A M. LE MINISTRE D'ÉTAT DE S. M. C
Mexico, 28 novembre 1860.
« Notre position 8*est beaucoup améliorée, et la considération qu'on a pour moi est beaucoup plus grande qu'il y a trois mois. Je ne sais si Votre Excellence a remarqué que l'on ne vole plus et que l'on n'assassine plus les Espagnols, comme dans les époques passées.
« Que Votre Excellence me permette de me féliciter de mon habileté ou de mon bonheur. • . .
« Pacheco. »
Commejit tous les gouvernements européens n'ont- ils pas confié la protection de leurs nationaux à un si habile homme !...
Enfin, le T' décembre, M. de Saligny arrive à Vera-Crnz.
L'accueil que lui avait fait à la Havane le gouverneur général de Tîle avait été des plus gracieux. C'est un canot d'une frégate espagnole, alors sur rade de Vera-Cruzy qui avait servi pour aider à son débarquement.
On ne pouvait moins faire pour le ministre qui avait mis ses bons offices à la disposition du gouverneur de la Havane, pour régler l'affaire de la capture par Juarez, d'une barque espagnole, la Maria Cmcepcion, laquelle fut^ du reste, déclarée de bonne prise.
M. de Saligny était parti de Paris en parfaite, connaissance de cause sur la situation du Mexique.
Le nouveau ministre allait préparer une monar-
chie au bénéfice de Tarcbiduc Maximilien d'Autriche.
Doué d'une intelligence remarquable^ peu soucieux des moyens à employer pour atteindre son but, capable d'un grand ascendant sur ceux qui rapprochaient, il était tout à fait l'homme de la circonstance.
Ses deux successeurs ^ de Montholon et Dano surtout, sont bien loin de le valoir.
Quand M. de Saligny passa à la Havane^ la possibilité d'une intervention armée de TEspagne^ agissant seule, sous le prétexte de la capture de la Maria Concepciorij dut nécessairement Teffrayer.
11 lui fallait être sur le terrain et le préparer^ afin de faire naître un motif pour une intervention de la France. Il lui importait de gagner du temps.
Un désaccord était survenu entre le gouverneur de Cuba et M. Pacheco. Il sut adroitement s'oQiir comme intermédiaire entre ces deux personnages, gagner les bonnes grâces du maréchal Serraoo, et en même temps celles de son collègue. Autant on avait à craindre de l'Espagne^ autant il importait de la subjuguer.
Aussi^ à son arrivée à Vera-Cruz, s'em pressait-il
d'écrire une lettre des plus flatteuses au maréchal Serrano.
tf Je vous félicite de votre conduite prudente.
« Vous avez sauvé vos nationaux et empêché que le gouvernement de la reine s aventurât dans une entreprise remplie de périk et de difficultés^ dans laquelle l'Espagne n avait à recueillir ni gloire ni profit
tf Db Saugnt. m
Une fois ses batteries bien dressées à Mexico, il devait bientôt changer de langage et démentir, par ses conseils violents^ la prudence qu'il savait si bien vanter alors pour le bénéfice de sa cause.
A la fin de décembre, Miramon^ battu par les troupes fédérales à Cualculalpan^ s'enfuyait, laissant la place à Juarez ; et le président faisait son entrée à Mexico le 1*" janvier 1861 .
Quelques jours après, M. Pacheco ainsi que ses collègues y le nonce apostolique et les ministres de Guatemala et de l'Ecuador^ qui avaient reconnu Mira^
AU M£XIQU£. 15
moD, reçurent Tordre de quitter le sol de la république.
Cette mesure qui les frappait était toute personnelle.
Le gouyemement républicain était dans son droit, en chassant de la capitale celui qui écrivait en Europe, qu'il était nécessaire d'intervenir pour im^ poser la liberté au Mexique.
Le clergé avait appuyé Miramon de son influence et de son argent. L'ordre, qui expulsait Mgr démenti^ avait pour motif : <c la participation scandaleuse du clergé à la guerre civile. »
Quel gouvernement européen eût hésité à prendre pareille mesure? .
M. Pacheco, en se retirant, protesta et déclara laisser les archives de sa légation et les sujets de Sa Majesté Catholique^ sous les garanties du djroit des gens^ et aux soins et protection du trèsexcellent Ministre de S. M. TEmpereur des Français.
Les événements servaient M. de Saligny et ses amis, mieux qu'ils ne l'auraient espéré.
L'intervention était dès lors imminente.
Un homme moii^s intelligent et moins habile que M. de Saligny aurait pu se découvrir au milieu d'un pareil auoeàs.
i6 L'INTERVENTION FRANÇAISE
Il sut bien se mettre en garde contre tout soupçon.
Il employa tous ses efforts à obtenir une satisfaction à l'Espagne pour le renvoi de M. Pàcheco.
II l'obtint^ ou du moins il écrivit qu*il l'avait obtenue, quitte à se voir démentir plus tard. Il savait bien que tout ce qu'il pourrait faire et obtenir était désormais inutile.
Le renvoi de M. Pacheco avait dû produire une grande indignation à Madrid; il fallait en profiter. Il n'y avait pas une minute à perdre. Il le savait. Il se mit immédiatement à Tceuvre.
S'adressant au gouvernement espagnol^ dont il était devenu le représentant , depuis le départ de M. Pacheco, il ne craint pas de démentir ce que, peu de mois auparavant, son collègue, l'émule de M. de Gabriac, écrivait à son gouvernement, en lattribuant à son « habileté » ou à son «^ bonheur » ; et, le 29 avril, il écrit au maréchal Serrano :
(c II n'y a pas de jours où les Espagnols ne soient en butte aux plus déplorables excès.
a SaLIGNY. tè
Daiïs toutes ses dépêches^ soit pour TElspagne, soit pour la France, le ministre français se plaint avec cette passion , cette âcreté qui étaient propres à son tempérament.
Le 2 avril, sir Charles W^ke s'embarquait sur le paquebot anglais pour le Mexique^ où il allait représenter le gouvernement de la reine Victoria auprès du président Juarez.
On est frappé immédiatement du ton modéré qu'on trouve à chaque ligne des instructions données par le « Foreign-Ofi&co » à ce diplomate^ au moment où M. de Saligny lance ses attaques les plus acharnées.
M. Wjke va réclamer le payement des dettes unglaises, et lord John Russell lui signifie simplement et sans emphase : « Vous devez éviter toute offre de médiation qui n'aurait pas été demandée. »
n est bien certain que ce langage si sage, si prudent qu'il fût, ne pouvait empêcher que le Mexique ne se trouvât dans un état de désordre complet. M. Wyke le constate bien vite par ses dépèches au gouvernement de la Reine; mais, s'il l'engage à ne pas reculer devant une occupation des ports de Vera^Crua et de Tampico, pour recouvrer le paye-
ment de ses créances, au moins ne conseille-t-il pas une intervention dans les affaires intérieures.
Les conspirations à Textérieur, les troubles à rintérieur, n'étaient pas faits pour arranger les affaires du Mexique.
n fallait prendre des mesures énergiques.
L'argent manquait^ et on était assailli de réclamations.
Ce n'était pas à Juarez qu'on devait attribuer cet état de choses.
n consulta les représentants de la nation^ leur exposa les dangers de la crise que le pays subissait.
Le manque d'argent était la principale cause du désordre. On ne pouvait songer à oi^aniser quoi que ce fût, puisqu'on ne pouvait rien payer.
La lutte de Miramon contre le président constitutionnel avait épuisé les ressources; et les dépenses de la guerre, le vol à ntain armée de la caisse de la légation anglaise, ainsi que l'emprunt fait à la maison Jecker, avaient créé des charges nouvelles.
Sans se laisser ef&ayer par les dangers d'une décision suprême, confiant dans la sagesse de ceux auxquels il aurait à rendre compte de la loyauté de
ses intentions^ Juarez fit décréter, le 1 7 juillet : que^ pendant deux ans^ les payements des conventions étrangères seraient suspendus. Mais le congrès de r Union prenait, en même temps^ toutes les mesures pour se mettre à même, après ce délai, de satisfaire à toutes les exigences.
Il était facile de prévoir les protestations énergi' ques contre cette mesure, des ministres de France et d'Angleterre, alors présents à Mexico.
Que fit Juarez? Il chargea immédiatement son ministre Zamacona d'expliquer à sir Charles Wyke, ministre d'Angleterre, la conduite du gouvernement de la république.
M. ZAMACONA A SIR CHARLES WYKE.
(Extrait.)
Mexico, 21 juillet 1861.
a Le gouvernement mexicain a fait des efforts surhumains pour remplir fidèlement ses engagements internationaux^ et il peut en montrer des résultats peu ordinaires^ comme on peut le voir par le bilan actuel de la dette mexicaine, qui n'a pas subi un changement très-notable par Tétat continuel de ré-
20 INTERVENllON FRANÇAISE
volution. Au contraire, durant cette crise, la position des créanciers étrangers a été améliorée; au milieu de ses plus grands embarras, la nation a été jusqu'à augmenter le taux d'intérêt de la dette publique, et s'est ainsi privée de moyens à sa disposition pour terminer la guerre civile; en d'autres termes, la nation a payé l'or de ses créances avec le sang de ses citoyens.
a Depuis le commencement de la révolution, la république a eu soif de paix, d'ordre et de sécurité; mais le gouvernement actuel, pleinement convaincu qu'il ne peut se relever que s'il peut compter sur des moyens réels d'action, a hésité longtemps avant de mettre la main sur les fonds destinés au payement de la dette étrangère ; son respect pour ces fonds était, en effet, si grand, qu'il a préféré sacrifier ses engagements envers les Mexicains, fouler aux pieds les principes les plus chers au pays ; bien plus, il a emprisonné jusqu'aux personnes les plus respectables, afin d'obtenir des ressources par les sommes payées pour leur relâchement, plutôt que de toucher un centime des assignations destinées aux conventions diplomatiques et à la dette de Londres. Si odieux que fût cet expédient, et bien qu*il
ait servi à prouver la bonne foi du gouvernement envers les autres nations étrangères, il n'a pas été et il ne sera jamais efficace ; et le gouvernement doit s*en écarter de nouveau pour agir d'après d autres principes, et dans le but déterminé de réorganiser complètement l'administration et d'avoir recours pour le faire, non plus à des expédients temporalres^ mais à un système de taxation de nature à rendre une nouvelle irigueur au gouvernement, en abolissant immédiatement^ et pour toujours, Tancien système des impôts forcés.
(c Pour remettre ce principe à exécution, la république a besoin de son revenu entier et de personnes consciencieuses et capables de l'administrer; telle est l'intention de la loi que le soussigné a Thonneur de communiquer à sir Charles Wyke. Le gouvemement actuel de la république doit satisfaire^ d'un côté^ aux exigences de la société et de la civilisation, pour Tordre et les garanties; et^ d'un autre, aux demandes des créanciers étrangers sur presque tout le revenu public. Dans ces circonstances^ le gouvernement ne pouvait hésiter sur la marche à suivre. La nation, en obéissant aux cris de la société et de la civilisation^ a cédé à une pression trop forte pour
qu elle pût la supporter; mais elle a agi ainsi uniquement afin de recouvrer sa force et de reprendre son fardeau. Le gouvernement du soussigné est l'auteur des mesures contenues dans le décret ciinclus, et il est possible qu'il soit le premier gouvernement de ce pays^ qui ait religieusement et honnêtement entrepris Texamen sérieux de la nature de ses obligations et de ses moyens de les remplir. Il est impossible au Mexique de tenter une réforme administrative ou le rétablissement de Tordre et de la paix^ si\ a à supporter la charge de la dette nationale.
a Pour être en état d'écarter en quoi que ce soit les nombreuses questions qui ont si incessamment occupé Tattention des représentants étrangers et du ministère des finances; pour en finir avec le système des emprunts forcés; pour se libérer de la nécessité de rompre avec ses principes libéraux en surtaxant les importations étrangères; en un mot, pour se procurer quelque partie de Targent maintenant payé par les douanes maritimes pour Textinction de la dette, il est nécessaire que le gouvernement ait un court répit^ durant lequel il puisse recouvrer luimême ses fonds et user pendant quelques jours de
8on revenu en totalité. Dans ce cas^ par une conduite convenable et par Téconomie^ Tordre public et la tranquillité seraient rétablis; et le revenu du pays^ sauf ce qui est absolument nécessaire pour la protection de la société, serait mis à part pour le payement des arrérages. Le gouvernement du soussigné considère qu*un débiteur, aussi longtemps quil est mû par des sentiments honorables et qu'il est bien déterminé à remplir complètement ses engagements, ne manque pas à sa dignité en s adressant lui-même à son créancier et en confessant franchement que, temporairement, il est incapable de payer ses dettes, et que le seul but que le gouvernement a maintenant en vue est de prouver au monde qu'il est réellement et vraiment résolu à tenter des réformes administratives dans le pays^ comme étant le seul moyen de produire une amélioration dans sa condition politique. Le gouvernement comprend parfaitement qu'il a à lutter contre l'impression défavorable causée par les abus et les irrégularités permises dans d'autres temps ; mais il ne doit pas échapper que s'il a hérité de cette nouvelle difficulté^ en addition aux précédentes contre lesquelles il a à combattre, il a d'autant moins à en
î« L^INTERVENTION FRANÇAISE
êlie boDteui, que ce n'est pas là un cas exceptionnel dans les annales des révolutions mexicaines, ni TceuTre de la présente administration. Une nation, comme un individu^ a le droit de demander i être jugée diaprés ses propres acteS| et non pas conformément à des préjugés préconçus ou à des comparaisons partiales. Lorsque le président de la i^md- Mique réunit les membres du gouvernement actud, ebaeun d*eux accueillit, avec une intention sérieuse et bonnète» Tidée de lutter sans peur contre les diffieultés du problème de la solution duquel dépendait la ^nrande question de la réforme. Ils savent que la ualiou ne manquait pas d'éléments matériels pour etile œuvre ^ mais seulement d'une organisation e^Mivenable. Ijes éléments nouveaux ne manquent ui;^ non plus y n*a-t-on pas des preuves du contraire 4Jbii$ le dê&ir général de voir arriver un temps où, ^« IWu et place des promesses honteuses et intéres- ^if^ d'une minorité frivole et corrompue, on élèverait ijk^ in^liUilions durables de nature à assurer w.v Me\ivdiius« comme aux étrangers, Thonneur, la w«i ut ti» biens? Le gouvernement sait que la na- UMU ^ tu<$M ^ ^^ ^^^ d'anarchie, qu'elle maudit Itf^ iibu» ^ ^ MçUgence qui ont amené sa ruine et
son discrédit; il sait que la majorité du pays ne demande que des intentions honnêtes au pouvoir dominant, et celui-ci n'hésitera pas à consacrer tous ses efforts à répondre à un aussi juste appel. Le cabinet dont le soussigné est membre met son orgueil dans la fermeté de ses intentions, et il croit mériter la sympathie et la coopération des représentants étrangers^ dont la présence n'est pas seulement une protection pour les intérêts spéciaux de leurs nationaux, mais dont la mission a pour but la cause de rhumanité et de la civilisation.
« Si le gouvernement avait hésité à adopter les mesures d*une réforme financière radicale, il aurait été forcée contrairement à ses principes et à son inclination^ à imposer de nouvelles taxes sur les importations étrangères ou à se résigner à voir tous les intérêts sociaux engloutis par le fleuve de Tanar* chie; c'est pour éviter ces deux, extrêmes que le gouvernement, guidé par sa conscience et son patriotisme^ a proposé le plan contenu dans le décret ci-inclus. »
ce Zamacona. »
Après avoir reçu une pareille dépêche^ ne valait-il pas mieux^ au lieu de rompre toute relation avec Juarez^ lui venir en aide et abandonner le projet de renverser la république , pour la remplacer par une monarchie qui devait évidenmient 6tre impuissante ^ et qui , de plus^ préparerait dans lavenir de graves complications avec les États-Unis?
Disons le mot : la France croyait à une guerre prolongée des États-Unis du Nord avec les États confédérés du Sud.
Elle espérait dans le succès des confédérés.
L'idée de M. de Gabriac : « qu'il fallait empêcher la suprématie sur le monde entier de ce peuple sans frais^ » avait des prosélytes en France.
Les événements les ont cruellement confondus !
En réponse aux explications de M. Zamacona, M. Thouvenel prescrit à M. de Saligny <r d'exiger du gouvernement mexicain le retrait de la loi du 17 juillet. M
Mais là ne s'arrêtent pas les exigences : « la république doit supporter rétablissement dans les ports de Tampico et de Yera-Cruz, de commissaires désignés pour assurer la remise, entre les mains des Puissances qui y ont droit, des fonds qui doivent
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être prélevés à leur profit, en exécution des conirentions étrangères, sur le produit des douanes du Mexique. »
Si le gouyemement mexicain se refusait à accepter ces conditions, M. de Saligny devait immédiatement quitter Mexico.
C'est ce qu*il fit en effets le 6 décembre 1 860. On n'attendit pas sa réponse; on travailla sans relâche à rintervention collective des trois Puissances ; et, le 2 octobre, avant de connaître l'attitude du gouvernement mexicain devant les sommations qui devaient lui être faites^ M. Wyke était également rappelé et avait Tordre de se rendre à la Jamaïque. L'alliance était consommée !
Les États-Unis avaient de graves reproches à faire à cette époque au gouvernement meiicain.
Celui-ci était son débiteur. Mais M. Seward comprenait les difficultés sans nombre que créait au gouvernement un état de détresse que le temps seul^ et beaucoup d'énei^e, pouvaient détruire.
Comme nous l'avons expliqué^ Juarez ne se trouvait pas devant une simple révolution issue de la veille^ et qui l'attaquait derrière des barricades. Il avait à lutter contre cinquante années de révolu-
lions, contre des préjagés que lui avait laissés en héritage Todieuse inquisition, satellite de U conquête espagnole.
A cela s'ajoutaient la guerre civile , et des dettes énormes.
Juarez n'avait ni soldats ni ai^nt.
Aussi M. Seward^ qui envisageait fraûchement b question, écrivait-il le 6 avril 1861 à M. Gor^in^ son représentant à Mexico ;
f Malgré les sujets de plaintes fondées des États- Unis contre le Mexique , le président ne les fera pas valoir pour le moment ; t7 attendra que V administration actuelle ait eu le temps de cimenter son autorité.
a II faudra faire entendre que les réclamations seront présentées en temps opportun.
a Sewàrd. »
La période de septembre à la fin d'octobre, époque de la convention de Londres, signée par les trois Puissances, est très-importante et très-curieuse.
Nous avons spécialement étudié les événements qui se sont succédé pendant ces trois mois, pour bien nous affermir dans nos opinions.
Nous livrerons avec loyauté tous les documents que nous avons entre les mains, pour qu'on décide avec impartialité.
Le public et l'avenir seront juges.
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