AR 0 CHE. Hnltc-lù s’il vous plaît l’ami
[A Frédéric.) Vous aviez l’air de causer avec lui?
Frédéric Quand donc?
larocue. Tout à l’heure; quand je suis arrivé.
Frédéric* Vous avez mal vu, lieuto-
nant... causer avec lui, on ne parle pas; c'est-à-dire, ça répond un baragouin...
je crois que c’est un Allemand.
ceobcb, ipart. Qu'cst-ce qu’ilditdonc? Frédéric. Un Bavarois... il en a le costume... Mais vous êtes comme moi , innn lieutenant, vous ne snvez pas un mot de ce patois-là.
Laroche. Un Allemand !.. êtes-vous sûr d’y voir bien clair?
Frédéric. Ça me fuit l'clTet d’un paysan venu à la suite de l’armée ennemie , et qui aura profité de l’armistice, pour vendre ses denrées dans ce village.
crorce, à part. Tiens, quelle bonne malice I
Laroche , frappant sur t'épaule de George.
Comment vous appelle-t-on?
ueorce , après avoir hésité. Meinheirr!
larocue. C’est juste ; je m’attendais à In réponse.
CEoRGB , montrant ses poches rides. Nix, Meinherr, nix.
Frédéric. Il veut dire qu’il n’a plus rien à vendre.
Laroche. C’est possible; avancez à l’ordre , Meinherr . et écoutcz-moi. [Il l'amène sur le devant de la seine et lui parle en le regardant fixement.) 11 ne s’agit pas ici de me tromper; je ne sais pas l’allemand, mais vous entendez le français .. si vous ne parlez pns de bonne grâce , dans une heure jugé, condamné et fusillé !.. Le drôle ne bouge point... pas la moindre émotion sur son visage.
Frédéric. C’est vrai.
Laroche C’est comme si on lui disait :
Je mus souhaite le bonjour.
Frédéric. Ou bien : Allez vous-cn. Au fait, ;e crois que ça ferait une pauvre prise.
Laroche. J’en ai vu qui savaient si bien jouerlcur rôle... cependant...