‹ L'Intervention Du Médecin Légiste Dans Les Cas De Séparation De Corps Et De Divorce: Précedé De Notions Très Succinctes Sur La Séparation De Corps Au Point De Vue De La LoiChapitre 12 sur 31 · DU DROIT MARITAL · texte numérisé non relu

DU DROIT MARITAL

Uti sed non abuti.

La loi dit que la femme doit partager l’habitation de son mari et y être reçue et traitée maritalement.

Ilse peut néanmoins, bien que la loi pose ce principe, que les rapports conjugaux soient trop souvent répétés et qu'il y ait instance en séparation ou en divorce.

Ces instances reposent, soit sur la répétition exagérée des rapports conjugaux et sur les souffrances intolérables de la femme, soit sur la disproportion des organes sexuels.

11 est évident que, dans ces cas, la femme ne trouvera dans l'œuvre du mariage que souffrance et danger, et que rien ne s’opposera à la demande en séparalion.

La conformation disproportionnée du mari amênera sans doute chez elle des troubles physiques et altérera sa santé. La fréquence

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exagérée des rapports conjugaux aboutira au même résultat, surtout si la femme est déjà malade ou si elle est dans un état physiologique tel (grossesse ou lactation) à ne plus pouvoir supporter les appétits immodérés de son époux. | Il est clair que la persistance des rapports dans les deux cas (fréquence ou disproportion) peut être assimilée à des excès ou sévices, et devenir ainsi une cause d'instance en séparation. — «La loi, a dit Legrand du Saulle, a pu exiger de la femme l’obéissance, mais elle n’a pas voulu la vouer au martyre. »

Observation du D' BERGERET, résumée par M. le D' Dussac ?.

Petite femme de 25 ans. Maigre, chétive, très gastralgique et névropathique, stérile. Elle dit que son mari a un pénis si volumineux et qu'elle est de son côté si étroite, que jamais elle n’a eu le courage de le laisser pénétrer, tant ses tentatives la faisaient souffrir. Eile a un écoulement blanc fort abondant, perte d’appétit, de la dyspepsie, ete. Elle était désolée. Plus tard, elle à été obligée de quitter son mari.

Rôle du médecin légiste. — Le médecin légiste est appelé ici à jouer un grand rôle et à jeter par ses constatations les bases de plus d’une instance en séparation de corps. Mais s’il est appelé à intervenir, il ne doit pas cesser un seul instant de faire appel à une réserve et à une prudence sans bornes. |

Le médecin doit être sobre de certificats ; il ne doit pas ignorer qu'un cerlificat signé à la légère peut être le point de départ de procès ruineux pour les autres et d’une foule d’ennuis pour lui-même. — « Requis par la Justice, au contraire, il entre dans le débat de la manière la plus impartiale, il apprécie les faits qu’il a mission d’examiner et il conclut sans se préoccuper de la question de savoir si son rapport doit être interprété en faveur du mari ou en faveur de la femme. Le médecin expert ne s’ar-

1 Legrand du Saulle ; Médecine légale.

2 Dussac ; Thèse de Paris, 1878.

rête à aucune considération d'intérêt privé ; il n’a pas de client à

défendre, il n’a qu’à faire jaillir la vérité, d’où qu’elle vienne 13%

Le médecin ordinaire, qui est introduit tous les jours comme

un conseiller fidèle au sein d’une famille, doit se retrancher der-

rière le secret professionnel et céder le pas au médecin légiste que requerra le Tribunal.

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