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Dans son Psprit des Lois

1. — Dans une liste complète des écrivains qui, de quelque façon, ont influé sur Buckle, on doit comprendre non seulement Holbach, Helvétius et Cabanis, mais parmi les premiers, Bodin avec sa théorie des climats, et plus anciennement encore, Aristote.

2. — Buckle : History of Civilisation in England, 1857, II® partie, ch. vi, pp. 316-317, de Pédition de 1873.

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DÉBUTS DE LA PHILOSOPHIE DE l’hISTOIRE 11

sont assurément les plus fameux (1). Buckle, luimême, a une haute opinion des mérites de Montesquieu. Il nous dit (2) que Montesquieu « savait ce qu’aucun historien avant lui n’avait soupçonné, que dans la grande marche des affaires humaines, les particularités individuelles comptent pour rien. Il a réalisé une séparation complète entre la biographie et l’histoire, et a appris aux historiens à étudier, non les particularités du caractère individuel, mais l’aspect général de la société dans laquelle ces particularités apparaissent ». Plus loin, on nous dit : « Montesquieu était le premier qui, dans une recherche des rapports entre la condition sociale d’un pays et son droit, appela à 1 ’aide les connaisances physiques en vue de se rendre compte comment le caractère d’une civilisation donnée est modifié par l’action du monde extérieur ».

Ce que Montesquieu toutefois n’exprime que par aphorismes et en s’appuyant sur la science physique imparfaite de son époque^ Buckle, le premier le mit en œuvre d’une façon philosophique, et avec une telle richesse dr’illustration, qu’il est justement regardé comme le vrai créateur de

l '2 l’interprétation économique de l’histoire

la doctrine. Dans son célèbre second chapitre intitulé : (( Linfluence des lois physiques », Buckle analysait les effets du climat, de la nourriture et du sol sur le progrès social et sa base, raccumulation de la richesse.

Buckle, il est vrai, comme cela nous a été rappeé récemment (1), ne prétend pas que toute l’histoire voit interpréter à la lumière des causes externes seulement. Il nous dit bien, il est vrai, que dans les sociétés primitives 1 ’histoire de la richesse dépend entièrement du sol et du climat; mais il a le soin d’ajouter que dans un état plus avancé de la société, il y a d ’autres circonstances cjui exercent une influence égale et parfois supérieure (2). En fait, dans un chapitre ultérieur, il affirme que « l’avance de la civilisation européenne est caractérisée par une influence décroissante des lois physiques et une influence croissante des lois psychologiques et il conclut cj^ue si, <( comme il l’a montré, la mesure de la civilisation est le triomphe de l’esprit sur les agents externes, il devient clair que des deux classes de lois qui règlent le progrès de l’humanité, la classe psychologique est plus importante que la classe physique » (3). A la fin de son analyse générale, il va même jusqu’à affirmer que « nous

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