‹ L'intervention française au Mexique: accompagnée de documents inédits et d'un long mémoireChapitre 19 sur 41 · D'ORIENT · texte numérisé non relu

D'ORIENT

10 février 1862.

a Général en chef , « Jusqu'à aujourd'hui, on a toléré que les forces des Puissances alliées étendissent leurs opérations en dehors de la place de la Yera-Cruz ; mais il serait

déshonorant pour la patrie, et indigne d'uii général mexicain, d'assister impassible à la suite de ces nouveaux outrages.

<c Je fais donc savoir à M. le général en chef dei forces ci^essus mentionnées, qu'il ait à les maintenir dans leurs positions actuelles, qui sont : la Tejeria^ Medellin, Paso del Toro et Saq Juan lx>ma de Pledra^ sans avancer davantage,

a Dans le cas contraire, je considérerais les hostilités comme ouvertes et la guerre comme déclarée de leur c6té^ et j'accomplirais le devoir sacré que les lois de mon pays m'imposent^ comme général en chef du corps d*armée destiné à la défense de l'Orient.

« Liberté et réforme.

« Zarâgoea. »

Dans l'impuissance où ils étaient d*entrer en campagne^ les représentants des Puissances se trouvèrent bien embarrassés en présence de cette signification énergique du jeune général républicain.

Ils prirent le sage parti de se plaindre au gouvernement de Mexico, pour éviter, disaient-iUi « 1^

désastres d'une guerre dont l'issue ne pouvait être douteuse. »

Dans la nuit du 1 5, deux dépêches arrivèrent de Mexico. Dans la première^ le gouvernement se portait garant de la subordini^tion du général Zaragoza pour l'avenir, et^ dans la seconde^ Doblado annonçait qu'il se trouverait^ le 19^ au rancho de la Purga^ pour y conférer avec le général Prim.

Le 1 8, Doblado pria celui-ci de vouloir bien pousser jusqu'à la Soledady qui offrait plus de commodités que la Purga, ou bien il offrait de venir luimême à la Tejeria.

Le comte de Reuss partit de Yera-GruZj le 19, au point du jour, avec une escorte de cinquante cavaliers, après s'être mis préalablement d accord avec ses collègues.

Les généraux Doblado et Zaragoza l'attendaient, à une lieue de la Soledad^ avec une voiture. Il y prit place avec eux, et, à dix heures, les deux plénipotentiaires se retiraient dans une maison de ce village.

Nous ne savons pas si le général espagnol comprenait la gravité de la mission qu'il allait accom*-

plir, s'il avait bien saisi les conséquences funestes qui pouvaient en résulter. On doit^ en tous cas^ lui savoir gré de l'avoir acceptée, et nous pouvons le louer d*en être sorti à son honneur.

Il est important de donner un aperçu succinct des sentiments dont le général Prim était inspiré en allant à la Soledad, ou^ si Ton veut^ des sentiments dont il dut être inspiré à la Soledad^ si nous en jugeons par le langage qu'il y tint dans son entrevue avec Doblado.

Avant toute chose, il s'agissait pour lui de bien définir le but de l'expédition. Ce but était : de demander et la satisfaction due pour les offenses reçues et le payement des dommages causés.

La question de réorganisation du pays ne devait évidemment venir que plus tard^ comme question officieuse. Or, avant la conférence de la Soledad, le gouvernement meiicain avait déclaré hautement, qu'il possédait les éléments suffisants, pour pacifier le pays et pour consolider l'administration. Il le faisait déclarer de nouveau à la Soledad, et, tout en remerciant les alliés de leurs intentions amicales et pacifiques, il ne croyait pas devoir accepter leurs bons offices.

Le UŒud de la question était là. Si l'on avait foi dans ces déclarations^ on ne pouvait exiger du Mexique autre chose que ce qu'on exige en général des puissances : un traité, une garantie.

Si Ton n'y avait pas foi, il était inutile de parlementer, il fallait aller en avant.

Mais du moment que Ton paraissait pouvoir accepter une garantie, ce qui ressort évidemment de lacceptation par les alliés d'une conférence à la So-

ledad, et que le gouvernement mexicain ToCTrait, et afGrmait devoir tenir ses promesses, il fallait y croire et traiter sincèrement avec lui. Nous avons Tintime conviction que le général Prim croyait, lui, aux promesses du gouvernement de Juarez !

Voilà pourquoi, tout en le louant d'avoir consenti à traiter, nous trouvons que Tacte qu'il signa à la Soledad n'était qu'une demi-mesure qui pouvait encore servir, un jour, les projets cachés du ministre de France. L'avenir le lui a bien prouvé!

Le général Prim avait vu par lui-même que le parti monarchique n'avait aucune racine dans le pays; il écrivait dans ses dépêches : que ce parti était insigniûant. Or, il n'ignorait pas, il savait peut-être mieux que tous ses autres collègues, que le but de

9 k L'INTERVENTION FRANÇAISE

M. de Saligny était : d'établir une monarchie au Mexique, au bénéfice de la France.

Ces dernières considérations, surtout, aojraient dû évidemment l'engager à signer des préliminaires plus catégoriques que ceux qu'il signa^ pour préserver le gouvernement mexicain contre un pareil danger.

11 espéra, sans doute, en agissant loyalement comme il le fit, arriver ainsi à un résultat honorable pour tous.

Voici le texte de cette convention :

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