‹ L'intervention française au Mexique: accompagnée de documents inédits et d'un long mémoireChapitre 16 sur 41 · RUSSELL · texte numérisé non relu

RUSSELL

Voilà les paroles prophétiques du ministre anglais, dans les premiers jours de 1862^ au moment où Almonte s*embarquait pour rejoindre Miranda et Miramon^ qui le précédaient de quelques jours sur le

sol mexicaiD. Le sort en était jeté. En décembre i 861 j les escadres cinglaient vers les côtes mexicaines.

Elles emportaient avec elles le corps expéditionnaire allié.

CHAFITBE m.

I^snhedemalca ieatog .qaifargMphgtardpIwi ou moins biai eEfUqaé^^ le eoips eipédîtioiuiaîite

espagnol, qui étaûl mmi à b HaTuie, ëlail pinî fort à la hâte pour Ycra-Cniz^, et le génénl Gassel « qui le commandait en attendant rarrÎTée du généfil Prim, commandant en chef, arrÎTait devant cette ville, le 1 5 décembre 1861 .

Le gouTemeur de la place lui fit immédiate* ment savoir qn*il ne ferait aucune résistance, en cas d'attaque, et qu'il allait se retirer, à une certaine distance de la ville, pour y attendre les ordres du gouvernement de Mexico.

Le géDéral espagnol occupa^ sans coup férir, le 17^ la ville et le fort de Saint-Jean-d*Ulloa^ que les autorités et les forces juaristes avaient abandonnés, sans les défendre*

Le capitaine de vaisseau de Ghaillié| qui commandait la station navale française prit^ en présence de cet acte inattendu, toutes les précautions nécessaires pour réserver les droits de la France.

Il spécifia^ que : a dès que les troupes firançaises arriveraient^ elles occuperaient le fort et la ville, conjointement avec les troupes espagnoles , que tous les versements faits seraient justifiés par une commission mixte y et que le blocus serait établi, en commun, avec les navires français et anglais.

M. de Saligny, qui avait quitté Mexico le 6 décembre^ arrivait à Yera-Cruz^ le jour même où les E£l{)agnols en prenaient possession.

Grande fut sa surprise et plus grande encore son inquiétude !

Soudain^ le 25 décembre^ on apprend Tarrivée de Doblado et d'Uraga aux environs de Vera-Cruz, à la Tejeria.

Uraga commandait en chef les forces républicaines.

Cet officier invite les d'plomates étrangers à se rendre à son quartier général, pour conférer ayec lui.

M. de Saligny demande immédiatement un saufconduit au général espagnol pour répondre à Tinvitation d'Uraga. Il se fait accompagner par M. le capitaine de yaisseau de Ghaillié.

L'occasion était belle pour le ministre de France, de dissiper ses inquiétudes, et de déjouer les intentions secrètes qu'il soupçonnait chez le général espagnol.

Il ne la laissa pas échapper.

Il n'est pas sans intérêt de faire connaître ici lopinion qu'avait M. de Saligny des Mexicains, en général, et du général Uraga en particuUer. Dans une lettre, écrite le 22 novembre i 861 , au gouverneur général de Cuba, il disait :

« Le général Uraga, nommé général en chef de l'armée d'Orient, est un homme de cinquante et quelques années, assez brave, mais léger, présomptueux, faux au dernier point et menteur comme un Mexicain, m

C'est avec ces convictions qu'il aiTiva au rendez-

62 L'INTERVENTION FFIANÇAISE

TOUS de la Tejeria. Là, rien ne fut épargné pour séduire le général mexicain. Promesses de toutes sortes lui furent faites pour l'engager à aider à établir un nouveau gouvernement à Mexico, parce quon ne traiterait pas avec Juarez. M. de Saligny affirmait qu'il parlait au nom de TEmpereur des Français.

Tout cela ressort d'une lettre que nous produirons plus tard.

La rupture de la convention de la Soledad n'estelle pas expliquée déjà maintenant?

Et ces discordes entre le ministre anglais et le ministre de France^ que nous verrons éclater au mn des conférences j pourront-elles étonner quicoiique saura, que dans cette même lettre écrite au gouverneur de Cuba , M. de Saligny traitait également le ministre d'Angleterre de « diplomate de nègres ! v

Nous ne connaissons pas M. Wyke, mais sa con> duite ainsi que la lecture de ses dépêches nous prouvent que, si M. de Saligny avait agi avec laloyauté, et surtout avec le désintéressement de son collègue, il eût épargné à la France les déboires de lexpédition du Mexique.

Le journal espagnol ïBeraldOy du 29 août 1862, avait reproduit la lettre de M. de Saligny au maréchal

Serrano. Dès qu'Uraga en eut connaissance, il écrivit de Guanajuato la lettre suivante au ministre français.

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