‹ L'Intervention Du Médecin Légiste Dans Les Cas De Séparation De Corps Et De Divorce: Précedé De Notions Très Succinctes Sur La Séparation De Corps Au Point De Vue De La LoiChapitre 13 sur 31 · ACTES IMMORAUX.-—— SODOMIE CONJUGALE · texte numérisé non relu

ACTES IMMORAUX.-—— SODOMIE CONJUGALE

(Attentats aux mœurs du mari sur sa femme.)

Si une extrême pudeur est une des conditions du mariage, il est évident que l'impudeur le dissoudra.

Bazzac; Physiologie du Mariage.

Les actes immoraux, pouvant donner lieu à une instance en séparation de corps et à une expertise médico-légale, sont caractérisés par des actes contre nature que le mari impose à sa femme.

Ils comprennent le coït buccal et la sodomie conjugale, pratiqués, soitavec violence, soit d’une façon déguisée.

Certes si la femme, plus savante encore que son mari, se fait le digne émule de ses débauches, si elle se prête à des passions avilies, la Justice n’a pas à entrer dans les secrets de l’alcôve. Mais si l'épouse est inconsciente et si elle subit Lout, parce qu’elle croit qu’il faut tout subir de la part d’un mari, sa santé s’allérera peu à peu, el le jour viendra qu’interrogée par sa mère ou par des compagnes, elle dénoncera naïvement le coupable.

La Justice sera alors saisie d’une instance. Elle peut en outre recevoir une demande en séparation d’un autre ordre. Une femme ne voulant passe prêter à l’acte brutal (coït buccal ou pédérastie) que son mari voulait accomplir sur sa personne, a été maltraitée,

1 Legrand du Saulle ; Médecine légale.

21991 violentée, el a porté plainte immédiate, afin de baser son instance sur des preuves palpables et notoires.

Intervention du médecin légiste.—Le médecin légiste peut être appelé à intervenir dans le cas de coït buccal et de sodomie.

Coïr BuGCAL.— Pour le coït buccal, le fait ne pourra être constaté que s’il y a eu commucication de maladies vénériennes (circonstance aggravante), ou bien encore si la femme a mordu son mari à la verge, comme nous le verrons dans deux observations que nous empruntons au travail de M. Dussac'.

PREMIÈRE OBSERVATION

Un individu entre à l'hôpital de Tours (service du D' Herpin) vers le mois de mars 1874, porteur d'une plaie du pénis. L'enveloppe cutanée est déchirée à environ.6 centimèt. du pubis dans presque toute sa circonférence ; les lèvres de la plaie, par suite de la rétraction de la peau, sont très distantes l’une de l’autre et laissent apercevoir les corps caverneux.

Le malade raconte qu'ayant voulu forcer sa femme à pratiquer le coït buccal, celle-ci, indignée, le mordit et produisit la plaie dont il est atteint.

La plaie guérit facilement dans un laps de temps d'environ quinze jours, mais elle laissa une cicatrice circulaire et rétractile qui, en comprimant le pénis au moment des érections, produisait une douleur très vive.

OBSERVATION II

Vers la même époque se preduisait dans la même ville un fait analcgue.

Une jeune femme, mariée depuis six mois, conseillée en cela par sa mère, mordit vigoureusement la verge de son mari qui voulait qu’elle lui procurât par la succion des raffinements de jouissance qui concordaient peu avec ses idées morales. Cette femme présenta une instance en séparation basée sur ce motif, et la séparation fut prononcée.

SODOMIE GONJUGALE. — Dans le cas de sodomie conjugale, l'expertise médico-légale porte sur des actes répétés dont le mari

4 Thèse de Paris, 1878.

mi.

a déguisé depuis longtemps le côlé infâme à son épouse, ou bien sur des actes récents accomplis avec violence.

Dans le premier cas, on trouve une déformation caractéristique de l’anus, l’infund'bulum, le relâchement du sphincter et l'effacement des plis radiés.On peut trouver aussi des végétations, des excroissances au pourtour de l’anus, ainsi qu'un boursouflement de la muqueuse. Si l’action sodomique a été poussée à l’excès et si elle a été pratiquée pendant un temps très long, on pourra constater l’incontinence des matières fécales par dilatation de l’orifice anal et relâchement du sphincter, des fissures, des fistules, du muco-pus et des hémorrhoïdes. Sans parler des maladies que le mari peut communiquer à sa femme ‘blennorrhagie, syphilis), la santé générale de celle-ci sera détériorée et on pourra trouver un ébranlemeut du système nerveux provenant de l’excitation locale, et un catarrhe chronique du rectum résultant de l'excitation mécanique de la muqueuse ou de l'infection blennor. rhagique qui existe fréquemment dans ce cas. Tardieu dit qu'on peut trouver chez le mari sodomique (pédéraste actif) un gland pointu et aminci, more canum, et il rapporte cette forme à l’introduction violente et répétée du pénis dans l'orifice étroitde l’anus. M. le professeur Brouardel n’a pas confirmé les opinions de Tardieu sur ce point *.

Si l’acte sodomique est récent et a élé accompli avec violence, on trouvera sur le corps de la victime, qui a lutté, les traces de celte lutte (contusions, ecchymoses, etc.), et, du côté de l’anus, des excoriations, des déchirures de la muqueuse, et même des lésions plus profondes, telles que des symptômes secondaires d’irritation, etc.

Ces signes se rencontrent d’autant plus facilement que l’acte a été accompli avec plus de brutalité et que la disproportion entre la dimension du pénis et l’orifice de l’anus aura été plus grande.

! Brouardel ; Commentaires de Médecine légale, pag. 726.

Ps

Le médecin expert, dit M. le professeur Brouardel, pourra trouver l’infundibulum après un seul acte sodomique.

Si le mari est atteint de blennorrhagie ou de syphilis, il y aura communication de la maladie, ce qui amënera le médecin à déterminer, par un examen attentif et répété, le rapport de l'affection de la victime avec celle du mari.

De plus, si la femme a pu lutter durant un certain temps, le linge portera des taches disséminées de sperme qu’on aura soin d'analyser, et, si l’acte est récent et la visite médicale immédiate, on procédera à la recherche des spermatozoïdes dans le rectum, afin que l'expertise médico-légale soit autant que possible exacte et complète.

Observations sur la Sodomie conjugale.

PREMIÈRE OBSERVATION

Attentats eontre nature commis sur une femme par son mari, — Signes caractéristiques de sodomie : désordres très graves. (Attentals aux mœurs; M. le professeur Tarprev.)

Le fait qu'on va lire est un des plus graves que j’aie rencontrés.

J'ai été appelé, le 15 janvier 1854, à visiter la femme L..., âgée de 18 ans, mariée depuis cinq mois à un homme qui lui à fait subir tous les mauvais traitements et qui dès les premiers jours a abusé d’elle de toutes les manières.

Cette jeune femme, qui sans être bien vigoureuse ne parait pas d’une mauvaise constitution, est dans ce moment dans un état de faiblesse et de marasme qui atteste une longue et profonde souffrance; et cependant, au dire de la femme L..., cet état s’est amélioré depuis quelque temps. Elle est pâle, chétive, atteinte de palpitations avec bruit de souffle anémique au cœur, de difficulté de respirer. Les fonctions digestives ont été gravement troublées, une diarrhée très rebelle a duré jusqu’à ces derniers jours, mais à cessé aujourd’hui, La femme L... se plaint toujours d'une sensation de brisement des hypochondres, qu'elle attribue aux contusions qu’elle aurait reçues. Nous devons dire qu’il n'existe aucune trace apparente de ces contusions, circonstance qui peut tenir au temps qui s’est écoulé depuis que la femme L... est à l’abri des violences dont elle se dit

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victime. Les parties sexuelles ne sont le siège d'aucune lésion particulière. Nous remarquons seulement un écoulement abondant de flueurs blanches. Quant aux attentats, ils ont laissé des traces manifestes.

Le périnée est large et plat, d'autant plus que la maigreur est extrême. D'où il résulte que l’anus, dont les plis sont complètement effacés, n’est pas déprimé ni infundibuliforme, mais constitue un trou régulier, arrondi et comme béant au milieu du périnée. Les deux anneaux contractiles du sphincter qui formaient l’orifice anal sont relâchés à tel point que les matières ne peuvent pas être complètement retenues et que la dilatation en est pour ainsi dire permanente. Ni déchirure, ni fissure, ni hémorrhoïdes.

1° La femme L... est dans un état de maladie et d'affaiblissement qui peut être la conséquence des mauvais traitements auxquels elle à été en butte et dont il n’existe plus aujourd'hui de trac s apparentes ;

2° Cette maladie doit occasionner une incapacité de travail de plus d’un mois ;

30 Il existe sur la personne de la femme L... des traces de violences résultant d’attentats contre nature qui ont été certainement fréquents et répétés ;

4° Ces violences ont produit une déformation qui dégénère en une véritable infirmité et qui persistera toujours à un certain degré.

OBSERVATION II

Violences sodomiques d'un mari sur sa femme.

(TaRDIEU, loc. cit.)

Le 28 juin 1858, j'ai visité la dame O..., âgée de 16 ans et demi, mariée au mois de mars dernier à un Russe qui, les premiers jours de son mariage, se livra sur elle à toutes les violences les plus obscènes.

L'examen complet auquel je la soumis me permit de constater que, s’il n'existait pas de déformation très apparente de l'anus, pour peu que l’on écartât les bords de cet orifice, on arrivait, non sans déterminer de vives douleurs, à découvrir plusieurs déchirures incomplètement cicatrisées, et qui occupent toute la hauteur du sphincter. La défécation est extrêmement difficile et pénible. Des besoins sans résultats se font très fréquemment sentir. Une sensation de pesanteur douloureuse retentit en même temps dans l’anus. Les parties sexuelles n'offrent rien à noter, elles sont dans l’état qu'amènent naturellement les relations conjugales.

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La dame ©... présente du côté de l’anus les traces manifestes d’approches contre nature, répétées pendant un certain temps, et qui, malgré lPépoque éloignée à laquelle elles remontent, ne sont pas encore complètement effacées.

Ces actes honteux ont été certainement accompagnés de violences. La disposition naturelle des parties et les désordres dont elles sont le siège ne peuvent laisser de doute à cet égard.

La santé générale s’est ressentie de ces violences et est restée manifestement altérée.

OBSERVATION III

Violences sodomiques d'un mari sur sa femme.

(Tarpreu, loc. cit.)

La jeune dame R.., mariée depuis six ans, prise d’abord par son mari d’une manière régulière, puis persuadée par lui qu’il pouvait agir d’autre façon, a subi ses approches contre nature durant quelques années. Elle a très bien senti qu’il ne pénétrait pas toujours, mais que cela lui était arrivé souvent. Instruite plus tard, elle s’y est refusée et en a eu à subir de véritables violences. Nous constatons en outre un infundibulum profond, une remarquable disposition de crêtes en haut et en bas de l'orifice anal, qui est allongé, ellipsoïde et très manifestement élargi.

OBSERVATION IV

Violences sodomiques d'un mari sur sa femme.

(TarDIEU, loc. ct.)

La dame D... mariée depuis deux ans à eu a subir, pendant la première année de son mariage, plusieurs approches contre nature de son mari, indépendamment des rapprochements réguliers. Cette jeune femme, très maigre, et à qui le peu de développement du bassin donne une conformation en apparence analogue à celle de l’homme, offre une déformation infundibuliforme très marquée de l’anus, ainsi qu’une dilatation et un effacement des plis radiés de l’orifice anal, qui donnent à ses parties une parfaite ressemblance avec ce que l’on trouve chez les pédérastes.

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OBSERVATION Y !

(BERGERET

Une jeune villageoise âgée de 28 ans a épousé un homme de 30 ans, dont les instincts sont dépravés. Cet homme a déclaré à sa femme, le soir de leurs noces, qu’il ne voulait point avoir d'enfants ; alors il a mis en usage, dès le début, les pratiques hideuses de la sodomie. Cette femme, d’une santé florissante au moment de son mariage, n’a pas tardé à dépérir. Elle est devenue gastralgique, hypocondriaque. Son mari, la voyant si souffrante, s’est imaginé qu'elle se dérangeait la santé avec d’autres hommes ; il est devenu très jaloux.

OBSERVATION VI

(BERGERET

Femme de 32 ans. Elle est atteinte de plaques muqueuses à l’anus ; elle n’a rien aux parties génitales. Je lui demande si la maladie n'aurait pas pu lui être transmise par contact immédiat. Après avoir nié et hésité, elle finit par convenir que son mari, pour ne pas avoir d'enfants, la voit par là.

. Ce mari, très salace, est devenu paraplégique à 41 ans.

OBSERVATION VII

(BERGEREr.)

Femme de 42 ans. Fissure très douloureuse à l'anus, vives appréhensions, tête montée.

Lorsque je lui demande pourquoi de pareilles craintes l’agitent, elle me répond qu’elle est poursuivie de l’idée qu’elle à une mauvaise maladie ; elle voulait dire une maladie vénérienne. Cette circonstance me donne l’éveil et provoque de ma part des questions relatives à des rapports in vase indebito. Elle avoue que son mari, qui était un vrat satyre, ne la voyait pas autrement, pour éviter la grossesse, et que telle était la source de ses angoisses. Elle n'avait pourtant qu'une simple fis-

4 M. le D: Bergeret; Des fraudes dans l’accomplissement des fonctions génératrices, pag. 197.

a OR

sure que le coït avait sans doute déterminée d’une facon toute mécanique et qui guérit promptement par l’excision.

OBSERVATION VIII

(BERGERET

Femme de 40 ans, brune, bien constituée.

Rétrécissement organique du rectum qui la fait lentement dépérir et mourir.

Elle me fait la confidence que depuis longtemps son mari ne la voyait plus que par là.

Peu de temps auparavant, cet homme était venu me consulter pour une syphilis générale qui avait provoqué une alopécie complète. Mais la femme n'avait jamais eu de symptômes de maladie quelconque ailleurs que dans le rectum. D'ailleurs, dans la pensée que le mal pouvait être syphilitique, je la soumis à un traitement approprié qui fut inutile. Le rétrécissement prit tous les caractères du squirrhe.et la’fit mourir après d'affreuses douleurs.

À peine la malade eut-elle succombé que son mari, qui présentait depuis quelque temps des signes de dérangement cérébral, devint complètement fou ; il est allé finir ses jours dans une maison d’aliénés.

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