PRÉFACE. V
tioDs données à l'amiral Jnrien de la Gravière il est dit que l'amiral pourra se porter partout où besoin sera, même à Mexico, et pourtant l'on ne mettait à la disposition de l'amiral que des forces insignifiantes. Une poignée de soldats, pas de moyens de tradsport, voilà en deux mots l'inventaire de ces forces. De là l'inconvénient de donner à l'expédition un caractère espagnol, c'est-àdire le caractère le plus naturellement impopulaire dans l'ancienne colonie de l'Espagne, et l'inconvénient de condamner nos troupes à temporiser, quand l'action énergique était la seule ressource. Si dès le premier jour on eût eu à la Yera-Gruz les troupes qu'y amena ensuite le général Lorencez ; si on les eût eues alors que les Mexicains n'étaient pas prêts, alors que Puebla n'était pas fortifiée, il est vraisemblable pour tous ceux qui sont allés an Mexique que le général français eût accompli là les mêmes prodiges que le général Palikao a accomplis en Chine, et qu'un coup de main nous eût livré Mexico. Pourquoi donc n'avoir pas mis à la disposition de l'amiral Jurien des forces suffisantes?
Cest qu'il fallait compter avec le sentiment de la Chambre, et que pour obtenir de la Chambre des ressources convenables, il fallait lui dire le secret de l'entreprise, ce qu'on ne voulait faire à aucun prix. On voulait laisser croire à la Chambre qu'il s'agissait simplement d'une petite expédition destinée à protéger nos nationaux, et pour donner quelque vraisemblance à une déclaration