SOUS
Art. 2, — Dotation de la caisse des retraites
deJOnéraat 13: 0m. 77120 000%; Art. 3. — Bibliothèque publique de l’Opéra. 6.000 — Art. 4. — Dotation de la caisse des pensions
viagères de l’Opéra-Comique. . 5.000 —
On voit, d’après ce tableau, que l'Opéra vient en première ligne dans les crédits alloués aux théâtres nationaux, avec une subvention totale de 826.000 fr. La somme de 20.000 francs prévue au budget pour la caisse des pensions viagères de l’Opéra n’a pas toujours été la mème. Créée en 1856 par un décret modifié en 1879, ce fut au début une caisse de retraites. Un décret du 26 mars 1881 en ordonna la liquidation ; mais en considération des artistes qui se dévouaient à la prospérité de notre première scène lyrique, il décida de continuer les pensions pour les artistes déjà titulaires.
Un décret du 12 janvier 1894 réorganisa la caisse des pensions, et créa des pensions de réforme pour les artistes qui, par suite d’affaiblissement de leurs qualités artistiques, ne sont plus en mesure de remplir convenablement leur emploi.
Nous avons vu qu’en plus de la subvention de 800.000 francs, l’État accordait aux directeurs la jouissance gratuite de l’immeuble et du matériel ; maïs ce ne sont pas là les seules subventions et M. Adrien
Bernheim écrit à ce propos :
« On dit que l'Opéra de Paris a une subvention ; il serait plus juste de dire qu’il en a deux : la première, c'est la somme régulière, annuelle, votée par le parlement : 800.000 francs ; la seconde, infiniment plus importante, c’est la subvention qu'apportent les abonnements des trois et maintenant des quatre jours : là est la fortune de notre Opéra, qui, avant même queles chandelles soient allumées, a déjà dans sa caisse les : lundis, mercredis, et vendredis, une somme de 10.090 francs environ ; sans compter l’abonnement à prix réduits des samedis qui est variable. »
Il semblerait bien qu'avec toutes ces subventions notre Académie nationale de musique dût réaliser d'importants bénéfices. Et cependant il n’en est rien: depuis quelques années l'Opéra a du mal à « joindre les deux bouts » et pour cette raison il a subi de violentes attaques.
Quelques mois après leur entrée en fonctions, MM. Messager et Broussan accusaient un déficit assez considérable, et, à la fin de leur première année d’exploitation, d’après le rapport de M. Lucas, commissaire des comptes, de la commandite qui s’élevait à 1.100.000 francs, il ne restait que 300.000 francs.
Cette situation fut exposée devant la Chambre et détermina un moment la « crise de l'Opéra ». On reprocha aux directeurs la violation du cahier des charges et une campagne haïineuse d’ailleurs intem-
pestive fut menée contre eux.
Me
Certes, les directeurs n'étaient pas exempts de tout reproche : mais si l’on avait considéré les obligations imposées par le nouveau cahier des charges, et les exigences d’un public qui demande : des ouvrages, une interprétation, une mise en scène irréprochables et par suite excessivement onéreuse, on n’aurait pas hésité à leur faire crédit. De fait, l’énergique attitude des directeurs a lassé leurs adversaires les plus mal intentionnés ; et des résultats meilleurs, qui ne tarderont pas à devenir honorables, sinon brillants, prouvent que la direction actuelle est à la hauteur de la lourde tâche que le gouvernement lui a confiée.
D'ailleurs la direction de notre première scène lyrique n'est pas une sinécure!
L'Opéra est une vaste administration qui fait vivre près de 2.000 personnes et dont les rouages compliqués ne marchent pas toujours à l’unisson.
Outrele «fonctionnarisme » qui, sévissantlàcomme partout, vient entraver l’action des directeurs, et les syndicats qui les obligent par l’action directe à subir leurs incessantes revendications ; les artistes les plus capables de mettre en valeur nos meilleurs ouvrages de musique et que l'Amérique fait passer chez elle sur des « ponts d’or », réclament des cachets incompatibles avecles crédits dont dispose ladirection.
Et l’on veut faire de ce théâtre : une scène popu-
laire, un théâtre d'essai pour les jeunes!