‹ L'Intervention Administrative dans l'Art MusicalChapitre 20 sur 25 · francs pour la deuxième année · texte numérisé non relu

francs pour la deuxième année

Cet engagement pourra être résilié par le direc-

teur, mais seulement avec l’autorisation du ministre.

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Art. 47. — Les premiers prix d’opéra-comique au Conservatoire, qui n'auront pas d'engagements pour d’autres théâtres, auront droit à des débuts au théâtre national de l’Opéra-Comique.

L'époque et les conditions de ces débuts seront fixées par le ministre.

Art. 48. — Dans le cas où le directeur viendrait à cesser ses fonctions, le ministre se réserve d’apprécier quels sont ceux des engagements qui devront être maintenus par son successeur.

Cette clause devra être insérée dans tous les engagements des artistes.

Au titre VIIT : Prix des places, loges et entrées.

Art. 49. — Le prix des places du théâtre, soit en location, soit aux bureaux, sera soumis au ministre et approuvé par lui.

Titre X: Dispositions générales.

Art. 57. — Le directeur sera tenu de donner spectacle tous les jours, sauf les cas de force majeure, et les relâches ordonnés ou autorisés.

Il ne pourra faire relâche un seul jour sans une autorisation spéciale du ministre.

Art. 58. — Le directeur aura la faculté de fermer le théâtre pendant deux mois et demi durant chaque saison,

Il sera tenu de donner chaque mois une représentation populaire au tarif établi, avec location, sauf le

lundi gras et le lundi de Päques ou les veille set jours

de Noël et de Nouvel An s'ils tombaient un lundi. Il sera tenu de donner chaque année deux représentations gratuites, dont une le jour de la Fête Nationale et une matinée au bénéfice de la Caisse de retraites de l’Opéra-Comique.

Le directeur devra encore adresser, chaque mois, un état, contenant l'indication des spectacles joués le mois précédent, avec le chiffre brut des recettes quotidiennes et le total de ces recettes.

Tous les ans, la situation administrative et financière de l’exploitation sera examinée par un Inspecteur des Finances.

Au titre XI: Subvention.

Art. 70. — Le directeur recevra une subvention qui sera déterminée chaque année par un vote législatif et qui sera payable par douzièmes, de mois en mois, sauf les retenues qui pourraient être faites en cas d’amendes encourues.

Cette somme étant spécialement destinée à subvenir au paiement des artistes, ne peut devenir le gage d'aucune créance.

La subvention est versée au directeur sur la présentalion de certains états déterminés.

Au titre XII : Attributions du commissaire du gouvernement et du conservateur du matériel.

Art. 73. — Le commissaire du gouvernement près les théâtres subventionnés est chargé de surveiller

toutes les parties du service administratif du théâtre

de l’Opéra-Comique ainsi que l'exécution du cahier des charges, sauf en ce qui concerne le service d’architecture dont l’architecte du monument assurera l'exécution. Il devra adresser au ministre, tous les trois mois, un rapport sur le mode d’exploitation et sur la situation de l’entreprise.

Le conservateur du matériel est chargé de se tenir au courant de tout ce qui concerne la création, l’emploi et la transformation des décors, costumes et accessoires.

Le directeur devra mettre à la disposition de ces fonctionnaires tous les renseignements dont ils pourront avoir besoin.

Au titre XIII : Retrait de l’Autorisation.

Art. 74. — La présente autorisation pourra être retirée :

1° Sile directeur contrevient aux dispositions énoncées dans le présent arrêté. Toutefois le ministre peut infliger simplement des amendes de 1.000 à 5.000 fr. : ces amendes seront prélevées sur le douzième de la subvention à échoir ;

2° Si le théâtre reste fermé sans autorisation ;

3° Si la salle est incendiée ;

4° Si le directeur tombe en faillite ;

5° S'il est notoirement insolvable ou dans un état de mauvaises affaires ;

6° Si, par suite d’un vote législatif, la subvention

venait à être diminuée ou retirée, à moins toutefois

que le directeur ne consentit à continuer l’exploitation avec la subvention réduite ou sans subvention ; ce qu'il devra déclarer dans le mois qui suivra la notification à lui faite de la réduction ou de la suppression de cette subvention ;

7° Enfin, si par des actes personnels et à raison de circonstances que le ministre se réserve d'apprécier, le directeur a cessé de mériter la confiance de l’Administration. |

Titre XIV : Acquisition du matériel par l’État.

Art. 75. — L'État se réserve le droit d'acheter, après expertise, le matériel du théâtre national de l’Opéra- Comique. Dans le cas où l’État userait de ce droit, le ministre retiendra annuellement sur la subvention une somme équivalente à l’intérêt à 5 °/, de celle qui aura été employée à l’acquisition du matériel ; ce prélèvement continuera jusqu’au remboursement complet du prix d’acquisition.

Si l’État use de ce droit, le titre V, Acquisition et cession du matériel, sera annulé et remplacé par le titre suivant :

Titre V bis : Concession du matériel servant à l’exploitation.

Art. 76. — Pendant la durée de son privilège, le directeur auralajouissance, sous certaines conditions, de tout le matériel (décors, costumes, accessoires, musique, etc.), servant à l'exploitation et mentionné

à l'inventaire dressé par les soins du Conservateur

du matériel de l'État près les théâtres subventionnés; inventaire dont le directeur devra reconnaître l’exactitude.

Art. 77. — A l’expiration de son privilège, ou à toute autre époque où son entreprise prendrait fin, le directeur devra rendre à l’État une quantité de costumes, décorations, accessoires, marchandises neuves, etc., égale en valeur, à la totalité de ceux qui lui auront été confiés.

Art. 80.—L'Étatserapropriétaire à la fin du privilège oude l’entreprise, detoutle matériel, décors, costumes, accessoires, dessins, maquettes, partitions, archives, machineset objets mobiliers créés par le directeur, qui n’aura droit à aucune indemnité pour ces objets.

Telles sont, en résumé, les principales clauses du cahier des charges actuellement en vigueur à l’Opéra- Comique ; nous nous sommes efforcé de noter plus spécialement celles qui ont trait à la protection de nos chefs-d’œuvre, aux encouragements donnés aux jeunes talents, au nombre et à la diversité des représentations offertes au publie ; nous avons signalé également la question du matériel du théâtre, question qui donne le spectacle d’un marchandage bizarre entre l’État et la direction.

Depuis l’année 1880, les crédits consacrés à lasubvention du théâtre national de l’Opéra-Comique, se montent à 300.000 francs : ils sont les mêmes en

4910 ; il faut ajouter à cette somme 5.000 francs des-

tinés à la dotation de la caisse des pensions viagères du théâtre (Article 4 du chapitre 18 du budget des Beaux-Arts).

Cette caisse des pensions viagères fut créée en 1899; jusqu’à ce jour, le théâtre de l'Opéra était le seul à recevoir une subvention de 25.000 francs dont bénéficiaient les deux caisses : il sembla équitable de ne pas laisser plus longtemps l’Opéra-Comique à l'écart des libéralités de l’État et de prélever sur le montant de la dotation de l’Opéra, pour ne pas créer une dépense nouvelle, une somme de 5.000 francs qui représentait approximativement la part proportionnelle revenant à l'Opéra-Comique.

Le directeur de notre second théâtre lyrique s’est adjoint, comme son cahier des charges lui en donnait le droit, une société en commandite au capital de 1.500.000 francs divisé en parts de 9.000 francs dont les deux tiers seulement ont été appelés : l'Opéra a lui aussi une commandite de 1.500.000 francs divisée en parts de 50.000 francs et en demi-parts de 25.000 francs, mais dont la totalité a été appelée : en fait, l'Opéra marche donc avec une commandite d’un million et demi, et l’Opéra-Comique avec une commandite d’un million.

Loin d'être une « vaste machine » comme l’Académie nationale de musique, le théâtre de l’Opéra- Comique étouffe dans un cadre trop étroit, et c’est

merveilleux de voir le parti qu’a su en tirer malgré

des difficultés qui paraissaient insurmontables, M. Albert Carré : il faut avoir vu ces foules qui, de la salle, semblent devoir tenir un espace aussi grand que la place de la Concorde, ces défilés qui paraissent se profiler sur des kilomètres et dont les figurants sont en réalité entassés entre le mur et les décors, débordent dans les escaliers, et presque jusque dans la loge du concierge : il faut avoir visité ce foyer, intime peut-être mais d’une intimité tout de mème un peu étroite ; ces bureaux minuscules, ces loges d'artistes en miniature, et cette profondeur qui, de la salle, semble infinie et qui en réalité se parcourt en quelques pas, pour juger du véritable talent qu'il a fallu, pour faire si grand, avec du « si petit » !

M. Albert Carré avait un projet qui n’eut malheureusement pas de suite: il consistait à acheter et à transformer l'immeuble du boulevard des Italiens.

C'était une somme totale de 2.500.000 francs à 5°/, soit 125.000 francs par an dont 75.000 étaient couverts par la location des rez-de-chaussée et de lentresol ; il restait une garantie d’intérêts d’environ 50.000 francs qui rendait l'État propriétaire du tout au bout de cinquante ans.

C'était là un projet d'utilité publique, et il est dommage qu'il n’ait pas abouti! L’Opéra-Comique, sous l’habile direction de M. Carré, fait toujours salle comble et supporterait aisément, en plus d’une scène

plus vaste, un plus grand nombre de places.

En parcourant les annales du théâtre et de la musique, on peut juger l’œuvre de M. Albert Carré à l’Opéra-Comique et apprécier à la fois sa diversité et sa cohésion: diversité en tant que différences de genre des ouvrages représentés : Aphrodite et Pelléas et Mélisande. Ariane et Barbe-Bleue et La Habanera ; cohésion en ce sens que toutes ont été montées avec le même soin, le même souci de la perfection du détail, dans les mises en scène les plus simples, comme les plus compliquées.

D'un voyage d’étude sur les théâtres d'Allemagne et d'Autriche, M. Carré rapporta des principes rationnels qu'il appliqua à l’Opéra-Comique.Il a rafraichi et renouvelé le répertoire ; mais en allant à gauche, en délaissant les opéras-comiques d’Auber, de Boïeldieu, d’Hérold et de Maillard, il a rendu nécessaire la création du lyrique populaire si longtemps réclamé.

Du cahier des charges imposé à la direction actuelle, certaines clauses nous paraissent trop rigoureuses et entravent d’une manière excessive l'initiative du directeur: d’autres au contraire nous semblent ne pas être assez protectrices. On dirait que l’État s’est complu à réglementer les petits détails au détriment des grandes lignes. En instituant les « Lundis populaires », il n'a pas atteint le but visé et il n’a pas assez protégé les jeunes compositeurs qui arrivent difficile-

ment à se faire jouer sur la scène de notre second

théâtre lyrique. Nos musiciens n’ont déjà pas tant de débouchés, pour que l’État accepte de compter comme ouvrages nouveaux, des œuvres déjà représentées en France ou à l’étranger(titre IL, article 7 du cahier des charges).

La subvention de 300.000 francs allouée à l’Opéra- Comique semble suffisante pour conserver à ce théâtre le rang qu'il doit tenir. Si la situation financière de la société en commandite actuelle paraît quelque peu embarrassée, au point qu’une liquidation immédiate serait peut-être difficile, il faut s’en prendre au passé qui la créa; car à l’heure présente, le théâtre réalise d'importants bénéfices, qui lui ont permis de distribuer ces deux dernières années 7 °/, et 5°/, aux

actionnaires.

D'ailleurs le chiffre des abonnements monte sans cesse:il y a douze ans, il atteignait 270.500 francs. En 1900: (suppression du mardi) 172.141 francs. En 1906-1907: 308.738 francs. Le chiffre est bien plus considérable maintenant que le mardi a été rétabli. Il est heureux pour la gestion financière de M. Albert

Carré; il l’est moins pour les auteurs nouveaux.

Trois soirs d'abonnements et un soir de représentations à prix réduits, le lundi, font quatre représentations sur sept. Ne comptons pas les matinées. Que reste-t-il aux auteurs d'ouvrages nouveaux ?

Trois soirées. C’est peu, étant donné les œuvres à

quile succès depuis longtemps établi crée un droit d'affiche.

C'est pourquoi disparaissent de Paris des œuvres bien accueillies à leur origine. La raison? C'est l'impossibilité de leur trouver une place dans le «répertoire des abonnements » l’abonné n’aimant pas entendre plus de deux fois un même ouvrage. Cela ne donne-t-il pas matière à réflexion ?

On a critiqué la faveur dont jouissaient certains compositeurs italiens au théâtre de l’Opéra-Comique, et on a voulu l'expliquer par ce fait, qu’en Italie, le compositeur vendant sa pièce à son éditeur, ce dernier touchait les droits de l’auteur et les siens, et pouvait, par suite, se prèter à divers marchandages. Le succès constant qui accueille la musique italienne suffit pour répondre à ces insinuations ; mais n’avons-nous donc pas des compositeurs français dont la musique serait autant appréciée du public, sinon plus, et est-il bien nécessaire d’aller demander à l’étranger des œuvres, alors que nous avons dans notre pays des chefs-d’œuvre ?

Quoi qu'il en soit, il faut louer sans réserves M. Albert Carré d’avoir su donner à notre seconde scène lyrique une impulsion aussi brillante.

Nous ne pouvons mieux terminer ce chapitre qu’en citant quelques passages du rapport de M. Louis Buyat sur la saison 1908-1909 à l'Opéra-Comique.

« La saison 1908-1909 à l'Opéra-Comique, écrit-il,

a été une saison normale, alors que la précédente avait été en quelque sorte exceptionnelle.

« En 1907, en effet, la collaboration de l’'Opéra-Comique aux représentations du théâtre municipal de la Gaieté-Lyrique, avait rapporté 78.638 francs pour 84 représentations. Depuis, il semble que le théâtre lyrique municipal fasse concurrence à l’Opéra- Comique pour les représentations du dimanche en matinée et en soirée; et cependant, la moyenne des recettes du dimanche soir à l’Opéra-Comique est encore appréciable, puisqu'elle varie entre 6.000 et 7.000 francs sur un maximum de 9.500 francs environ.

« Cela dit, il faut reconnaître que l’'Opéra-Comique est aujourd’hui en pleine prospérité :

« La moyenne pour les 363 représentations données pendant la saison 1908-1909 a été de 7.061 fr. 58, et cette moyenne est d'autant plus satisfaisante que les recettes des spectacles populaires du lundi soir sont comprises dans cette répartition.

« Une moyenne de recettes de plus de 7.000 francs et des abonnements qui atteignent le chiffre de 453.648 francs prouvent assez dans quelle situation brillante se trouve à l’heure actuelle le théâtre na-

tional de l’Opéra-Comique. »

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