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peut reconnaître les parties fœtales à travers la paroi abdominale qu'entre le sixième et le septième mois. Au huitième mois, on sent par le vagin le ballottement de la tête de l'enfant au détroit supérieur. On peut déjà entendre les battements du cœur du fœtus dans la seconde moitié du cinquième mois.
Ces trois derniers symptômes sont les signes les plus certains de la grossesse ; mais les accoucheurs les plus expérimentés avouent qu'ils peuvent encore donner lieu à des erreurs.
Nous ne ferons que mentionner le gonflement des seins, car nous supposons que tout médecin connaît les modifications qu'ils subissent pendant le cours de la gestation. Souvent déjà ils se gonflent dans les deux premiers mois de la grossesse. Ce gonflement augmente peu à peu et devient considérable dans la seconde moitié de la grossesse.
La sécrétion lactée se montre ordinairement entre le sixième
et le septième mois, et on peut déjà à cette époque faire sortir du lait en pressant les mamelles. Le lait a d’abord une constitution aqueuse, puis devient de plus en plus consistant et en même ‘temps plus abondant. Les papilles et surtout l’aréole du mamelon prennent une teinte plus foncée par dépôt de pigment, mais cette coloration devient plus sensible pendant la seconde moitié et surtout à la fin de la grossesse. L’hypertrophie des glandes folliculaires de l’aréole, qui apparaît aussi déjà au deuxième mois, est un sympôme à peu près constant.
Nous citerons encore, mais comme signes accessoires seulement, le gonflement et le teint lie de vin de la muqueuse vaginale, l’æœdème des parlies génitales externes et des extrémités inférieures, la ligne brune, c’est-à-dire une strie pigmentée allant de la symphyse à l’ombilic et les taches des femmes enceintes.
La concomitance des signes énumérés permet d'affirmer le diagnostic de la grossesse, et cela d'autant plus facilement que
Lu DD celle-ci est plus avancée; cependant les erreurs ne sont pas rares, Stoltz cite le fait suivant f.
Une fille B... eut une perte de sang au septième mois de sa grossesse, à la suite de laquelle celle-ci semblait avoir disparu. Comine il ne reslait pas trace d’enfant, on supposa un crime. La sage-femme d’une petite localité et le médecin cantonal (quis’en rapporta au dire de la sage-femme), chargés d'examiner la fille B..., affirmèrent qu'elle avait accouché. |
Poursuivie devant le Tribunal de Vic (Lorraine), elle fut condamnée à six mois d'emprisonnement. C'était le 6 novembre 1871 que ce jugement fut prononcé et mis à exécution.
Le 24 décembre, la condamnée accouchait d’une fille bien constituée el à terme.
M. le professeur Brouardel cite un exemple semblable ?.
Dans ce cas, la fille accoucha en sortant de l’audience, où elle s'était entendu condamner pour infanticide d’un enfant mortné de 8 mois à 8 mois et demi. Les émotions des assises avaientelles été étrangères à la mort de cet enfant ?
Si, dans ces faits, l’inexpérience coupable du médecin expert ou une légèreté inqualifiable ont été les causes de l’erreur, nous devons ajouter que parfois le diagnostic reste incertain, même pour des médecins instruits et attentifs.
Pendant notre internat, dit M. le professeur Brouardel, nous avons été témoin d’une erreur difficile à éviter ÿ.
Une femme fut considérée comme ayant un kyste de l’ovaire. On fitla ponction et on reconnut, pendant que le liquide s’écoulait, la présence d’un fœtus dans ce prétendu kyste. Il y avait hydropisie de l’amnio*, et le diagnostic avait élé méconnu par les médecins et chirurgiens de l’hôpital réunis en consultation, après
1 Stolz ; art. Grossesse (Médecine légale), Nouv. Dict. de Médec, et de Chirurg., tom. XVII, pag. 98.
? Brouardel ; Commentaires de Méd, légal., pag. 730 (Hoffmann).
3 Brouardel ; Commentaires de Méd, légal., pag. 730 (Hoffmann).
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ne DA discussion des diverses hypothèses possibles. La grossesse con-
nuait son cours ; l'enfant naquit vivant trois mois après la ponction, au terme normal de la vie intra-ulérine.
2° QUESTION. — A quelle époque remonte la grossesse ? — Pour reconnaître à quelle époque remonte la conception, il faut s’en rapporter aux modifications du col et aux changements de volume et de position que subit le corps de l'utérus lui-même.
Pendant les trois premiers mois, l'utérus s’arrondit, commence à augmenter de volume, sans toutefois quitter la cavité pelvienne, A trois mois révolus, il atteint le bord supérieur du pubis. A quatre mois, il peut être senti par la palpation seule au-dessus de la symphyse. Dans le courant du cinquième et du sixième mois, il se rapproche de plus en plus du niveau de l’ombilie, qu’il dépasse vers le septième mois. Au huitième mois, l’utérus occupe la région épigastrique, et pendant le neuvième il retombe en avant et paraît s'enfoncer dans la cavité pelvienne.
À ces modifications, on ajoutera, pour établir la date de la conception, les battements du cœur du fœælus, qu’on entend à partir du quatrième ou du cinquième mois, et les mouvements actifs du fœtus, qu’on perçoit ordinairement vers le quatrième ou le cinquième mois. |
Cette question est des plus difficiles à résoudre et on n'arrive jamais qu’à un résultat très approximatif. L'accouchement sera donc le meilleur indice pour obtenir la date de la conception.
Cela posé, nous ajouterons que le médecin légiste répétera ses examens à certains intervalles et se bornera à attendre, lorsque le diagnostic n’est pas évident. Il de nandera aux juges un certain temps pour répondre aux questions qui lui sont posées, afin de pouvoir conclure sans crainte de se tromper.
C'est ainsi qu'un médecin attentif s’éclairera facilement sur la marche de la grossesse ou de la maladie qui la simule.
Si la femme contre laquelle il y a instance refuse de se sou-
LATE mettre à la visite, l'accouchement seul, si elle est enceinte, fouraira la preuve de sa grossesse.