LA MISSION DE S CH W ARZEN B KR G A PARIS
I. AnéU lie Schwarzenberg à Munich et à Stuttgart. — Conversation avec Bassano du 8 avril. — Audience de l'Empereur du 9. — Nouvelles conversations avec Bassano du 10 et du 11. — Impressions de Schwarzenberg. — Etats de situation des troupes remis à Narbonne. — Lettre de Napoléon à l'empereur François. — Audience de l'Empereur du 14.
— Départ de l'Empereur. — Visite à l'Impératrice.
II. Opinions pessimistes de Narbonne. — - Note de Metternich du 12 avril.
— Instructions du 14 avril pour Schwarzenberg. — Conversations de Schwarzenberg et de Bassano du 16 avril. — Nouvelles conversations du 21. — Note de Schwarzenberg du 22. — Dernières conversations avec Bassano. — Echec de la mission autrichienne. — Son départ. — Audience de Floret chez l'Impératrice.
Cependant à Paris, le retard de Schwarzenberg inquiétait de plus en plus l'entourage impérial. Bassano ne s'en cachait pas à Narbonne; il pensait qu'il y avait un (i dessous de cartes » ; il avait peur que Schwarzenberg n arrivât trop tard, quand l'Empereur aurait déjà quitté sa capitale. Le public, lui aussi, devenait nerveux : u il n'y comprenait rien, mais il s'inquiétait (1) " . L'Empereur attendait «avec impatience ». Le 14 mars, il décommandait la réception du corps diplomatique, parce qu'il espérait que l'ambassadeur arriverait dans la nuit (2).
(1) Bassano à Narbonne, 28 mars. (A. E. Autriche, 394.)
(2) Marie-Louise à l'empereur François, 18 et 31 mars. (H. H. S. A. Hof-Rorrespondenz. Briefe der Kaiserin Marie-Louise.)
330 L'IINTEUVEINTION DE L'aUTRICHE
Le 28 mars enfin, Narbonne mandait que « le prince Schwarzenberg quittait Vienne ce jour-là à trois heures du soir (1) " .
Mais, malgré l'impatience avec laquelle il sait qu'on l'attend, Schwarzenberg ne se hâte pas. Gomme Narbonne, il a mission de s'arrêter en route à Munich, à Stuttgart, Il doit expliquer aux Rois de Bavière et de Wurtemberg la marche de l'Autriche, et les assurer qu'elle n'a pas d'autre but que de « consolider les puissances intermédiaires (2) » .
A Munich, malgré un parti influent qui avait pour chef le prince héritier Louis, le passage de Narbonne avait laissé une profonde impression. Ses affirmations audacieuses sur les intentions de l'Autriche de pénétrer en Silésie avec 80 000 hommes, dès que la Prusse se serait déclarée, avait affermi le Roi un moment hésitant dans sa fidélité à la France (3). La crainte des insurrections avait fait le reste. » Il avait peur de la Prusse, de l'Autriche, mais surtout des insurrections, notait le prince de Saxe-Gobourg (4) . »
Schwarzenberg avait eu beau parler avec la plus entière franchise, dire même confidentiellement à 1 envoyé de France, le comte de Mercy d'Argenteau que son mariage avait fait presque Autrichien : " La France est assez grande, assez forte dans ses limites du Rhin, pour n'avoir pas besoin d'autres titres à son influence en Allemagne, que ceux de sa puissance même? Il faut que les villes hanséatiques redeviennent libres, que l'on renonce à l'Illyrie, que les souverains d'Allemagne soient indépendants. L'état actuel des choses ne saurait subsister. L'Autriche offre une médiation utile et favorable à la France, et pour arriver à une j)aix générale dans laquelle interviendrait l'Angleterre, il fautdessacrificesde la partde l'Empereur.»
(1) Narbonne à Bassano, 28 mars. (A. E. Autriche, 394.)
(2) Instructions de Schwarzenberg, 28 mars. (H. H. S. A. 309, Frankreich, Weisungen fiir Schwarzenberg, 1813.)
(3) 0.m;kk>, I, 336.
(4) Ja-ck\v.\ldï, 205.