‹ L'intervention française au Mexique: accompagnée de documents inédits et d'un long mémoireChapitre 11 sur 41 · RÈGNE · texte numérisé non relu

RÈGNE

Nous sommes édifiés dès à présent : M. Pacheco n'est pas un néophyte, c'est un frère fervent

Il faut que les Puissances européennes interviennent!

Pendant que M. le vicomte de Gabriac ira apporter

son influence salutaire auprès de l'Empereur ^ M. Pacheco travaillera à Mexico pour arriver au triomphe des idées qu'il patronne auprès de son gouvernement.

M. Dubois de Saligny, le digne successeur de M. de GabriaCy arrivera bientôt pour Taider dans sa tâche.

Suivons M. Pacheco jusqu'à Mexico. A son arrivée^ il présente ses lettres de créance à Miramon, et il s'installe dans cette ville comme représentant de TEspagne^ accrédité auprès dudit président.

Nous déclarons, avec une entière conviction^ qu'à l'époque de l'envoi de M. Pacheco au Mexique, TEspagne était déjà convertie à l'idée d'une monarchie en Amérique. Les conspirateurs mexicains avaient réussi, à Paris et à Madrid^ à faire prévaloir cette pensée.

La difficulté gisait dans le choix du souverain à placer à la tète du gouvernement monarchique.

Les Mexicains désiraient ardemment l'archiduc Maximilien d'Autriche, retiré à Miramar. La France approuvait ce choix.

Mais ce jeune prince hésitait.

Ses hésitations rendaient possible la combinaison que caressaient les Espagnols, au sujet d'un prince de la maison de Bourbon.

Cela ne pouvait convenir à la France. Entre celleci , désintéressée ou paraissant l'être, et TEspagne^ directement intéressée, toutes les chances de succès étaient pour la première.

Les deux rêvaient le même but, mais par des moyens différents ; de là les réticences qu'on trouve dans réchange des dépêches entre l'Espagne et la France.

L'attitude ferme de TAngleterre empêchait évidemment toute tentative. Il fallait la vaincre ou l'entraîner.

Le prétexte manquait encore. Il ne se fit pas attendre : déjà M. Pacheco faisait entendre des cris de détresse. En écrivant à son gouvernement, il lui dépeignait la triste situation dans laquelle se trouvait le Mexique, par suite de la lutte établie entre Juarez et Miramon.

Le 24 septembre 1 860, il écrivait :

ce II est nécessaire que l'Europe non pas lui

AU MRXIQUE. 11

(Mexique) conseille, mais lui impose la liberté, la discipline, Tordre.

« Pagheco. x>

Imposer la liberté ! Cela conduit à Tacte arbitraire de ce général qui s'est rendu célèbre en obligeant un honnête commerçant à être préfet , sous peine de six MOIS de prison.

On ne devait^ du reste, attendre mieux de Tadmirateur des idées de M. le vicomte de Gabriac. L*hoinme frivole ne pouvait tarder d'apparaître, et, dans une prochaine dépêche, on le retrouve.

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