‹ L'intervention française au Mexique: accompagnée de documents inédits et d'un long mémoireChapitre 36 sur 41 · DOUANES MARITIMES · texte numérisé non relu

DOUANES MARITIMES

Du Golfe 7 632 005 73

Du Ptcilîquo 2 988 7S6 61

DOUANES DE l'iNTÉRIEUR.

Droits sur la consommation (Alcabalas), pa-

\ïm^ timbre, (>^ag6s, diverses branches. • 6 941 960 24 lîoutrihutions directes i 538 382 62

19 ICI 135 20 I«^ diunue de \'era-Cruz entre dans ce total pour la somme de 4 878 735 46

cinq fois Monterey^ deux fois Chihuahua, se monteraient à seize millions de francs 1 Le gouvernement impérial mexicain ne pouvait pas prévoir, et il n'aurait pu admettre^ qu*au bout de trois ans d'une guerre ruineuse, le commandant en chef de Tarmée franco-mexicaine, forte de cinquante mille hommes, n'aurait pas encore réduit à l'obéissance les riches provinces de Guerrero, de Tabasco, de Chiapas, où pas un soldat français n'a paru# Il ne pouvait pas supposer surtout, qu'après ces trois années de guerre, grâce à l'inaction du commandant en chef ou à ses dispositions, tous les vastes États du Nord seraient retombés sous le joug des juaristes. Il suffit de jeter un coup d'œil sur la carte ci-jointe pour se convaincre de cette déplorable situation militaire, et de l'injustice notoire qu'il y a à reprocher au gouvernement impérial mexicain de n'avoir pas suffi aux exigences du traité de.Miramar : le commandant en chef a privé ce gouvernement de ses ressources les plus indispensables, en n'achevant pas l'œuvre de la guerre. C'est un fait que nous devons constater, parce qu'il n*a pas dépendu de nous d*en supprimer les conséquences,

ce Lors de la fin de la guerre civile aux États-Unis,

l*eropercur Maximilien pensa qu'il était de son d^ voir de rappeler sérieusement au com mandant en chef, la nécessité de déployer la plus grande activité pour ternainer la pacification. Le maréchal est resté sourd à totites ces exhortations, et il a abandonné des provinces entières, pour retirer ses troupes qui restèrent pendant de longs mois dans une inaction fatale. Le 10 novembre 1865, l'Empereur lui écrivait: «c Je reçois des nouvelles de Monterey qui me font connaître les graves inconvénients qu'entnuoe Tévacuation de cette place importante par les troupes françaises. En général^ je crois qu'il faut éviter d'abandonner ces grandes villes du Nord qui, d Sabord occupées, puis laissées à elles-mêmes^ sont tombées de nouveau entre les mains de nos ennemis : ces alternatives ont le grave danger de faire perdre confiance aux habitants, et de mettre sous les yeax de nos voisins des scènes fâcheuses qui peuvent tromper Topinion aux États-Unis. Il me paraît d'autant plus nécessaire de faire réoccuper Monterey par les troupes françaises, que, de là, elles peuvent porter aide et secours au brave général Mejîa dont la position ne laisse pas d'être difficile à Matamores, s « Le 4 décembre de la même année. Sa Majesté

insistait de nouveau sur cette queslion : « Je viens de recevoir, écrivait-elle, les nouvelles les plus fâcheuses du Sinaloa et du département de Mazatlan. Les populations de ces contrées ne peuvent se rendre compte du motif qui fait partir les troupes françaises avant que des .corps mexicains, bien organisés, puissent les remplacer. Elles voient avec terreur Gorona rentrer d'un seul coup en possession de tout le pays soumis : leur con^ance est donc profondément ébranlée, et cette fatale mesure nous fait perdre dans Tesprit public plus qu'une défaite éclatante, car elle semble indiquer que le gouvernement lui-même n'a pas foi dans l'avenir. »

(( Dans une lettre, en date du 17 décembre 1865| TEmpereur signalait au maréchal l'urgence d'occu* per le port de La Paz, capitale de la Basse-Californie, pour empêcher que cette importante Péninsule, qui ferme le golfe ou mer de Cor tes, ne fût envahie par* les flibustiers américains, et aGn de l'enlever aux dissidents. Le commandant en chef écrivit aussitôt : a Je m'empresse de répondre à la lettre que Votre Majesté m'a adressée, à la date de ce jour, au sujet de la contre-révolution qui vient d'éclater à La Paz, capitale de la Basse-Californie.

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f 7D L'UTTEBVEUTIOK FBAKÇAISE

Aussitol que ees faits sont panremis à ma connais-

sance, j*ai donné rordre i l'amiral Hazères qui commande la dÎTision navale sur la côte do Pacifique, de prendre une compagnie française à Hazatlan^ et de se rendre à La Paz pour y rétablir Y ordre, n La compagnie française n a jamais paru à La Paz, et la Basse-Californie reste toujours au pouToir des ennemis de l'empire.

« Le maréchal a lui-même reconnu la vérité deoes faits, puisque^ en janvier 1866^ il a annoncé que Tinaction de ses troupes allait cesser et que « bientôt TEmpereur verrait que ce n'était pas la question militaire qui devait le préoccuper le plus, m La réalité est venue malheureusement démontrer que cette \ promesse solennelle resterait à l'état de lettre morte. « A différentes reprises^ le commandant en chef a prétendu expliquer les résultats déplorables de son attitude, en se plaignant de quelques autorités infidèles. Ce reproche a trouvé un écho dans le mémoire : cependant il sera facile de faire voir son peu de fondement. Le 2 décembre 1865, TEropereur demandait au maréchal des notes sur tous les fonclionnaires mexicains; le 6 janvier 1866, il lui écrivait : « J attends de vous^ par le retour de ce cour^

rier, les noms des autorités qui tous paraissent déloyales et qu'il faut révoquer^ car je veux mettre à Yotre disposition tous les moyens qui sont en mon pouvoir : je remplacerai ces autorités par celles qui auront votre confiance. Vous insistez sur le payement régulier des troupes; à ce sujet, il faut remarquer que mon gouvernement a fait tout ce qui était possible; il a été jusqu'à laisser de côté les améliorations les plus nécessaires dans les services civils, pour consacrer exclusivement toutes ses ressources à l'armée. C'est l'armée qui absorbe seule ioutes les rentes de l'État^ et il suffit de jeter un coup d'oeil sur les comptes du ministère d'Hacienda pour s'en assurer. »

a Le 10 janvier, le commandant en chef désigna trois fonctionnaires ei le ministère comme n'ayant pas sa confiance. L'Empereur lui fit part, deux jours après^ de sa décision : « En attendant que le travail complet que vous me promettez me soit parvenu, disait Sa Majesté^ je porte à votre connaissance que les trois personnes que vous citez ont été relevées de leur emploi. » Le 5 mars suivant^ le ministère fut changé !

« On a reproché également au gouvernement impérial mexicain de n'avoir pas marché exclusivem^ent

272 L'INTERVENTION FAANÇAISE

avec un certain partie et d'avoir tenté une œuvre de conciliation. Mais, ignore-t-on que c*est là la politique conseillée au début par les généraux françaii eux-mêmes? Le général Castagny écrivait au maréchaly le 30 août 1 864 : « Les populations de la frontière du nord sont énergiques, laborieuses, industrielles et libérales. Elles accepteront l*empire sans difficulté, pourvu qu'on ne froisse pas trop durement leurs convictions. » Le maréchal disait lotmême à Sa Majesté dans une communication, en dile du 29 décembre 1864 : « Les tendances cléricales Au général Mejia et du général Lopez, et Tesprit généralement libéral de toute la population du Nuevo- Léon et du Tamaulipas réclament des fonctionnaires éclairés et qui puissent, par leur influence, contrebalancer, sinon dominer celle des commandants militaires susnommés. » On voit donc que les conseilâ, ou les insinuations des chefs de Tarmée française les plus autorisés par leur position, montrent que TEmpereur a eu, dans sa ligne de conduite politique, des complices en dehors de son entourage personnel, dont on lui a fait si souvent un reproche.

« Parmi les autres griefs que Ton s'est cru en droit d'adresser au gouvernement impérial mexicain, il

en est un d'une nature plus grave. On a dit et on répète : les finances du Mexique sont en désarroi; le système sur lequel elles sont basées est défectueux; les hauts fonctionnaires et les employés chargés de la gestion des intérêts du trésor sont incapables ou improbes. Loin de faire un effort pour remédier au mal, l'Empereur a fermé l'oreille aux meilleurs conseils, et systématiquement éloigné de lui les Français qui auraient pu lui prêter un concours utile.

ce Voilà Taccusation .

a Voici les faits.

M Si la situation financière est mauvaise , quand a-t-elle été bonne? Ce n'est certes pas lors de l'inauguration de l'empire, car M. Budin, commissaire extraordinaire des finances, écrivait au nouveau souverain, à la date du 1 1 juin 1864 : « Les ressources ont été, dès le début, fort restreintes; elles le sont encore. Les agents du gouvernement précédent emportent, en fuyant devant Tintervention^ les archives et les rôles des bureaux financiers; ils créent ainsi de sérieux embarras à Tadministration installée par le général en chef. Les mêmes choses se passent d'ailleurs de la même manière dans l'intérieur: avant

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de faire des rpcettes, les agents nouveaux sontobli* gés d'en créer les titres. »

a Avait on du moins jeté les bases d*UD plan financier qui pût développer les ressources? Non ; on avait vécu au jour le jour. En présence d'un pareil état de choses^ la surprise de l'empereur Maximilien avait été extrême, et il s'en expliqua franchement à l'honorable M. Fould : (c En arrivant au Mexique, lui écrivait-il, le 9 août 1 864, j'ai cru que l'intervention française aurait tout préparé pour me mettre à même d'apprécier la véritable situation financière, et qu'il ne me resterait qu'à décréter les moyens d'y faire face^ et d'appliquer, avec la coopération intelligente des fonctionnaires de votre département misa ma disposition, le système financier français modilié suivant les exigences du pays. Malheureusement; il n'en est pas ainsi. Tout est à faire. >

« Quelques semaines se passèrent en tâtonnements. Enfin M. Corta, député au Corps législatif , vint au Mexique. Sa droiture « son esprit de conciliation « sa profonde entente des affaires persuadèrent %^ Tem^H^reur quil avait trouvé Thomme qu'il chi^rchait |Hmr améliorer les finances du pays. écrivit donc à M, le duc de Morny, le <J août 1864:

c M. Corta me donne en toute circondtance des preuves de ses hautes qualités administratives et financières. Il a su gagner les sympathies des Mexicains ; sa coopération m*est donc nécessaire. J'aurais voulu lui confier immédiatement la directien officielle du ministère des finances^ miis j'ai rencontré chez cet honorable député une résistance fondée sur la position qu'il occupe dans le parle* ment français. La solidarité qui existe entre nos deux gouvernements me fait penser que cette incompatibilité n'existe pas. La mission confiée à M. ^^T*ta ne sera terminée, que quand il pourra assurera ses collègues que le pays offre, avec les ressources nécessaires^ des garanties d'une organisation financière capable d'en assurer la réalisation.» <v Est-ce là le langage d'un homme qui s'aveugle de parti pris? Après la rentrée en France de Thonorable M. Corta, M. Bonnefond vint prendre la directioQ de la mission financière française. L'empereur lui offrit, comme à son prédécesseur, le portefeuille des finances. Si M. Bonnefond crut devoir en décliner l'acceptation, son refus est là du moins pour témoigner des loyales intentions de Sa Majesté. Nous le transcrivons : « Je suis profonde^

ment touché de la confiance que m*a témoignée Votre Majesté) sans me connaître. Mais je la supplie de me permettre de lui dire^ avec une respectueuse déférence, que je ne puis^ dans mon ignorance si complète des hommes et des choses de ce pays, accepter les offres si flatteuses qu'ËlIe a daigné me faire.

<c L'empereur ne se décourage pas, et sur sa demande M. le conseiller d'État Langlais se rendit au Mexique. Ses vues furent de suite les siennes, et, le 60 septembre 1865, un décret impérial investit M. Langlais d'attributions supérieures à celles des ministres, et presque dictatoriales. Toutes les dépenses furent soumises à son examen, et dès qu'il eut présenté son plan de réformes , il fut adopté, sans aucune modification, et consacré par les lois et dé' crets insérés au journal officiel du 12 février 1866.

ce Enfin, après Tirréparable perte de cet homme d*État éminent, Sa Majesté ne désespéra pas et demanda à Paris un successeur à M. Langlais. Cette demande est restée sans résultat.

« Tel est Texposé succinct et vrai de la conduite tenue envers les agents financiers et les hommes d'État que la France a envoyés au Mexique. Nous ajouterons ici une réflexion.

a Ce n'est pas tout que d'avoir un bon financier dans ses conseils; il faut encore que des i)erturba* tiens yiôlentes ne Tiennent pas à chaque pas le contrecarrer et détruire ses combinaisons. II ne faut pas surtout qu'une guerre^ conduite mollement et

qui traîne en longueur vienne à chaque instant empêcher l'équilibre entre les recettes et les dépenses. Le 12 janvier 1866, Tempereur disait au commandant en chef: « Quant aux besoins des troupes na**. tionales^ qui se trouvent en partie dépourvues de vêlements et d'équipements, personne n'en soufiTre autant que moi, moralement et physiquement; malheureusement^ cette guerre intérieure^ par sa durée, absorbe tous les revenus de TÉtati elle seule. Néanmoins je suis résolu à faire tous les sacrifices pour coopérer à sa fin si impatiemment attendue par Topinion publique du pays et de la France^ et je viens lie donner Tordre d'acheter des armes et des vêtements dans la limite de nos, ressources* »

« On impute au gouvernement impérial mexicain de n'avoir point pressé l'organisation d'une armée nationale. Mais ifruore-t'On que le commandant en chef é^it chargé de la Joraaeretinvesti de tout Fei pouvoirs nécessaires? Enfin^ Ursque son abstention

fut évidente, l'empereur lui écrivit, le 5 avril 1865, qu'il confiait l'organisation d une brigade modèle au général comte de Thun^ et qu'en conséquence il était néce88aii*e de réunir, à Puebla les éléments et les cadres de cette troupe. Ils furent réunis en eSet, mais ils n'avaient pas encore les première liens de leur formation, que le commandant en chef les disperaait dans trois directions différentes pour faire face aux éventualités de la guerre.

« Lorsque plus tard, M. le ministre de la guerre de S. M. 1 empereur Napoléon insista auprès du commandant en chef, pour qu'il pourvût à une organisation des troupes du pays capable de protéger les intérêts français après le départ du corps expéditionnaire^ le commandant en chef se détermina à entamer cette oeuvre^ et il en instruisit i'ein< pereur Maximilien qui lui donna de nouveau des pouvoirs illimités pour la conduire à bonne fin. La lettre suivante du maréchal, datée du 6 juin 1866, en est un témoignage irrécusable : « J'ai reçu, disait-il, la lettre que Votre Majesté m'a adressée le 3 de ce mois, et, par laquelle, Elle daigne investir d*une autorité absolue, pour l'organisation des bataillons de Cazadofes de Mexico et de la réor-

ganisation de 1 armée mexicaine^ le général chef d elat-major général et rinteodant en chef de larmée. J'ai communiqué à M. le général Osmont et à M. l'intendant militaire Priant Icb intentions de Voire Majesté. J'aurai Thonneur de la tenir au courant des résultats qui seront progressivement obtenus. »

u Les officiers généraux désignés ci- dessus se mirent inmiédiatement à Tœuvre avec un zèle et une intelligence qu'on ne saurait trop louer. Les officiers et soldats de Farmée française répondirent à leur appel 9 avec un empressement bien propre à justifier les espérances qu'on avait conçues de la formation de ces nouveaux corps. Déjà un certain nombre de bataillons de Cazadores étaient armés^ habillés et équipés y quand arriva la fatale nouvelle du retrait du subside que le maréchal et M. le ministre de France avaient accordé provisoirement comme absolument indispensable.

(c 11 ne faut donc pas se dissimuler que le maintien de ce subside^ jusqu'à la fin de l'année 1867^ est la seule garantie pour la constitution de cette armée mexicaine qui^de l'aveu de tous au Mexique^ est la seule force capable de protéger les in té-

Aussitôt que ces faits sont parvenus à ma connaissance, j'ai donné Tordre à l'amiral Mazères qui commande la division navale sur la côte du Pacifique, de prendre une compagnie française à Hazatlan^ et de se rendre à La Paz pour y rétablir Tordre, n La compagnie française n'a jamais paru à La Paz, et la Basse-Californie reste toujours au pouvoir des ennemis de l'empire.

' ce Le maréchal a lui-même reconnu la vérité decef

faits, puisque^ en janvier 1866^ il a annoncé que l'inaction de ses troupes allait cesser et que « bien-

l tôt l'Empereur verrait que ce n'était pas la question

militaire qui devait le préoccuper le plus, d La réalité est venue malheureusement démontrer que cette 1 promesse solennelle resterait à Tétai de lettre morte. « A différentes reprises^ le commandant en chef a prétendu expliquer les résultats déplorables de son attitude, en se plaignant de quelques autorités infidèles. Ce reproche a trouvé un écho dans le mémoire : cependant il sera facile de faire voir son peu de fondement. Le 2 décembre 1865, TEmpereur demandait au maréchal des notes sur tous les fonctionnaires mexicains; le 6 janvier 1866, il lui écrivait : « J'attends de vous, par le retour de ce cour^

lions voulues pour atteindre le but que se proposait Tempereur.

Il dut renoncer forcément à avoir recours au commandant en chef.

Et pour nous servir des termes mêmes employés par lui-même :

a Aucun général français n'ayant pu ou voulu se charger de l'organisation de l'armée mexicaine^ » il décida que le général autrichien de Thun entreprendrait cette tâche difficile.

A l'appui de ce que nous venons de dire^ nous allons citer une lettre qui a été trouvée dans les archives du palais de Chapultepec.

Nous sommes obligé, pour ne froisser aucune personnalité^ de ne donner aucun nom ; mais la lettre ne perd^ pour cela, rien de sa valeur.

Perote, 3juin 1865.

« Mon cher. • . .

« Je viens de recevoir votre lettre du i" courant, à laquelle je m*empresse de répondre, en vous priant de donner connaissance au maréchal du contenu de ces lignes.

272 L'INTERVENTION FaANÇAlSE

avec un certain parti, et d'avoir tenté une œuvre de conciliation. Mais, ignore-t-on que c'est là la politique conseillée au début par les généraux français eux-mêmes? Le général Castagny écrivait au maréchal, le 30 août 1 864 : « Les populations de la frontière du nord sont énergiques, laborieuses, industrielles et libérales. Elles accepteront l'empire sans difficulté, pourvu qu on ne froisse pas trop dure* ment leurs convictions. » Le maréchal disait luimême à Sa Majesté dans une communication, en date du 29 décembre 1864 : <c Les tendances cléricales du général Mejia et du général Lopez, et Tesprit généralement libéral de toute la population du Nuevo- Leon et du Tamaulipas réclament des fonctionnaires éclairés et qui puissent^ par leur influence, contrebalancer, sinon dominer celle des commandants militaires susnommés. » On voit donc que les conseils, ou les insinuations des chefs de Tarmée française les plus autorisés par leur position, montrent que l'Empereur a eu, dans sa ligne de conduite politique, des complices en dehors de son entourage personnel, dont on lui a fait si souvent un reproche.

« Parmi les autres griefs que Ton s*est cru en droit d'adresser au gouvernement impérial mexicain, il

qu'en voyage que je me décidai pour le comte de Thun qui a pris sa tache à cœur avec un zèle louable.

(f Thun est rempli de bonne volonté et se propose, sur mon invitation, d'adopter tout ce qu'il y a d'excellent dans l'organisation militaire française.

« Maximilien. »

On a lu, dans le mémoire de Tempereur^ comment la bonne volonté du général de Thun ne put produire aucun bon résultat.

Nous ne voulons pas revenir sur ce douloureux tableau tracé par un souverain qui était placé sous la tutelle rigide d*un maréchal de France !

de faire des recettes, les agents nouveaux sontobli* gés d'en créer les titres. »

<c Avait on du moins jeté les bases d*UD plan financier qui pût développer les ressources? Non ; on avait vécu au jour le jour. En présence d'un pareil état de choses, la surprise de l'empereur Maximilien avait été extrême, et il s'en expliqua franchement à l'honorable M. Fould : <c En arrivant au Mexique ; lui écrivait-il, le 9 août 1 864 , j*ai cru que l'intervention française aurait tout préparé pour me mettre à même d'apprécier la véritable situation financière, et qu'il ne me resterait qu'à décréter les moyens d'y faire face^ et d'appliquer, avec la coopération intelligente des fonctionnaires de votre département misa ma disposition, le système financier français modilié suivant les exigences du pays. Malheureusement, il n'en est pas ainsi. Tout est à faire. >

« Quelques semaines se passèrent en tâtonnements. Enfin M. Corta, député au Corps législatif, vint au Mexique. Sa droiture, son esprit de conciliation, sa profonde entente des affaires persuadèrent à l'empereur qu'il avait trouvé Thomme qu'il cherchait pour améliorer les finances du pays. D écrivit donc i M. le duc de Morny, le y août 4864:

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