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CHAPITRE III

Le Théâtre national de l'Opéra-Comique.

Les origines de l’Opéra-Comique remontent au début du xvirr siècle.

D'abord installé rue Mauconseil, il fusionna avec la Comédie Italienne et en 1783, s'installa rue Favart. Jusqu’en 1779, il avait joué des pièces étrangères ; à cette époque, à la suite d’un arrêt du conseil, il revint à la musique française et se consacra définitivement au genre opéra-comique qu'inaugurèrent Delayrac et Grétry.

À ses débuts, l’Opéra-Comique ne fut pas protégé. La concurrence que lui fit le Théâtre Feydeau, lui causa de nombreux déboires. Après leur fusion, l’Opéra-Comique fut administré par un comité de sept membres, dont trois nommés par le gouvernement ; les bénéfices de l’exploitation furent divisés en un certain nombre de parts qui revenaient aux

artistes de la maison : c'était une sorte de sociétariat,

o dans le genre de celui en vigueur à la Comédie-Française.

C'est avec cette organisation que l’'Opéra-Comique atteignit l’année 1822. L'Empire lui fut favorable, la subvention qu’il lui attribua était d'environ 96.000 fr.

Sous la Restauration, l'Opéra-Comique recevaitune subvention de 150.000 francs, plus 30.000 francs pour frais de loyer.

De 1833 à 1837, le taux de la subvention varia

chaque année, il fut :

En 1833, de 175.000 francs.

En 1834, de 170.000 francs.

En 1835, de 193.000 francs.

En 1836, de 230.000 francs.

De 1837 à .1871, les crédits alloués ne changèrent pas et se montèrent à 240.000 francs par an.

Après la guerre,de 1872 à 1877, la subvention baissa et ne fut plus que de 140.000 francs; puis, elle fut augmentée de 100.000 francs en 1878, s’éleva en 1879 à 360.000 francs, pour revenir en 1880 au chiffre de 300.000 francs, somme qui s’est maintenue jusqu’à nos jours. |

Les diverses directions qui se succédèrent à la tête de l’Opéra-Comique ne furent pas toutes aussi heureu ses : pour en trouver une vraiment brillante, il faut

remonter à celle d'Emile Perrin, qui présida aux des-

tinées de la salle Favart de 1848 à 1857. En 1851, cet habile directeur avait vu son privilège prorogé pour une durée de dix années. Mais, dès 1857, sentant le vent tourner par suite de la concurrence du Théâtre lyrique, il jugea bon de se retirer après avoir réalisé en neuf années un chiffre de recettes de plus de 11 millions.

Emile Perrin parti, les recettes déclinèrent ; la mal” chance caractérisa l’administration du nouveau directeur : Alfred Beaumont, si bien que le ministre de l'Intérieur Walewski, se vit dans l’obligation de le déposer par un arrêté du 26 janvier 1862.

Émile Perrin revint alors à l’Opéra-Comique et y ramena la prospérité ; mais il abandonna bientôt ce poste pour passer à l'Opéra.

La succession fut recueillie par le comte de Leuven et Eugène Ritt: dès 1868, les recettes commencèrent à baisser, et la crise de 1870 n'était pas apte à arrêter ces déficits.

Jusqu'en 1875, date à laquelle Émile Perrin, sans abandonner ses fonctions d’administrateur de la Comédie-Française où il était passé, exerça la direction intérimaire, les recettes de l'Opéra-Comi que ne furent pas brillantes.

Les beaux jours revinrent avec le retour d'Émile Perrin.

Cette année correspond à la création de l’immor-

telle Carmen de Bizet ; c’est aussi avec l’année

FE

Son.

1875 que l’Opéra-Comique inaugura la coutume de fermer ses portes pendant deux mois de la saison d'été.

En 1876, Léon Carvalho était appelé à ia direction de notre second théâtre lyrique ; il entrait en possession d’un matériel estimé 300.000 francs, qui devaient lui être remboursés le jour où il quitterait le théâtre.

Le passage de Carvalho à la salle Favart fut marqué par une ère de prospérité exceptionnelle, malheureusement interrompue par l'incendie du théâtre en 1887.

A la suite de ce sinistre, et malgré l’insistance du ministère des Beaux-Arts, Carvalho se retira.En 1890, il reprit le fauteuil directorial pour un nouveau septennat; puis le 13 janvier 1898, M. Albert Carré fut appelé à s’y installer, il l’occupe encore aujourd’hui.

Les rapports qui unissent l'Opéra-Comique et l'État, sont comme pour l’Académie nationale de musique déterminés par un cahier des charges. Celui qui régit actuellement la salle Favart date de 1898, il a été modifié en 1904 lors du renouvellement du privilège: nous passerons en revue ses dispositions essentielles.

Au titre premier : Obligations du directeur.

Article premier. — « Le directeur sera tenu de diriger le théâtre national de l’Opéra-Comique, comme

il convient à un théâtre subventionné, c’est-à-dire

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