PAUSE
sées : les rapports entre l'Art et l'État ont toujours donné lieu à des discussions passionnées ; M. Charles Couyba dans son étude sur « les Beaux-Arts et la Nation » nous en donne une idée très nelte : « Quelles philippiques, quelles discussions ces rapports n’ont-ils pas suscitées ! Et la querelle n’est pas près de finir entre partisans extrêmes, si bien que le compromis tant de fois dénoncé,où la République se tient, risque d’être, pour de longues années encore, la seule formule d’action plausible et pratiquement efficace, quelque véhémentes que soient les protestations de ceux qui s’en indignent. C’est qu’en effet, la situation n’a guère changé ces temps-ci, pour peu qu’on veuille l’envisager d’un point de vue philosophique. Les adversaires embusqués derrière des conceptions généralement catégoriques, demeurent à peu de chose près sur leurs positions, et l’on peut en somme, si l’on veut avoir des antagonismes que suscite le problème des rapports de l'Art et de l’État une vue prompte et précise, s’en tenir aux termes mêmes de la classification proposée par nous en 1902, à savoir : trois écoles et trois formules : 4° L'Art libre dans l’État libre ; 2 l’Art collectif dans l’État souverain ; 3° l'Art libre dans l’État protecteur. »
A ces trois formules que propose à juste raison M. Couyba, correspondent trois tendances de l’économie politique : l’Individualisme, le socialisme in-
tégral, l’interventionnisme.
Cette dernière doctrine qui tient le milieu entre des tendances excessives est celle de l’école d’économie nationale que M. Cauwès défend en France depuis de longues années avec une autorité indiscutable et d’ailleurs incontestée. De ce système découle la formule, l'Art libre dans l’État protecteur: « Un examen impartial écrit encore M. Couyba, fera connaître à tout observateur, que, si insuffisante que soit cette dernière conception, elle demeure néanmoins parmi toutes les opinions qui la combattent, la moins lyrique sans doute, peut-être la moins éloquente, en tous cas la mieux intentionnée, la plus modestement utile. »
Sans chercher à ouvrir une discussion générale sur la valeur de ces trois doctrines, nous pensons qu'il est utile de rappeler les principaux arguments employés par les défenseurs de chacune de ces théories en ce qui concerne le sujet qui nous intéresse.
De tous temps, les individualistes se sont insurgés contre l’ingérence de l’État dans le domaine de l’Art ; au nom de l’inaliénable liberté que doit posséder tout artiste, ils protestent avec une égale force, et contre le droit à la protection de l'Art, que selon eux s’arroge indûment l’État, et contre l’organisation administrative de cette protection. L'État opprime l'Art disent-ils encore ; l’enseignement artistique qu’il instaure et subventionne est désuet, rigoureux, archaïque ; il y a un art reconnu officiel, admis, et un Art
libre, honni et décrié : Or, tous les grands, les vrais