dans la forme modifléê de la théorie de M. Benjamin Kidd, n’a trouvé que peu d’adeptes.

Une troisième explication, que l’on peut faire / remonter à Aristote, et qui a rencontré quelque ^ faveur parmi les publicistes, peut être appelée l’interprétation politique de l’histoire. Elle soutient, en substance^ qu’à travers toute l’histoire, on peut discerner un mouvement défini de la monarchie à l’aristocratie, de l’aristocratie à la dél mocratie, et qu’il y a un progrès constant de '^l’absolutisme à la liberté, à la fois dans les idées et dans les institutions. Mais un très grand nom-

bre de philosophes, y compris Aristote lui-même, ont fait ressortir que la démocratie peut conduire à la tyrannie, et T anthropologie moderne a tendu à mettre en doute Inexistence prétendue du premier stade. Par-dessus tout, il a été montré à plusieurs reprises que le changement politique n’est pas un phénomène primaire, mais secondaire, et qu’ériger en cause universelle un fait qui n’est lui-même qu’un résultat^ c’est mettre la charrue avant les bœufs.

Par l’échec de tous ces essais de nature plus ou moins idéaliste, la voie était préparée pour une interprétation de l’histoire qui regarderait vers les forces physiques plutôt que vers les forces. psychiques, ou plutôt, qui expliquerait comment les forces psychiques, dans lesquelles tout mouvement social peut être décomposé, sont ellesmêmes conditionnées par le milieu physique. Le nom auquel cette doctrine est associée est celui de Buckle.

On peut faire remonter la théorie de l’induence prédominante du monde extérieur sur les choses humaines à beaucoup d’écrivains du xviii® siècle dont Yico (1) et Montesquieu (2)

— Dans ses Prinoipii di una Scienza Nuova dHntorno alla Comune Natura delle Nazioni (1725). Sur Vica, voir Hutli Life of BucTcle, I, pp. 233 et s. Buckle dit de Yico, que « quoique sa Sdenza Nuova contienne les vues les plus profondes sur Phistoire ancienne, elle constitue des visions entr ^aperçues de la vérité plutôt qu^une investigation systématique d'une période quelconque ».

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